Voir chapitre V
rau^ recevaient eu communication officielle les nouvelles suivantes, rapportées par le générai Boyer;.
0 Le général Boyer est allé jusqu'à Versailles; il est )) également allé jusqu'à Paris, il a vu les maires des )) localités où il a passé. Il n'y a plus de gouvernement )) en France. Paris à déjà usé trois gouvernements, )) Lyon, deux. Lyon, Marseille ont installé une républi- » que de sang. Toulouse et le Midi se sont séparés de » de la France. Les Prussiens sont à Orléans, à Bourges, )) à Cherbourg. Rouen et le Havre ont appelé les Aile- )) mands pour se délivrer des socialistes. Il n'y a qu'un gou- )) vern-îment possible, c'est la régence : Il faut que l'ar- )) mée rentre en France pour rétablir l'ordre et la liberté. »
Et l'armée, incrédule, se disait: « Rentrons en France, et nous verrons après. )) Mais elle était impatiente de rentrer en France. L'agonie était commencée.
Le maréchal continua à répandre par tous les moyens officiels les (( nouvelles Boyer », sans cependant, y mettre sa signature. (( N'ayez pas, disait un général en faisant cette communication à ses officiers, n'ayez pas de préjugés d'honneur militaire. » Cependant qn ne parlait pas encore de rendre les armes, mais seulement de rentrer en France, et de garder la neutralité.
Le 25, le général Changarnier allait à Ars négocier une capitulation. Le 26, on savait tout, mais le parti de la reddition faisait accroire aux soldats qu'on les renverrait dans leurs foyers; le 28 au matin, les dernières pièces de campagne furent rendues à l'Arsenal. A jnidi, on commença à rendre les armes; cela continua jusque dans la soirée; peu de fusils furent détruits. La garde resta la dernière armée; il en entra quelques bataillons dans la ville, à la nuit, pour maintenir l'ordre; ils rendirent leurs armes le lendemain.
ii^.
Le 29, je quittai l'uniforme, je traversai paisiblement les longues colonnes de Français désarmés, et je croisai les régiments prussiens qui s'avançaient doucement vers la ville.
Dans cette abominable histoire, la part des chefs est immense. Ce sont eux qui, pas à pas, ont conduit l'armée à la famine et au déshonneur. Mais il faut faire aussi la part de la cité et celle de l'armée. Elles ont manqué de sens moral. Ainsi périssent les nations qui laissent un ambitieux se jouer de leurs droits et de leur honneur ! Ainsi périssent les armées qui désespèrent de la patrie!
RossEL.
Extrait de l'Indépendance Belge.
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