‹ Mémoires éditésChapitre 80 sur 379 · Cf. notre t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. notre t. I, p

3. Allusion à l'attitude du Téméraire définie un peu plus haut, P- 54.

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ENTREVUE DE PICQUIGNY (29 août 1475) 67

sur le duc de Bretaigne, qui estoit ce qui luy avoit faict ouvrir ceste parolle, et luy en feïst semblable demande. Le roy d’Angleterre luy respondit qu’il luy prioyt ne vouloir faire guerre au duc de Bretaigne, et que, en sa necessité, il n’avoit jamais trouvé si bon amy. Le roy s’en teüt à tant! ; et avecques les plus gracieuses et amyables parollesé qu’il peüt, en rappellant la compaignie, print congé du roy d'Angleterre et dist quelque bon mot à chascun de ses gens. Et ainsi tous deux en ung coup?, ou bien peu s’en faillit, se retirèrent de la barrière et montèrent à cheval. Le roy s’en alla à Amyens et le roy d'Angleterre en son ost, à qui on envoyoit de la maison du roy tout ce qui luy faisoit besoing, jusques aux torches et aux chandelles.

A ce parlement ne se trouva point le duc de Clocestrei, frère du roy d'Angleterre, et aucuns autres comme mal contentz de ceste paix5. Mais depuis ils se revindrent, et bien tost après vint ledit duc de Clocestre devers le roy jusques à Amyens, et luy fist le roy de très beaulx presens, comme de vaisselle et de chevaulx bien accoustréz.

[2.] Comme après la veüñe des deux roys de France et d'Angleterre le roy se retira à Amyens et des choses qui survindrentc.

a. qu'il ne voulsist P et M. — b. amyables et gracieuses P; doulces M. — c. Titre en rouge dans D.

. C'est-à-dire : s’en tint là.

. Entendez : en même temps.

. À cette conférence.

. Richard, duc de Glocester.

. On donne généralement le nom de traité de Picquigny au résultat diplomatique de l’entrevue racontée par Commynes. Les actes issus de l'accord furent en réalité datés respectivement d’Amiens et du camp anglais. On trouvera l'étude détaillée de ces actes au ch. x1 de notre ouvrage sur Louis XI et l'Angleterre. Les textes sont dans le Recueil des ordonnances des rois de France, t. XVIII, p. 128 et suiv., et dans Rymer, Fæœdera, conventiones, éd. de La Haye (1741), t. V, 3° partie, p. 66 et suiv.

Un R & D

68 SUITES DE L’ENTREVUE DE PICQUIGNY (août 1475)

— Ainsi, comme le roy se retira de ceste veüe, il? parla à moy au long du chemin sur deux pointz. Il trouva le roy d’Angleterre si prest à venir à Paris que cela ne luy avoit point pleü ; et disoit : « C’est ung très beau roy. Il ayme fort les femmes. Il pourroit trouver quelque affetée! à Paris qui luy sauroit bien dire tant de belles parolles qu’elle luy feroit envye de revenir » et que ses predecesseurs avoient trop esté à Paris et en Normandie et que la compaignie de l’autre‘ ne ne valloit riens deçà la mer ; mais que, delà la mer, il le vouloit bien pour bon frère et amy.

Encores se doubtoit? le roy, d'autant“ qu'il l’avoit trouvé ung peu dur quant il luy avoit parlé du duc de Bretaigne et l’eust fort voulentiers gaigné qu’il se fust contenté que on eust faict la guerre en Bretaigne. Et luy en fist encores sentir par mons" du Bouchaige et par monsr de Sainct Pierre. Mais, quant le roy d'Angleterre s’en veit pressé, il dist que, qui feroit guerre en Bretaigne i, il repasseroit une autre fois pour la deffendre. Ouye sa responce, ne luy en parla plus.

Comme le roy fut arrivé à Amyens et comme il vouloit soupper, vindrent trois ou quatre de ceulx du roy d’Angjleterre souper avecques luy, qui avoient aydé à faire et traicter ceste paix. Et monsr de Havart commança à dire au roy en l'oreille que, s’il vouloit, qu'il trouveroit bien moyen‘ de faire venir le roy son maistre jusques à Amyens, par adven-

a. ainsi omis par P. — b. il omis par P. — c. sa compaignée M ; la compaignée de l’amytié P ; leçon peu compréhensible, retenue pouriant par B. de Mandrot. — d. de quoy P. — e. le moyen À.

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