I 1 2 LETTRE DE M. DE DANZA^Y
hommes qui se trouvèrent audictGustrau, que plusieurs
eurent agréable.
Davantage, en cemesme tempsleroy deDannemarck présenta audict elecleur la lettre que le roy de Navarre lui avoit escrite, et le pria de la considérer. Je laisse ici juger à ung chacun combien ladicte lettre du roy de Navarre, présentée en temps si opportun, feut profitable; car, parles remonstrances que le roy de Dannemarck feit audict électeur, lui donnant la lellre du roy de Navarre , il lui osta l'occasion de lui parler et importuner, pour subscrire audict livre de Concorde, combien que ledict électeur feust principalement venu audict Gustrau pour ceste fin et effet, comme l'on dict. Par ce moyen, toute ceste espérance que lesdicts théologiens et ceulx de leur faction avoient conceue que, par les pryeres dudict électeur, le roy de Dannemarck approuveroit ses desseins, et subscriroit audict livre de Concorde, s'en alla en fumée. Néanmoins ledict électeur ne perdit l'espérance qu'il avoit de gaigner le roy de Dannemarck, et, pour ceste cause, délibéra de le venir visiter ceste année en son royaume; et, pour ceste cause, vint jusqu'à Suerin au duché de Mecklebourg, et , dekà, retourna en Saxe pour les causes que vous avés entendues, et que ung chacun sçait. Apres que ce voyaige feut rompu , le marquis de Brandebourg de Anspach vcint voir le roy de Dannemarck au mois de juin, auquel il esperoit persuader de subscrire audict livre de Concorde ; mais il le trouva si résolu , qu'il perdit incontinent ceste opinion, mesmement quand ledict roy de Dannemarck lui eust monstre les lettres de ladicte royne d'Angleterre et du roy de Navarre, desquelles il lui donna la copie et aux aultres princes et seigneurs qui se trouvèrent au baptesme de la fille dudict roy, ainsi
que j'ai entendeu de bon lieu. Lorsque ledict marquis partit de Dannemarck, le bruit estoit qu'il iroit droict au duché de Prusse, duquel il est gouverneur à cause de la maladie du duc. Neantmoins, il alla devers Telecteur de Saxe, et puis reprit le chemin de Prusse. En ce mesme temps, il envoya le livre de Concorde au roy de Dannemarck qui en feut si offensé, que soudain il feit publier par tous ses royaumes et pays de son obéissance que nul n'eust à l'acheter soubs peine de la vie, et que ceulx qui Tauroient feussent punis de semblable* peine.
Par ce récit, qui est véritable , vous voyés , monsieur, les grands efforts, le soing et diligence de plusieurs princes , pour gaigner le roy de Dannemarck, et pour avancer leurs desseings ; en quoi ils n'épargnent ne leurs biens, ne leurs personnes, et vous avés travaillé plus de dix huit mois pour seulement obtenir une lettre d'Angleterre. Pourtant il ne se fault émerveiller si les affaires des aultres s'avancent, et les nostres succèdent si mal.
J'ai esté adverti que Vigaudus avoit escrit contre ledict livre de Raiione ineundœ concordiœ , et envoyé à l'université de Rostock, pour le considérer et corriger, et puis le faire imprimer, mais qu'ils ne l'avoient vouileu permettre : je ne sçai qu'il s'en ensuivra. Si je me trouve quelque jour à repos, je déclarerai plus amplement quelques articles dudict escrit. Mais je ne m'ose nominer de peur de perdre les moyens que j'ai de servir au public, et ne sçai s'il se pourra trouver quelque gentilhomme qui voulleust prester son nom après que vous y auriés mis la main. Je vous prye y penser, car si l'aultre petit escrit a faict quelque fruit, l'aultre le fera encores plus.
