Trois semaines avant la fin de rinsurrection
ESSAI BIOGRAPHIQUE
L moi, pour lui rendre hommage par notre '. bien la pe rson a iQ cation de tout ce qui uce contre notre abaissement; mais les lenl dangereux que les protestations past partout après la poix, et qui le laissaient
.érement, et l'on eut cet étrange spectaans UQ seul témoin à charge, et de hauts l'Armée et des Chambres venant dire tout saient de l'accusé.
regret, dit mon frëre, après la condamoir combattu l'armée, où j'ai été élevé et
e que cet adversaire d'un jour ait eu plus itre de la gloire de notre armée et de s^
core des mois dans l'incertitude de son se rattacbcr à la \ie & l'espoir. Ici ma vo- ) de le faire connaitre, lui, et non ses enmoment. On a été bien cruel! Comment is en prison pour le sacrifiera la ûn!C'est ggestive de remords.
;ceTait en novembre ses livres, abandonî sa fuite, son Corneille, ud ami, trop ami. Molière, el Victor Hugo, qu'il querelle, dramatiques, du moins. « Les souris ont eut rongé les marges d'Hugo; je ne sais mt pas toucbé Corneille. Est-ce que ces nte de littérature? Veulent-elles dire par immence à moisir par les bords et que sa Dosée fournit une meilleure nourriture au que le granit de Corneille ? ii etlre à lire à haute voix comme le soir, à leui ans, quand il habitait « une vieille os une rue tranquille où demeuraient (des loines, des curés et des vieilles demoisel-
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les », et où le son d'une voix à cette heure étonnait « les vieilles servantes des vieux abbés. »
« La dernière fois que j'ai lu Cinna, dit-il, c'était à Metz. On ne faisait rien d'héroïque à Metz : quelques pauvres diables mouraient obscurément et inutilement, quelques misérables mendiaient de l'avancement ou des décorations... Quand on est dans certaines situations voisines du tragique, les vers de Corneille deviennent vraiment vivants. J'étais alors conspirateur en chambre; depuis je suis passé conspirateur en pied . Je cherchais des ennemis, non pas aux Prussiens, la ville et l'armée en étaient pleines, mais aux généraux qui nous empêchaient de combattre et de battre les Prussiens. Je rêvais à cette Impuissance volontaire où Ton nous tenait et je rêvais que plus tard nous en tirerions vengeance. Puis je pensais à tout ce qui aurait péri avant que l'heure .fût sonnée: nos provinces conquises, la belle et patiente armée, la dernière armée de la France rendue sans combattre. Et dès lors je cherchais des conseils de désespoir, je frémissais à l'idée de survivre à mon pays, je me jetais, sans regarder derrière moi, dans des entreprises sans issue, ou qui semblaient n'avoir d'autre issue que la mort. J'étais réservé à de plus tristes aventures. »
(( Quand l'aventure de Bazaine fut finie, je laissai derrière moi-^mon bagage et mon Corneille. Mon Corneille vient de me rattraper et j'ai relu Cinna. »
« Quel changement et comme ces v^rs tragiques s'éclairent, s'illuminent pour moi. Je sors d'une guerre civile, et je suis vaincu et condamné à mort. Demain matin, on peut venir abréger mon bon sommeil ...»
Ainsi dans ses mélancoliques et studieux loisirs^ le retour des livres captifs inspire à mon frère vingt pages éloquentes où la vie réelle dépasse en sombre grandeur les œuvres d'art qu'il se plait à retrouver.
