‹ Mémoires et correspondance, 1844-1871Chapitre 46 sur 113 · Le commandant Rossel était alors bloqué dans Paris · texte numérisé non relu

Le commandant Rossel était alors bloqué dans Paris

cinquante-six jours de date. Père dit encore que le bombardement n*a fait que rendre plus inébranlable la résolution des Parisiens de ne pas se rendre. Madame Finielz a répondu à père par une dépêche annonçant que nous allons tous bien et que je suis colonel à Nevers.

J'ai quelquefois des doutes sur Tutilité des résolutions que j'ai prises de ne plus me laisser repincer dans l'imbécile hiérarchie de l'armée permanente, et de me consacrer pour le moment à former des soldats et des officiers. En revanche, je suis parfois plein de confiance et de conviction. Mes officiers sont presque tous de mon choix, jeunes, vigoureux, patriotes; mes soldats sont maintenant au nombre de 450; il sont tous ouvriers. Ils travaillent à la construction du camp; quant aux officiers, je leur fais faire un peu tous les métiers.

Hier soir j'ai eu Pidée de leur faire une conférence sur le service en campagne; je différais depuis longtemps cette épreuve, ne sachant pas si je saurais que dire, et je m'étais décidé à leur lire tout simplement le règlement qui est très bon. Mais une fois que j'ai eu le livre eu main, je leur ai parlé plus d'une heure sur le premier article, parlant avec grand plaisir et écouté avec grande attention, car ce livre du règlement, œuvre des généraux de nos grandes guerres, est aujourd'hui lettre morte entre les mains de nos officiers. On a perdu le sens de toutes les règles qu'il donne et on ne s'y conforme pas. J'étais fier d'expliquer si facilement cette science dont je me crois, à tort ou à raison, un des seuls dépositaires en France, et d'être si facilement compris, car il suffit de comprendre la guerre pour comprendre nos malheurs.

 ce moment-là, dégagé de tous les détails importuns et étrangers à notre but qui m'assiègent tout le jour,

j'ai >eott que je De me trompe pas, que la guerre sera longue, et qu'en formant des soldats et des officiers, qui à leur tour en formeront d'autres, j'ai choisi un rôle utile et honorable, plus honorable que si j'allais me jeter dans ces armées perdues qui courent bêtement le pays sans faire rien de bon.

Padovani est en Corse ; il était au 15° eofps d'armée; à la fin de décembre, je l'ai vu à Nevers, las, découragé de servir dans ces armées ridicules. De plus en plus malade de fatigue, il s'en est allé en congé, chassé plutôt par le dégoût, j'en suis convaincu, que par la maladie.

Adieu ma chérie, je vous embrasse toutes cent fois. Ton frère affectionné.

Ueauce, 29 janvier 1871.

Camp de Nevers.

Le chef du Génie.

A M. Lecat, commandant la 2° compagnie du génie à Bois- Vert.

Le bruit commence à se confirmer d'un armistice de Vlngl-et-un jours et d'élections pour le 8 février. Ayez votre compagnie eu main. Tenez vos hommes sans aucune faiblesse; sont-ils à vous?

Il ne s'agit pas de faire des baraques ou des fours, mais des soldats, des hommesy des citoyens.

Voyez vos officiers et caporaux, faites-leur des théories sur ce que vous voudrez.

Veillez à ce que vos gradés voient les hommes, aient de l'action sur eux, de l'autorité, et eu fassent usage.

Je ne puis pas envoyer à la cible tant que mon armeme n'est pas organisé, sacré nom.' Comble de fois

VOUS ai- je parlé de tous ces détails? vous avez trois paresseux d'armuriers. II faut, il faut que tout rarmement soit prêt dans trois jours, ou je me fâcher.

Achetez de la graisse à souliers. J'ai des souliers pour vous. Cantonnez-vous mercredi dans les baraques, officiers et soldats; il ne s*agit plus de lanterner.

Quand [je vous dis de faire des ceinturons, c'est que cent de nos hommes en manquent. Vos ouvriers sont mous comme des chiques. Un peu moins de menuiserie.