Miai. DE DuPiEssis-MoRNAY. Tome ir. 8
Ii4 LETTRE DE M. DE DANZAY
La royne d'Angleterre a envoyé devers le roy de Dannemarck , pour le remercier de sa sincère et chrestipnne volonté , pour l'avancement de la gloire de Dieu, et pour reconcilier les princes de la relligion reformée et subvenir aux églises affligées, et le prye de vouUoir continuer : elle a aussi envoyé devers les princes d'Allemaigne, Dieu y veuille donner sa saincte bénédiction. Mais si tels affaires et de si grande importance ne sont vivement poursuivis, et par personnes d'honneur, d'auctorité et de sçavoir, et qui les entendent, je ne sçai qu'il s'en ensuivra. Ceci est le debvoir des princes, et mesmement de ceulx qui sont blasmés; car, oultre leur salut, il y va aussi de la conservation de leur estât.
Vous avés opinion que ceste subscription du livre de concorde ou confédération faicte par la maison d'Autriche, dont il ne fault aulcunement doubter. J'en envoyai expressément ung discours à M. de Villiers , il y a trois ans, que je pensais que vous eussiés leu, qui sera causé que je le comprendrai en peu de paroles, espérant que ce vous sera plaisir. Depuis quatorze ou quinze ans, Jacobus Andraea n'a faict que courir, tant en Dannemarck que par toute l'Allemaigne, pour cognoistre ceulx qui vouldroient favoriser ses folles opinions, et blasmer les calvinistes. Il y a eu deux factions en la maison de l'électeur de Saxe , l'une avoit opinion que ledict électeur ne se debvoit aulcunement fier en la maison d'Autriche, parce qu'ils estoient povres et ambitieux , et ne se pouvoient plus facilement agrandir que par sa ruyne. Pour ceste cause, ils feirent le mariaige du duc Cazimir de Bavière avec la fille aisnee dudict électeur, espérant que, par ceste alliance, les differens qui estoient en la relligion , se finiroient par l'auctorilé et conseils du feu électeur Palatin et dudict électeur
A M. DUPLEvSSIS. il5
de Saxe. Aussi ils moyenerent une confédération entre la plupart des princes d'Allemaigne qui sont de ladicte relligion qui pouvoient prornptement assembler une puissante armée. Par ces moyens, ils esperoient unir et conjoindre tous les princes d'Allemaigne de la relligion reformée ensemble , et faire cesser toutes les controverses qui estoient entre eulx. Davantage, il conseilloit audict électeur de Saxe, de s'asseurerde l'amitié du roy de France, qui lui pouvoit grandement aider et peu nuire, ce que ledict électeur eut tousjours agréable, jusqu'à ceste funeste et maudite journée de Sainct Barthelemi. Il est certain que ceulx de ceste dicte faction avoient plusieurs ennemis et envieux, comme il advient communément aulx cours des grands princes où l'on joue principalement au boutehors , qui s'offrant l'occasion de chasser leurs compétiteurs, en sceurent très bien user, et pour les rendre plus odieux audict électeur, les appeloient calvinistes et sacramentaires.
L'empereur IVIaximilian , qui estoit prince vigilant et d'ung très gentil esprit , cognoissant que ledict électeur est de son naturel fort véhément et opiniastre , le vint trouver avec l'impératrice et la plupart de ses enfans qui feirent si bien par leurs remonstrances , qu'ils persuadèrent audict électeur que toutes les susdictes pratiques provenoient du royaume de France, et par telles inventions moyenna que son fils aisné feust élu roy des Romains, contre les loix et privilèges de l'Empire, ce qui n'est advenu que par la grande neghgence desroys de France , et par les dissentions et divisions de leurs ministres.
