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Entendez : si l’on faisait la guerre en Bretaigne

APPRÉCIATIONS SUR LE TRAITÉ DE PICQUIGNY (août 1475) 69

ture jusques à Paris, à faire bonne chère avecques le roy. Combien que ceste offre ne luy plaisoit guères!, si en fist-il très bon visaige, et se print à lauer‘ sans trop respondre à propos? ; mais me dist en l’oreille que ce qu’il avoit pensé luy estoit advenu : c’estoit ceste offre. Encores en parlèrent-ilz après soupper, mais le plus saigement que l’on peüt on rompit ceste entreprise, disant qu'il failloit que le roy partist à grant diligence pour aller contre le duc de Bourgongne.

Combien que ces matières estoient très grandes et que des deux costéz on mectoit peine à saigement les conduyre, toutesvoyesé y advint-il des choses plaisantes qui ne sont pas à oublier. Et ne se doibt personne esbahir, à veoir$ les grans maulx que les Angloys ont faict en ce royaume, et de fresche dacte, si le roy travailloit et despendoit à les mectre dehors amyablement, affin qu'il les peüst encores tenir amys pour le temps advenir ou au moins qu'ilz ne luy feïssent point de guerre.

L'endemain de nostre veüe, vindrent grant force Anglois a Amyens, et nous fut compté par aucuns que le Sainct Esperit avoit faict ceste paix, car tous se fondoient en prophetie. Et ce qui le leur faisoit dire, c’estoit que ung pigeon blanc s’estoit trouvé sur la tente du roy d'Angleterre le jour

a. On peut à volonté lire laver ou lauer. La première lecture est celle de tous les éditeurs précédents. Elle n'a guère de sens. On ne pourrait la justifier qu'en supposant que Louis XI, au moment considéré, allait se laver les mains, selon l'usage, après le repas. Mais alors il n'aurait pas du iout répondu à lord Howard? Nous croyons préférable de lire lauer, et d'entendre ce mot (de laudare, forme, d’ailleurs insolite, du verbe louer), au sens d'approuver Selon nous, il faut comprendre que le roi approuve (d'un geste ou d'un mot évasif) le propos de l'Anglais, mais n'y fait pas de réponse positive. — b. toutesfois À et M. La confusion de fois et voie est, comme on sait, constante au moyen âge.

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