Si je m'adressais à vous comme officier soumis à mes ordres, je n'aurais pas le droit de vous demander l'impossible. Etes-vous venu ici comme soldat ou comme patriote? Si comme soldat, vous êtes bon à rejoindre en Allemagne vos trois ou quatre cent mille camarades. Vous êtes venu comme patriote, je vous demanderai l'impossible et vous le ferez. Tâchez de vous y accoutumer dès aujourd'hui.

Votre ami.

Camp* de Nevers, Icf février 1871.

Mon bien aimé père S

Vous avez été trahis comme nous l'avons été à Metz, par l'incapacité de vos généraux. Ces hommes ignorants et remplis de confiance en eux-mêmes vous ont retenus dans l'inaction jusqu*à ce que l'ennemi plus fort et vos subsistances épuisées vous obligent à une capitulation qui encore n'était pas nécessaire.

Nous ne sommes pas au bout de nos maiheurs : Gambetta, à qui j'obéis comme au chef de la République et

\. Cette lettre est la première que le commandant Rossel ait reçue de son fils aprôs la reddition de Paris ; la seconde datée du 18 février, n'a pas été placée par ordre de date, parce qu'elle est consacrée au récit des événements de Metz, passés depuis plusieurs mois.

à Phomme dévoué, réellement dévoué à la défense nationale, est aussi inepte en fait de guerre que les Jules Favre et les Trochu. 11 est aussi coupable que les autres par le mauvais choix de ses généraux. Un C. se trouve général d'armée, malheureux homme dont j'ai sondé à Metz toute la nullité.

En somme, mon bien aimé père, tu es, comme je l'ai été à Metz, vaincu sans t'être battu, livré sans avoir lutté. Ton malheur double ma provision de rancune et de vengeance contre les aristocrates de France et de Prusse; les uns nous ont conduits là, les autres nous accablent de leur rapace oppression.

J'ai beaucoup à te dire. Je suis résolu à la lutte. Tous mes amis, je les ai faits officiers : Montigny est capitaine d'Etat-major; Pellerin, Ameline sont lieutenants du génie sous mes ordres ; je m'efforce de former des soldats et des officiers. Si tu n'es pas las delà guerre, viens m'aider à cette besogne. J'ai 500 soldats du génie et 20 officiers, tout cela sans expérience et tout frais sorti de la vie civile. Tes conseils me seraient d'un grand secours, car tu sais toutes ces règles du service dont je n'ai de toi que le reflet et le vague souvenir.

Adieu, je t'aime, je t'embrasse mille fois, et je te remercie d'avoir fait de moi un patriote et un républicain.

Ton fils respectueux et affectionné.

Camp de Nevers, 15 février 1871.

Hypothèses sur la continuation de la guerre.

On n'a guère le cœur de parler de guerre dans un moment où les aspirations vers la paix sont si générales, on pourrait presque dire si excusables. Cependant je ne puis me persuader qu'il soit nécessaire de consacrer

par uQ traité les succès inintelligents de nos adversaires; je suis convaincu au contraire, autant que je crois aux destinées de la France et de la Révolution, que les victoires de ces pédants aristocrates sont une fantasmagorie' qui va se dissiper.

En dépit de tous les symptômes de paix que je vois, je ne puis m'empêcher de songer à la guerre *.

Les mêmes erreurs continueront toujours chez nous à produire les mêmes défaites, mais je fonde l'espérance du succès sur une meilleure organisation de nos lignes d'opération et sur une meilleure stratégie. Je parlerai d'abord de la stratégie.

A la reprise des hostilités, deux opérations offensives différentes s'offrent à l'ennemi : l'une sur Lyon, avec Dijon pour base d'opérations, et ta ligne d'opérations sur Gray, Vesoul, Epinal; il y a une distance de neuf journées de marche environ de Dijon à Lyon; l'autre, d'Orléans et Tours sur Bordeaux avec la ligne d'opérations sur Paris.' Il y a une distance de seize journées de marche de Tours à Bdf deaux. Il est probable que l'ennemi, utilisant la grande disproportion des forces adverses, entreprendra les deux opérations à la fois. II peut le faire sans manquer à sa sagesse habituelle.