Peu auparavant , ledict empereur avoit envoyé quérir le docteur David Chytraeus et quelques aultres docteurs d'Allemaigne , pour reformer les églises aux-
Îl6 LETTRE DE M. DE DANZAY
quelles il permettoit la confession d' Auguste. Lors il feut persuadé audict Ghytraeus que, si les princes d'Alleniaigne de ladicte confession condamnoient les hérésies des calvinistes et sacramentaireset pour ceste cause se separoient d'eulx, que ledict empereur et les princes d'Au triche l'approuveroient facilement, et permettroient qu'elle feust receue par tous leurs subjects, qui est le commencement et vraie source des dissentions et divisions, qui sont depuis advenues entre ceulx de la relligion reformée. Or il est évident et certain qu'il ne se pouvoit inventer plus commode ne plus expédient moyen pour ruyner les églises d'Allemaigne et celles qui sont hors d'Allemaigne, que par telles séparations et divisions , et pour causes si après et véhémentes que pour estre hérétiques. Ce conseil a esté favorisé par ceste dissention de la maison de Saxe par l'accident que j'ai ci dessus déclaré; car la partie victorieuse, pour se venger de leurs adversaires, et les rendre plus odieux audict électeur, moyennerent que Ghytraeus et Jacobus Andrsea et Selneccerus et quelques aultres feurent appelés. pour la reformation des églises de Saxe, qui s'y sont comportés comme ung chacun sçait et voit, dont s'ensuivra l'eversion de toutes les églises de ladicte relligion , veu la puissance, vigilance , diligence et admirables conseils des papistes , s'il n'y est promptemcnt pourveu , et n'y vois aulcun aultre moyen que par ledict synode gênerai ; car si toutes les églises reformées ou la plupart se pouvoient reconcilier comme plusieurs personnes de sçavoir et de grand jugement espèrent par ledict synode, lors quelque bonne et salutaire resolution se pourroit prendre d'ung commun consentement pour la conservation de tous. Aultrement il ne fault parler d'aulcune ligne ne confedera-
tion, ne niesmes espérer aulcun secours d'Allemaigne, que par de l'argent. Le roy de Dannemarck s'est assés déclaré et conseillé à la royne d'Angleterre et au roy de Navarre d'envoyer devers l'électeur de Saxe duquel il donne bonne espérance, combien que je n'en puis encore rien promettre de certain, et ne me puis adviser d'ung plus commode ne seur moyen , que celui que je vous ai souvent déclaré. C'est que la royne d'Angleterre et aussi le roy de Navarre envoyassent quelques personnes d'honneur et réputation devers le duc Cazimir, les landgraves de Hesse, le duc de Anhald , et à ceulx que ces princes conseilleront pour communiquer de ce qui sera nécessaire pour convenir du synode, et, après avoir pris leur advis , venir trouver le roy de Dannemarck, et lui communiquer l'opinion des aultres princes et pryer d'envoyer avec eulx devers ledict électeur de Saxe , afin que par la cognoissance de la vérité, il change la mauvaise opinion que,par faulx rapports et calomnies , il a conceu des églises qui sont hors d'Allemaigne : aussi de la royne d'Angleterre et du roy de Navarre. Dieu, par sa grâce, veuille donner les moyens qui y seront propres et convenables.
Pour conclusion, les forces de nos ennemis sont grandes et s'augmentent journellement. Ils sont tous unis et bien d'accord ; ils ne perdent une seule occasion qui leur puisse profiter, et exécutent diligentement et vivement leurs desseings. Au contraire nos forces sont petites et se diminuent journellement: nous sommes si irrités les ungs aulx aultrps , que nous ne cherchons qu'à nous ruyner, et s'il se propose quelque sage et utile conseil , il le fault poursuivre trois ans premier qu'il y soit pourveu. Pourtant si Dieu n'y met la main, et n'use d'une singulière miséricorde, je vois une
Il8 LETTRE DE M. DE DANZAY , etc.
extrême désolation des églises chrestiennes. Dieu par sa
bénigne bonté y pourvoie !