Victor Hugo écrit dans le Rappel « un fort bel article où il demande la Grâce, » a C'est vu de haut et fortement rai-
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Aonné. Et pendant ce temps là, je m'occupe à lire ses drames et à en dire du mal. »
Voici un peu de bien : « Ce qui sauve Victor Hugo^ ce qui le distingue de la plèbe des dramaturges actuels, c'est que derrière cette mise en scène factice, et cette expression le plus souvent insuffisante, iïj a une idée grande, généreuse, une idée moderne, une de ces pensées qui nous poursuivent dans nos rêves el dans nos aspirationsT vers le mieux. » ' Et plus loin : u Victor Hugo n*est pas encore arrivé à maîtriser son langage ; il n*est pas même arrivé à mal* triser sa pensée qui déborde comme une lave. Il a toujours pensé tant de choses à la fois que lui-même n'a pas toujours 4échifrré sa pensée ; une gestation maladive a * produit des monstres informes : mais ce qu'il y a de terrible, c'est que ces monstres sont vivants. »
J'ai voulu, par une citation des nombreuses pages de la prison^ montrer la sérénité du condamné. 11 nous arrivait au parloir aimable, souriant, soucieux de nous, de nos aises, de nos fatigues^ avec sa charmante simplicité, son esprit, sa douceur; mais dans son regard brillait une lueur nouvelle : la victoire complète, la résignation, sans amer tume et sans haine.
Le dernier mois, il nous arrivait ainsi souriant doucement^ quand il venait d'écrire une de ces lettres d'adieu qu'il gardait pour plus tard, afin de ne pas nous désespérer. Et nous, rassurés par tout le monde (on devait, par bonté, exagérer les raisons d'espoir), le voyant si rayonnant de jeunesse, nos terreurs ne revenaient que par moments, quand il n'était plu« là.
Un, jour, vers la fin, en ce parloir sombre, illuminé de sa présence, il dit tout à coup, interrompant l'un de nous qui contait nos démarches: u Vous savez, si ce n'était pour vous, ça. ne me ferait absolument rien. Je sais très bien où je vais; c'est pour moi comme un voyage. » Sa foi s'affirmait toujours en formules très simples : « Je prie Dieu de vous bénir », « Si Dieu permet » ; « Nous avons
ESSAI Bl
a reûdre grâce à Dieu ». «
Quel lien quand ceux qi taxer cette foi de faiblesse pour point lie diipart la pet rents [je me rappelle le jo des, toutes les lectures, e] devenue chose personnelle
Il avait donc bien plus de s'apprêtaient b le sacriliei malgré les habitants de i sauver leur ville.
Ce fut un meurtre juridi coup de Français et de prr
L'examen de la question d
Louis Bossela commis gouvernement existant : r^ gouvernement vainqueur a tat politique n'est aggrava le devoir militaire.
La lettre de démission a eu fait tout lieci entre Loui
Il était loin du théâtre < commandé contre les rebel
H n'avait pas abandouaé de Nevers était dissous), n'avait engagé personne à
II n'était point passé & 1' nemi, le Code les difCérenci guerres entre enDemis, im la victoire ?
Chacun de ces cas, visé j des peines qui varient suiv
Disons tout de suiie que le cas simple de réunion a l'abolition de la peine de n
Mais mon frère s'était fi
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libre langage contre les chefs incapables ou indignes. De plus le républicain était à craindre pour l'avenir.
Laissant donc de côté les articles 91 et suivants du Code pénal qui seuls le visaient et n'édictaient au maximum que la déportation à vie dans une enceinte fortifiée^ on invoqua Tarticle 238 du Code militaire, qui ne le visait pas. Et le président du Conseil de guerre, entrant en délibération, eut cette parole déplorable : la loi ne le condamne pas, mais il faut le condamner. Aussi le vote fatal ne fut-il pas
unanime.
Le président du Conseil de Guerre, en appliquant, en respèce^k l'accusé un texte qui ne le visait aucunement, en élaguant le texte précis, se rendit coupable d^ interprétation partiale^ de pression sur ses subordonnés, de torture de la loi.
Ce sont des faits ; je me suis interdit comme indigne de mon frère toute question de personne.
Pourquoi donc Ta-t-on sacrifié?
On l'a sacrifié aux rancunes des chefs indignes, ^mais surtout, c'est l'homme politique, le républicain qu'on a voulu détruire. Si c'était le soldat qu'il fallait punir, le moyen était simple : le châtiment pire que la mort.
