‹ Mémoires éditésChapitre 86 sur 379 · Entendez : la permission d'exporter en franchise · texte numérisé non relu

Entendez : la permission d'exporter en franchise

5. Cet exemple illustre ce que dit Commynes des intempérances de langage de Louis XI dans le portrait qu'il trace du roi de France. Cf. notre t. I, p. 68-69.

DÉSARROI DU COMTE DE SAINT-POL (30 août 1475) 73

mons' le connestable envoya ung sien serviteur nommé Rappine', à qui depuis le roy feït du bien? et estoit bon serviteur de son maistre, lequel apporta lettres au roy. Ledict seigneur voulut que monsr du Lude et moy oÿssions sa creance.

Or estoit jà revenu monsr de Contay de la marchandise contre ledict connestable, dont vous avez ouy parler cy dessus‘, et ne sçavoit plus ledict connestable à quel sainct se vouer et se tenoit comme pour perdu. Les parolles que nous dist Rappine estoient très humbles et que son maistre sçavoit bien que on avoit faict beaucoup de rapportz contre luy, mais qu'il avoit bien peü congnoistre par experience qu’il n’avoit point voulu faire de faulte. Et, pour myeulx asseürer “ le roy de son vouloir, entra en quelque marché de reduyre mons' de Bourgongne en façon qu'il ayderoit5 à destrousser le roy d'Angleterre et toute sa bende, s’il vouloit. Et sembloit bien, à sa façon de parler, que son maïistre estoit despourveü? de toute esperance. Nous luy dismes que nous avions bon accord avecques les Angloys et que nous n'y voulions point de debat; et s’adventura monsr du Lude, qui estoit avecques moy, jusques à luy demander s’il ne savoit point où estoit l’argent contant de son maistre. Je m'esbahys comment ceste parolle (veü que cestuy-là estoit très bon serviteur) ne fist fouyr ledict connestable et en-

a. asseüréz D. — b. qu'ilz estoient despourveüz P.

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