L'opération sur Lyon pourra se faire par deux routes : celle de Dijon, Châlon, Mâcon, et accessoirement celle de Dôle, Lons-le-Saulnier, Bourg, la simultanéité des deux attaques permettant de traverser la Bresse. On peut admettre que la résistance des forces françaises disponibles retarde l'investissement de Lyon jusqu'au treizième jour après la reprise des hostilités. On peut encore considérer comme probable qu'au quinzième

1. Cette note très ardue a surtout pour but de faire ressortir la préoccupation du moment.

jour une armée d'observation sera eu avant de Vienne pour couvrir le siège et rançonner Saint- Etienne. Enfin la prudence enseigne à l'ennemi de flanquer sa droite en faisant parvenir une autre armée d'observation ou gros corps d'armée à Roanne, en le faisant passer par le CharolaiS) ou, plus hardiment, en le faisant converser d'Auxerre ou Gien sur Nevers, Moulins et La Palisse.

Tel est l'ensemble de l'opération sur Lyon. Cette opération est défectueuse en ce que la ligne d'opérations des Prussiens est étranglée entre le Forez et la Bresse : un insuccès sur cette ligne serait fatal à l'armée de blocus. L'armée d'observation est de plus appelée à opérer dans un pays montagneux^ c'est-à-dire très favorable à des troupes peu organisées comme sont les nôtres, et privées de cavalerie; un pays de petites opérations enfin. Et il y a nécessité d'observer, pour couvrir le siège, non seulement le Forez, le Velay et le Vïvarais, mais le Dauphiné jusqu'à Grenoble par où les Français peuvent marcher sur l'armée de siège.

Le blocus de Lyon a pour conséquences presque nécessaires le blocus de Grenoble et l'occujpation de Valence. Ce n'est pas une partie perdue pour nous que celle qui oblige l'ennemi à de tels développements d'opérations.

L'opération sur Bordeaux est de toute autre nature. Elle peut se développer sur cent kilomètres de largeur par les routes parallèles de Tours, Poitiers, Angoulème, et d'Orléans, Vierzon, Châteauroux, Limoges, Périgueux. Arrivée à ce point, l'opération qui a Bordeaux pouc objectif doit se diriger non pas sur Bordeaux, mais sur Bergerac et Marmande, en refusant la droite (Angoulème) et gagnant vers la gauche (Périgueux, Bergerac, etc.), de sorte que les Français se croiront vain-

queurs en Saintonge au moment où ils seront tournés par le Périgord et la Guyenne, et enfermés bientôt dans le Médoci sans autre retraite que les Laudes.

Cette opération demande peut-être plus de développements et d'explications que l'autre. L'importance politique d'une menace sur Bordeaux est plus grande que celle du blocus de Lyon, à cause de la terreur que l'on est assuré de répandre dans une^assemblée délibérante en faisant du siège de ses séances un objectif militaire, à cause de la désorganisation qui se produit dans un gouvernement qui déménage, à cause du défaut de rempart et du caractère puremeut commerçant de la population.

A choisir entre l'attaque sur Lyon et l'attaque sur Bordeaux, celle-ci est plus prompte dans ses effets et plus décisive dans ses résultats : elle ouvre la Guyenne tandis que la chute de Lyon n'ouvre pas le Languedoc. Pour ces raisons, que j'explique peut-être mal, je pense que les Prussiens ne renonceront pas à l'opération de Bordeaux et ne la subordonneront pas à l'opération sur Lyon.