On n'osa pas l'infliger au courageux défenseur de Metz, et l'étrange proposition * de quitter la France pour toujours montre qu'on voulait surtout éloigner à jamais un chef futur redoutable *.
Homme politique, il l'était dès toujours, à l'état latent ; et si le vote contre le plébiscite avait été son seul acte polit! |ue, si ses chefs ont pu dire en toute conscience que jusqu'à la guerre, il n'avait pas fait de politique, il est absolument certain que tout le désignait pour jouer un rôle dans la solution du grand problème cutuel.
1. Racontée en note du livre. Mon frôre refusa d'y souscrire.
2. « S'il sortait de ce mouvement avec une tare quelconque on le gracierait plus facilement,» nous disaitun membre de la Commission des grâces. — Et un autre, bien intentionné : « Votre fils a des dons militaires dans le genre de Napoléon, et le sens moral en plus. C'est ce qui le perdra! »
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En se joignant au raouvemeot de 1871 il n'avait que l'idée d'arriver à chasser Tétranger, mais depuis longtemps ce ferme républicain aspirait à formuler sa doctrine ; les pensées que j'ai mises en lumière marquent les étapes de ses recherches, et l'étape la plus douloureuse, la dernière, fat de beaucoup;) la plus instructive par ses dures réalités. Elle aurait désormais préservé ce rêveur des mirages décevants ; et il lui serait resté pour servir l'idée républicaine ses vastes connaissances, son intégrité, sa logique inflexible, son indomptable énergie ennemie de la violence et respectueuse des enseignements du passé, et surtout sa pitié pour ceux qui souffrent.
Et maintenant ses écrits vont paraître et les polémiques auront beau jeu. Moi et leé miens nous en souffrirons. Serace plus pénible que les inexactitudes, pour ne pas dire plus, imprimées depuis 1871 sur le sujet qui me passionne? Et je ne connais pas tout I
Il y a peu de temps, ma regrettée mère était prise à partie dans une revue qui ne vous veut pourtant pas de mal. Son caractère était entièrement déformé, comme en un mauvais portrait, sans ressemblance aucune et qui fait tant de peine.
L'écrit, exhumé après ces longues années, fut inspiré par quelqu'un dont nous avions eu à nous plaindre. Je ne nomme pas, ne voulant absolument point entrer dans les questions personnelles.
On représentait la pauvre mère comme ayant fait de grands discours à M. Thiers sur les talents de son fils. Ah ! ces audiences ! Ma mère et ses deux filles, des pleurs, et quelques mots : « Vous qui pouvez tout, imposez votre volonté, ne laissez pas mourir mon bon fils. »
Monsieur Thiers, très ému, promettait de faire tout ce qui était en son pouvoir, mais déléguait le droit de grâce à d'autres, morcelait la terrible responsabilité. Et supposez que cette douleur se soit traduite par de la surexcitation, quoi d'étonnant? Mais c'était inexact, et l'élément véridi-
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que que Ton retrouve au fond de toute erreur était ceci : mon brave père si optimiste, si conûant. admettait si peu, à un certain moment le danger de son fils que voyant le président seul à seul, il lui racontait en effet tous les mérites de ce fils. — Gomment ne sentions- nous pas que la chose était jugée d*avance I
Nous avons donc eu à souffrir du manque d*information, de la fantaisie, du parti-pris de bien des écrivains, et je ne veux pas faire ce que quelqu'un me suggérait : laisser mon manuscrit avec des dispositions testamentaires pour être publié cinquante ans après ma mort.
Je livre 4ès maintenant i toute la vérité que j'avais entre les mains. Je me confie en ce qu*il y a de meilleur dans notre pays que mon frère a tant aimé.
ISABBLLA R0SS£L.
1. Tonte histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte. (Pascal. — Pensées.)
ET «ISPiMlE