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suffisant. Une bonne infanterie se présente à l'ennenû avec UQ officier pour trente-cinq hommes environ (Pinfanterie anglaise a davantage); une infanterie médiocre, comme la nôtre, devrait avoir un officier pour vingtcinq hommes et je n'ai vu dans toute la région que des troupes ayant un officier pour quatre-vingts à cent-dix hommes. De nombreuses propositions sont faites, mais leur effet est retardé par les rouages de la hiérarchie qui causent plus d'embarras qu'en temps de paix sans offrir aucune' garantie, puisqu'on présente des hommes nouvellement enrôlés à des chefs nouveaux- venus. Le chiffre des officiers est un élément considérable de la valeur des troupes; quant au bon choix des officiers, l'expérience des systèmes militaires qui nous ont précédés donne les moyens de le faire.
L'administration est nulle : les bataillons dont je vous parle n'ont pas plus d'une bonne paire de souliers; le second bataillon, journellement exposé à avoir affaire à l'ennemi, n'a ni tentes, ni couvertures, ni gamelles, ni . marmites, ni gibernes. Toutes ces troupes, astreintes à se garder comme dans des opérations réglées, non seulement ne reçoivent pas les vivres de campagne qui leur seraient nécessaires pour bien servir, mais même le 4®' bataillon (à Anor) ne touche ni le pain, ni le chauffage, auxquels le soldat a droit en tout temps, ni la solde de rassemblement, qui pourrait provisoirement atténuer l'effet du manque de vivres de campagne ; le pain est remplacé par une indemnité notoirement insuffisante de 0 fr. 25.
Enfin le système de défense adopté est vicieux; c'est, en petit, le système de cordon, qui a causé notre première défaite, et que j'ai déjà trouvé dans cette région aux environs de Formeries, au coin du département de
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l'Oise. On cantonne dans une ligne de village de faibles troupes, (cent à huit cents hommes), isolées les unes des autres, condamnées à l'immobilité par leur débile organisation et par leurs insuffisantes ressources en campement, vêtements et vivres ; chacune de ces troupes offre à l'ennemi une proie certaine, s'il veut tenter un coup de main sur elle, et un obstacle insuffisant s'il veut rançonner le pays environnant.
On garde un pays par de fortes divisions solidement postées, ou par des petites colonnes constamment en mouvement. Ce second système est seul praticable ici, mais il faudrait que les troupes fussent pourvues et administrées par l'intendance, ou autorisées à se pourvoir et à s'administrer elles-mêmes. Il faudrait aussi que les généraux que vous a légués l'Empire pussent devenir jeunes, énergiques et patriotes.
Je vous envoie ces renseignements, monsieur le Délégué, du chef-lieu d'un pays facile à défendre, appuyé de places- fortes, où il y a vingt-cinq mille fusils en service (je parle de la portion non envahie des Ardennes), et qui est journellement rançonné, et voit ses forteresses insultées par quelque trois mille Prussiens.
Les évaluations les plus exagérées constatent qu'il n'y a jamais eu dix-mille ennemis dans le voisinage de Mézières.
J'ai l'honneur d'être, monsieur le Délégué,
Votre très obéissant et respectueux serviteur.