Mais l'opération sur'^Lyon est un corollaire naturel de l'opération sur Bordeaux, car on ne peut pas laisser aux Français ce riche centre d'approvisionnements et ce débouché commode, tandis qu'on s'étend vers l'ouest sur une ligne d'opération de près de trois cents lieues (Bordeaux, Tours, Paris, Nancy, Strasbourg). Cette discussion d'ensemble est peut- être oiseuse et peut-être incomplète : je reviens à l'opération même. La ligne la plus naturelle pour opérer sur Bordeaux en partant de la Loire est celle de Tours, Poitiers, Angoulême. Celle d'Orléans, Vierzon, Châteauroux, Limoges est moins praticable comme route et chemin de fer; elle traverse

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deux obstacles assez sérieux, la Sologne et la Marche. Eq revanche, elle miène directement à Périgueux et son emploi facilite le développement stratégique de la campagne; elle réduit les Français à l'Auvergne en les chassant du Berry. Enfin elle laisse une moins grande trouée entre les opérations de l'Ouest et celles de PEst.

Il est donc très possible que les Prussiens qui emploieront les deux roules à cause de leur grand nombre et pour tenir le pays, céderont à là tentation d'employer la ligne de Châteauroux comme principale ligne d'opérations, et celle de Poitiers comme ligne secondaire.

Je ne parle ni de la Bretagne, ni de la Normandie, ni de PAunis. Ce sont nos œuvres-mortes . Il suffit que l'ennemi y laisse des forces suffisantes pour faire pencher constamment la balance en sa faveur : c'est le jeu qu'il a toujours joué avec Faidherbe et avec Chanzy. Notre jeu, au contraire, est de réduire autant que possible ces non-valeurs, peut-être nécessaires, mais qui ne devraient être dans tous les cas que des garnisons et des partisans.

Si Ton veut examiner le détail de la marche entre la Loire et la Garonne, il faut remarquer d'abord que le Cher, l'Indre et la Creuse coupent transversalement les lignes d'opérations et obligent l'ennemi, pour peu que l'armée française veuille manœuvrer, à porter dès le début son aile gauche en avant, tandis qu'il devra plus tard développer le mouvement de son aile droite afin d'engager l'armée française dans la Saintonge et l'Angoumpis, tandis qu'il la frapperait en Périgord. Dans ces conditions, et en admettant que l'ennemi soit massé sur la rive gauche de la Loire à la reprise des hostilités, il serait possible que le vingt-sixième jour il eût passé la Garonne a Marmande et que l'échéance de l'opération

arrivât vers le trentième jour. J'ai supposé que la résistance à l'invasion serait telle dans ces opérations qu'elle l'a été jusqu'aujourd'hui, et que le succès demeurât aux envahisseurs. Cette fiction me sert à constater ce qui restera aux Français après cette nouvelle période de la lutte. Au bout de^ quinze jours, Lyon est bloqué et l'ennemi arrêté; au bout de trente jours, Bordeaux est conquis, leBerry,le Nivernais, le Bourbonnais, la Marche, le Limousin ont été évacués, l'Anjou et le Poitou sont isolés, mais l'Auvergne s'avance comme un cap au milieu de la marée montante de l'Invasion. C'est beaucoup pour l'envahisseur que d'occuper le Forez et la Marche ; il observera sans doute la Limagne, mais je considère comme extrêmement probable qu'il atteindra à peine Clermont-Ferrand.

C'est une entreprise insensée de faire traverser l'Auvergne à une armée d'invasion : on l'a essayé une fois pendant la guerre de Cent- Ans, et de la belle armée anglaise qui s'y était engagée, riche, bien pourvue et bien équipée, les plus grands seigneurs mendiaient leur pain avant d'avoir atteint le Quercy.

16 février. — Des bruits de paix accompagnés des conditions les plus bizarres circulent constamment. Les patriotes espèrent que cette paix, s'il y en a une, ne sera qu'une trêve où les gens affolés pourront reprendre leurs esprits, et les peureux, sentir le poids d'une paix onéreuse.

Je reprends mes déductions :

Si l'Auvergne est un mauvais pays de guerre, réfractaire à l'invasion et capable de dévorer les armées qui s'y hasarderaient, cela n'empêche pas cependant d'en utiliser les routes et les chemins de fer comme ligne d'opérations d'une armée.

