L. RoSSEL
■*!f'K'^î>^'-.*''-'7r"'^***-^ *.'■'• ^'■•^'■- ■' " T" *"ï'Tif*i.;Viî*rf*Tîyft»'--',-' ''^1 '■ ■ '^"";P<^rr
Bruxelles, 7 novembre 1870 l.
A monsieur Gambetta, Ministre de la Guerre du gouvernement de la défense nationale.
Monsieur le Ministre,
J'ai rhonneur de vous adresser quelques éclaircissements relatifs au rapport qfficiel que vous avez publié sur la situation de l'armée de Metz, sous la signature de mon ami M. de Valcour.
Mon nom se trouvant cité dans cette pièce^ je crois utile d'anticiper sur les explications et renseignements que je compte vous donner sur ma conduite, lors de ma prochaine arrivée à Tours.
En premier lieu, j'exprimerai l'espoir que l'éloge mérité que donne M. de Valcour à la (( franchise pleine de dignité qui causa l'arrestation de M. le capitaine Boyenval, )) n'implique pas un blâme tacite de ma propre conduite qui, dans un interrogatoire identique (je l'ai su depuis), à celui de mon camarade, fut entièrement opposée.
J'ai l^ris pour unique guide dans mes réponses l'utilité de la cause de la défense, et c'est ce qui m'a engagé, en demandant à M. le Maréchal une enquête complète ou une confrontation, ce qu'il n'était pas du tout disposé à m 'accorder, à lui refuser d'une manière absolue toute explication et tout aveu.
En second, j'appellerai voire attention, monsieur le Ministre, sur les opérations de ce Comité de la défense, auquel la publicité de votre rapport donne, après coup, une sorte d'existence officielle.
Peut-être n'aurais-je pas parlé spontanément de cette entreprise que le succès n'a pas couronnée, et qui ne fut jamais que Teffort désespéré de quelques hommes
1. Cette lettre est antérieure aux entrevues de Rossel avec Gambetta.
lÛlBËS DE LOUIS ROSSEL , '
mes et trop peu nombreux pourenlratuer [lésions nombreuses dont parle le râpent toutes, pour ainsi dire, conçues eu Etéussissez, et nous vous suivrons. » Ce igt mille adhésions, mais quelques cen- I pourvu qu'elles fussent absolues et iunous aurions demandées pour renverser t dissolu et immoral qui a suivi l'Empire et dans sa chute.
I quelques mots l'état des esprits dans la née en cequi concerne la résistance à ourépétant l'opinion qu'en avaient conçue Comité dont parle votre rapport, a Plus de volonté, me disait l'un d'eux, en par- , et il ajoutait : je ne trouve partout que chacun veut être son troisième zouaves. » cerne la ville, M. Boyenval, qui s'était he d'organiser la population pour une , résumait le résultat de ses travaux en [uels le regret de ne pas réussir donnait B épigramme : i< La garde nationale se aussi longtemps qu'elle ne sera pas at- }nt les renseignements que j'ai jugé utile liutement à la connaissance du gouvere être prochainement en état de reprent j'aurai l'honneur de vous présenter sur . 9S autres événements de la défense de înus à ma connaissance toutes les expliourrai vous donner.
onneur d'être.
Monsieur le Ministre, :espectueux et obéissant serviteur.
lovembre 1R70.
Dieppe, 12 noTembre 1810.
Monsieur et cher ami,
Je peDse que vous serez heureux d'apprendre que j'ai quitté Metz saiu et sauf le jour de la capilulation, eu compagnie de paysans, et que me voilà rentré en France par la Belgique où j'ai publié quelques articles de journaux, et par l'Angleterre où j'ai vu ma'grand'mère, ma inère et mes sœurs. Je vais à Tours où Ije me ferai replacer, si on a encore besoin d'officiers.
Je n'ai pas du tout souSert pendant le siège, le pain noir et la viande de cheval n'ont rien qui me répugne, et quant aux dangers, je n'en aurais jamais couru, si je n'y étais pas quelquefois allé volontairement.
Toutes ces affaires de Metz puent l'infamie. Je les ai combattues depuis le commencement jusqu'au dernier jour, mais sans aucun succès. Eu somme la France a peut-être autant d'avantage à être débarrassée des gredins qui remplissaient les places supérieures, que de désavantage à avoir perdu Melz et l'armée. 11 aurait fallu un coup-d'état terrible pour éliminer toutes ces nullités, pour faire une bonne armée avec les excellents éléments qu'elle renferme. Autant vaut une armée toute neuve.
Mon père a écrit de Paris le 2 novembre. Il était en bonne santé et avait bon espoir pour le résultat des opérations.
Faites mes compliments affectueux à toute votre famille et écrivez-moi un mot poste restante à Tours pour me donner de vos nouvelles.
Votre très respectueux et dévoué.