‹ Mémoires éditésChapitre 60 sur 379 · Charles VIII, alors dauphin · texte numérisé non relu

Charles VIII, alors dauphin

5. Élisabeth, fille aînée d'Édouard IV. Elle était née le 11 février 1465. Elle devint reine d'Angleterre par son mariage avec Henri VII (18 février 1486). Il est aisé de comprendre pourquoi Édouard IV tenait tant à l'union de sa fille avec l'héritier de la couronne de France, car, si cette union avait été réalisée, Édouard IV pouvait espérer voir un jour son petit-fils régner à Paris. Commynes reparlera de ce projet au ch. 1 du Liv. VI.

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NÉGOCIATIONS POUR LA PAIX (août 1475) 47

d'Angleterre. Plusieurs autres petitz articles y avoit touchant le fait des marchans, dont je ne foiz pas mencion. Et devoit durer ceste paix neuf! ans entre les deux royaulmes. Et y estoient comprins tous les alliéz d’un costé et d'autre, et principallement, de la part du roy d'Angleterre, les ducz de Bourgongne et de Bretaigne, si comprins y vouloient estre?. Offroit le roy d’Angleterre, qui estoit chose bien estrange, de nommer aucuns personnaiges qu’il disoit estre trahistres au roy et à sa couronne et de le monstrer par escript3.

Le roy eut merveilleusement grant joye de ce que ses gens luy rapportèrent. Il tint conseil sur ceste matière, et j’estoies present. Aucuns furent d’advis que ce n’estoit que une ? tromperie et une dissimulation de la part des Angloys. Au roy sembloit le contraire, et allegua la disposition du temps et la saison et qu’ilz n’avoient une seulle place qui fust à eulx et aussi les mauvais tours que leur avoit faict le duc de Bourgongne i, lequel estoit desjà departy d'avec eulx. Et se tenoit

a. j'y estoie À. — b. une omis par À.

1. Tous les manuscrits ont « neuf », mais, en réalité, il faudrait lire « sept ». C’est pourquoi Lenglet, dans son édition, a corrigé le chiffre des Mémoires. Mle Dupont, au t. I de son édition, p. 355, n. 2, fait remarquer l’erreur tout en maintenant la leçon des manuscrits ; sa solution est adoptée par R. de Chantelauze, p. 263, qui se rallie à l'observation de Mlle Dupont. Quant à B. de Mandrot, il imprime « neuf » et ne fait aucune remarque, au t. I de son édition, p. 302. Sur les clauses du traité de 1475, nous renvoyons à l'ouvrage déjà annoncé plus haut, p. 7, sur Louis XI et l'Angleterre, ch. x et xI.

2. La clause est de style dans les instruments diplomatiques du xv® siècle. Un terme était généralement fixé, pendant lequel les alliés nommés avaient la faculté de notifier leur adhésion et leur désir de bénéficier des stipulations inscrites au traité.

3- Le sens est : le roi d'Angleterre offrait (ce qui est bien étrange) de nommer au roi de France certains personnages, qu'il disait traîtres audit roi et à sa couronne, et de fournir la preuve écrite de cette trahison.

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