‹ Mémoires éditésChapitre 82 sur 379 · Nous dirions aujourd’hui : vu · texte numérisé non relu

Nous dirions aujourd’hui : vu

70 APPRÉCIATIONS SUR LE TRAITÉ DE PICQUIGNY (août 1475)

de la veüe, et, pour quelque bruyt qu'il y eust l'ost!, il ne s’estoit voulu bouger. Mais l’oppinion d’aucuns estoit qu’il avoit pleü ung peu, et puis vint ung grant soleil, et ce pigeon se vint mectre sur ceste tente, qui estoit la plus haulte, pour s’essuyer. Et ceste raison dessusdicte m’alegua ung gentilhomme de Gascongne, serviteur du roy d’Angleterre, appellé Loys de Bretelles ?, lequel estoit très mal content de ceste paix. Et pour ce qu’il me congnoissoit de long temps, parla à moy privéement* et disoit que nous mocquerions du roy d’Angleterreé. Je luy: demanday quantes* batailles le roy d'Angleterre avoit gaignées. Il me respondit4 : neuf, où il avoit esté en personne. Et puis luy demanday combien il en avoit perdu. Il me dist* qu’il n’en avoit perdu que une, et que c’estoit celle que nous lui faisions perdre, et qu’il repputoit ceste honte plus grande de le renvoyer en cest estat qu'il ne faisoit l’honneur qu'il avoit eu à gaigner les autres neuf.

Je comptay cecy au roy, qui me dist que c’estoit ung très mauvais paillard, et qu'il le failloit garder de parler. Et

a. premièrement B, M et D. Nous adoptons la leçon de P, seule justifiée par le contexte. — b. mocquerions fort d'Angleterre B. — c. et luy B. — d. dist P. — e. respondit P.

1. Entendez : quel que fût le bruit qu'il y eût dans l’armée.

2. Louis de Bretelles était un Gascon devenu écuyer de lord .Scales, au témoignage d'Olivier de la Marche : Mémoires, liv. I, ch. xxxvu1, éd. Beaune et d’Arbaumont, t. III, p. 54.

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