C'est-à-dire : ses bottes et son équipement
LOUIS XI ENVOIE UN HÉRAUT A ÉDOUARD IV (août 1475) 43
sans ce que personne en sceüst riens. Et luy mist-on° une belle bougecte! à l’arçon de sa selle pour mectre sa cotte d’armes et, bien instruict de ce qu'il avoit à dire, puisé s’en alla tout droit à l’ost des Angloys.
Arrivé que fust nostre homme à l’ost du roy d'Angleterre: avecques sa cotte d'armes sur le doz, tantost fut arresté et mené devant la tente dudict roy d’Angleterred. Il luy fut demandé que il y venoit faire. Il dist qu’il venoit de par le roy pour parler au roy d'Angleterre et qu’il avoit charge de se addresser à mess's de Havart et de Stanlay. On‘ le mena en une tente pour disner, et luy fist-on très bonne chère. Au lever de la table du roy d'Angleterre, qui disnoit à l’heure que le herault arriva, on mena ledict herault devers luy, et l’ouyt. Sa creance estoit fondée sur le desir que le roy avoit de long temps/? d’avoir bonne amytié avecques luy et que les deux royaulmes peüssent vivre en paix et que jamais, depuis qu’il avoit esté roy de France, il n’avoit fait guerre ne entreprise contre le roy ny le royaulme d’Angleterre, s’excusant de ce que autresfois avoit recueilly monsr de Warvic, disant que ce n’avoit esté seulement que contre le duc de Bourgongne et non point contre luy.
Aussi luy faisoit remonstrer le roy que le duc de Bourgongne ne l’avoit point appellé, sinon pour en cuyder faire ung meilleur appoinctement avecques le roy, sur? l’occasion de sa venue ; et sy autres en y avoit qui y tinssent la main, que ce n’estoit seullement que” pour en amander leurs affaires et tascher à leurs fins particulières. Et du‘ fait du roy d’An-
a. luy mist on manque dans D; nous suppléons d'après P. — b. puis omis par P.— c. l'ost des Anglois A. — d. dict omis par P. — e. l'on P. — f. le roy avoit eu, longtemps avoit P. — g.à M. — h. P remplace seulement que par sinon. — i. Même leçon dans tous les manuscrits (y compris M, non cité par B. de Manarot à cette occasion), excepté dans P, qui écrit de.
1. Le mot « bougette » désigne une sacoche de cuir. 2. C'est-à-dire : depuis longtemps.
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44 CONFÉRENCE DE LIHONS-EN-SANTERRE (août 1475)
gleterre ne leur challoit'! au demourant comme il en allast, mais qu’ilz en feïssent leurs besongnes bonnes. Aussi luy faisoit remonstrer le temps et que jà s’approuchoit l’yver ; et qu'il sçavoit bien qu'il avoit fait grant despence et que il y avoit plusieurs gens en Angleterre qui desiroient la guerre par deça, tant nobles que marchans ; et que“ quant ce viendroit que le roy d'Angleterre se vouldroit mectre en son devoir d'entendre au traicté?, que le roy se y mettroit tant de son costé, que luy et son royaume devroient estre contans. Et, affin que mieulx fust informé de toutes ces choses, s’il vouloit donner ung sauf-conduyt pour le nombre de cent chevaulx, que le roy envoyeroit devers luy embassadeurs bien informéz de son vouloir, ou, si le roy d’Angleterre aymoit myeulx que ce fust en quelque village à my chemin des deux armées et que là se trouvassent gens des deux costéz, que le roy en seroit très content et envoyeroit sauf-conduyt de son costé.
Le roy d'Angleterre et une partie de ses privés! trouvèrent ces ouvertures très bonnes. Et fut baïllé ung sauf-conduyt à nostre homme, tel qu’il le demandoit, et luy fut donné quatre nobles, et vint avec luy ung herault pour avoir ung saufconduyt du roy, pareil de celuy qu’ilz avoient donné. Et lendemain, en ung village auprès d'Amyens, se trouvèrent les embassadeurs ensemble. De la part du roy y estoit le bastard de Bourbon, admiral, mons' de Sainct Pierre, l’evesque d’Evreux, appellé Hebert'. Le roy d'Angleterre y envoya
a. que manque dans P et M.— b. princes B, M et D. Nous corrigeons d'après les autres manuscrits, dont la leçon est seule admissible.