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POURQUOI ADOPTÉE EN AUTRICHE ET EN PRUSSE

Juillet 71. Prison de Versailles.

L'organisation provinciale n'a pas de raison d'être en France pour l'armée active. Elle ne doit affecter que les milices qui ne sont pas sous les armes en temps de paix ; elle a été imposée à l'Autriche par sa composition politique, dirai-je par son histoire. Impossible de mêler d^ns un même régiment dfes peuples qui n'ont pas la même langue, les mêmes habitudes, les mêmes aliments, les mêmes goûts, ou plutôt des peuples qui ont des langues, des habitudes, des goûts aussi divers que l'Italien, l'Allemand, le Hongrois, le Bohême. L'Autriche a d'ailleurs mitigé les inconvénients da cette institution en donnant à ses régiments des officiers pris dans une \ rovincp différence.

Je ne sa^he pas que les fonda!eurs de l'armée prussienne, qui furent les fondateurs de la monarchie prussienne^ aient songé à l'organisation provinciale pour en

faire la base de leur système militaire. Cette organisation a été une conséquence de l'obligation imposée à la Prusse par nos victoires dô n'avoir sur pied qu'un certain nombre de bataillons. En adoptant pour base de ses groupes tactiques le groupement naturel de la population, la Prusse éludait le traité. Chaque citoyen, dans sa maison, était à son rang dans sa compagnie ; chaque ville, à son rang dans sa division, et la nation tout entière était l'armée.

Mais quelle nécessité y a-t-il d'étendrq ce système à la portion permanente de l'armée?

En dépit de. nos prétentions démocratiques, la société française est encore assez hiérarchique pour que le citoyen qui vit noblement, à ne rien faire, ou celui qui exerce une profession libérale, supporte impatiemment d'être placé sous les ordres d'un homme de métier, d'un de ses fournisseurs. J'ai entendu plus d'un estimable bourgeois se plaindre de ces inégalités ; on en a même fait une caricature : le baron, simple garde national, est réprimandé par son bottier, en même temps son capitaine, pour ne pas marcher assez vite. « Excusez-moi, ditil, mais vos bottes me font un mal ! » Cette réponse se trouvera, sous toutes les formes, dans la bouche, ou dans le geste, ou dans le sourire de l'oisif subalterne. Qu'y faire? Faut-il exclure de l'avancement les bottiers, et les épiciers, et les ébénistes^ et les maçons ? C'est ce qu'on avait essayé de faire dans la garde mobile ; on a mal réussi. (( Nul n'est prophète en son pays ». Voilà pourquoi on ne doit adopter qu'avec de grandes restrictions, dans un état démocratique, l'organisation provinciale.

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