Les Américains ont fréquemment employé dans la guerre de la Sécession des lignes d'opérations beaucoup plus hasardeuses que dos belles routes d'Auvergne.

Avec une bonne organisation des lignes d'étapes, des gttes et des magasins, j'affirme que la traversée de l'Auvergne offre, dans l'état actuel des voies de communication, une ligne d'opérations beaucoup plus sûre que les lignes employées constamment par les grands capitaines.

Les ressources du Languedoc et de la Guyenne, affluant par Alais et Figeac jusqu'à Clermont -Ferra nd, peuvent alimenter des opérations offeuïiives entreprises sur les flancs et les derrières de l'ennemi. Sur le front de l'Auvergne, l'offensive est stérile pour l'ennemi, féconde pour nous, c'est là le point important de notre échiquier. De là, si nous réussissons à déboucher dans le Charolais et menacer Châlon-sur-Saâue, toutes les entreprises de l'ennemi sur Lyon sont compromises ; si nous descendons l'Indre ou la Vienne, l'opération sur Bordeaux est arrêtée.

Encore n'ai-je pas supposé que le Berry fût à nous : j'ai admis que, surpris par la reprise des hostilités, comme nous avons toujours été surpris jusqu'aujourd'hui, nous nous laissions dérober cette province. Mais si nous savons l'utiliser et l'organiser, l'ennemi, ayant à peine dépassé la Sologne, est sans force sur la rive gauche de la Loire.

Ënân vous n'êtes plus ministre, ni mon ministre ; sans

doute le dégoût vous a pris, ou bien vous étiez las de

cette impuissante dictature que vous exercice, las de tant

de petits cerveaux qui vous entouraient, de tant de peti-

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tes idées et de petites préoccupations qui vous étreiguaient.

Arraché à ce gouvernement où votre vigueur était un reproche pour chacun, vous êtes rendu à la cause de la Défense : plus d'ambitions à contenir ou à satisfaire, plus de Bourbaki à ménager^ plus d'équilibre à maintenir entre vos hommes, qui étaient réactionnaires, et vos idées qui étaient libérales. La Révolution est peutêtre à refaire. Si ce terrible passage au pouvoir ne vous a pas usé, j'espère que nous la referons.

Ce qui vous a manqué, c'est l'intelligence militaire : c'est aussi ce défaut qui vous a perdu. La décision et l'audace dont vous étiez rempli ont honteusement fait défaut à vos généraux : ce sont là pourtant les vraies qualités des hommes de guerre.

Je n'ai jamais compris, pour moi, ce que vous faisiez dans votre cabinet. Quand je pense que Napoléon faisait ea quelques heures par semaine ce travail de contentieux où l'on vous réduisait, je prends le parti du desp()te contre vous. Il faisait la guerre, et vous, vous la laissiez faire. Votre gouvernement n'a pas été un gouvernement de combat ; il a trop ressemblé à celui qui l'avait précédé: beaucoup de bureaux, quelque peu de police.

N'importe, vous n'êtes plus gouvernement, vous restez l'homme le plus déterminé et le plus intelligent qui se soit manifesté dans notre parti. J'ai amèrement regretté pour nous de vous voir abdiquer, ou plutôt de vous voir éliminé peu à peu du pouvoir. Mais la sympathie mêlée de pitié que j'avais pour votre pouvoir me fait excuser celte faute, et je voudrais de tout mon cœur vous aider à exercer votre influence dans les conseils qui vont s'ouvrir.

Mes illusions, les espérances que j'avais portées sur

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VOUS dateat de la Révolution de Septembre. Votre jeune renommée me rassurait contre l'impuissance de votre entourage décrépit. Je savais combien vous étiez promptement devenu homme politique, et je me flattais que vous deviendriez aussi vite homme «le guerre. Vous n'avez pas même essayé ; le hasard vous a livré quelques-uns des secrets de notre métier, mais l'ensemble vous a échappé: volontairement vous vous êtes mis aux mains de nos généraux incapables. Ne puis-je vous aider ?

Camp de Ne\ers. Février 1871.

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