L'esplanade de Metz
Si MÉHOIHES DE LOUIS ROSSEL
Je t'ai parl6 du capitaine qui est mon voisin de bureau; jo cause souveiil avec lui et c; n'est pas un désagréable voisin. Au-dessous de nous, dans le bureau du garde, on cause encore bien plus. Sa femme et son môme viennent y passer la journée; le planton, qui est une bêle de soldat en fait aussi son séjour: tout ce monde^U bavarde, le planton pérore, l'enfant crie, on reçoit la visite du concierge du conseil de guerre ou de l'adjudant de casernement de l'artillerie. Tout cela fait une société choisie, mais bruyante. Ce travail de bureau m'ennuie horriblement, pour ne pas dire plus. Ce soir à trois heures je me suis échappé pour aller faire uu tour sur la promenade ; elle est sur un coteau d'où l'on a un assez bel horizon, mais hs animaux qui y ont mis des bancs n'en ont mis qu'à l'allée centrale d'où l'on ne voit rien. Quand je dis un bel horizon, ce n'est pas le Mont-Blanc, mais pour un puys aussi plat que ce côté du Berry, c'est déjà beaucoup que de voir au loin quelques peupliers, un bout de colline avec des champs et des vignes '.
Bourges, 13 dijcembre 18S9.
Mes chers parents.
Je commence par vous souhaiter une bonne fête et l'accomplissement de tous vos désirs. Je vous ai envoyé par le chemin de fer ua petit cadre avec la (j Vierge à la Chaise » que Mère désirait. J'espère qu'il arrivera sans 'encombre et qu'il lui fera plaisir.
Je vous ai parlé d'un ingénieur français employé aux travaux du chemin de fer Transcontinental-Mempbis- Pecific, que j'ai vu â son passage à Bourges, et auquel