PRÉFACE XI
qui la graisse n'étouffait point le cœur, — cette volonté Jîxe de se battre, de percer, d'aller se joindre aux vrais soldats de la France, aux jeunes armées de la République, c^est cela quV donne, à Vagonie de la vieille armée de Metz, sa grandeur. Nous avons, mon frère et moi, au moment où nous étudiions ces tristes faits, tenu dans nos mains l* humble page de papier écolier où Rossel avait jeté, d'une écriture hâtive, en fa£e des postes à saisir, le nombre de vaillants nécessaire. Et sans doute eût-il, avec ces hommes résolus, changé la suite du destin... Il eut beau chercher, il trouva quHl était seul, de son espèce.
Ce courage de conformer ses actes à ses opinions, dont Rossel donna, dès lors, de ai éclatantes preuves, on sait à quel point le reste de sa vie et sa mort pathétique l'illustrèrent. Le 18 mars 7i, colonel de V armée auxiliaire, il donne sa démission. Il veut se battre encore, court, entre les deux partis, se ranger du côté de celui qui ne compte point de généraux coupables de capitulation.
Hélas ! il n'y avait, dans ces rangs, qu'une foule ivre d'utopies, de rancœurs, dHgnorance, de vin. Il y avait bien aussi des généraux, mais dune telle pacotille, quHls faisaient regretter les anciens. L'illusion de Rossel fut courte. Elle ne dura, avoua-t'il, qu'un jour, ce qui ne l'empêcha point de s'y entêter, avec une colère de rêveur déçu, jusqu'à la minute où débordé, se sentant