Quant aulx nouvelles de deçà , les députés des roys de Dannemarck et de Suéde se sont ces jours passés assemblés sur la frontière des deux royaumes, et entièrement composé leurs differens. Le vieux duc Jehan de Holstein , oncle du roy de Dannemarck , est decedé. Le duc Adolphe son frère , s'est ung peu avancé pour s'asseurer des meubles, dont ledict roy a esté fasché : mais cela s'accordera facilement. Le roy de Pologne, après avoir forcé les villes et chasteaux de Vielis et Vilikiluki, et aussi pris le fort de Pleunis, s'est retiré et mis garnison sur la frontière. Le bruit est que les Tartares sont aussi entrés dans le pays du Moscovite, au nombre de cent cinquante mille hommes, qui lui donnent bien à penser. L'on dict aussi qu'il se traite de la paix entre ledict roy de Pologne et le Moscovite, et que les offres que lui faict ledict Moscovite sont tels qu'il y a apparence qu'il les acceptera.
Monsieur, je me recommande bien humblement à vos bonnes grâces, et prie Dieu vous donner très heureuse et longue vie.
De Hambourg, ce 6* jour de novembre i58o.
Monsieur, je vous supplie que je puisse cognoistre tousjours de vos nouvelles, car je vous promets que ce m'est une très grande consolation.
A Monsieur, Monsieur Duplessis , Conseiller du roy de Navarre , et son Ambassadeur es Pays Bas de Flandres.
(Le blason da cachet consiste en trois étoiles 2 et i, avec an point an milieu , fond d'or. )
LETTRE DU ROY DE NAVARRE, etc. i 19
A M. Duplessis.
Du 23 novembre i58i.
Monsieur Duplessis , j'envoie le sieur Chartier , présent porteur , expressément vers monsieur , pour les affaires qu'il vous communiquera; sur quoi je vous prye le croire de ce qu'il vous dira de ma part comme moi mesme, traittnnt avec lui confidemment , comme avec celui que je n'estime moins mon fidèle serviteur que de monsieur. Et me remettant à sa suffisance, je ne vous ferai ceste ci plus longue, que pour vous asseurer que vostre livre (1) a esté bien receu et recueilli, et grandement loué et estimé des meilleurs esprits. Dont je suis fort aise, tant pour le fruit qu'il fera, que pour sortir de la boutique d'ung auteur que j'aime et désire lui faire paroistre mon amitié, des effets de laquelle je vous prye faire estât pour jamais. Je fais tout ce que je puis pour exécuter la paix , de quoi j'espère ung bon succès, non seulement en ce pays, mais au plus loingtain qui désire la pacification d'icelui ; ainsi que vous pourra faire entendre ledict Chartier , qui me gardera d'en direaultre chose; pryant Dieu, M. Duplessis, vous avoir en sa saincte garde.
De Nerac, etc.
Vostre bien bon maistre et ami , Henri.
(1) De la Vérité de la Relligion chrestieiine.
^ M. Biiplessis.
Du 14 janvier i582.
Monsieur Duplessis, avant la réception de vostre lettre, et celles que m'ont escrit M. le prince d'Orange, et messieurs des estats des Pays Bas, j'estois sur le poinct devons envoyer une des miennes, pour vous pryer de me venir trouver suivant la promesse que vous m'aviés faicte; mais, puis qu'ils ont si grand besoing devons en la conduite et direction de leurs affaires , 011 les Eglises de ce royaume ont ung si grand interest , et qu'ils me pryent avec une si grande affection vous permettre de demeurer de par delà quelque temps, je leur accorde qu'ils puissent vous y retenir six mois durant , si tant ils en ont besoing. Parquoi je vous prye de les satisfaire , et vous accommoder en cela à leurs désirs et intentions. Et ce faisant , je vous en sçaurai aussi bon gré que si c'estoit pour mes affaires particulières. Mais je vous prye , le terme expiré, de me venir retrouver, et croire que vous serés le très que bien venu. Cependant faictes moi ce plaisir de continuer à m'escrire tout ce que vous apprendrés de plus important , sous ceste asseurance que vous pouvés faire autant d'estat de mon amitié que de personne de ce monde, et que je la vous ferai paroistre en tout ce que j'en aurai le moyen , et que vous le sçauriés désirer de moi , qui prye Dieu vous avoir, M. Duplessis, en sa saincte et digne garde. A Nerac , etc.
Vostre bien affectionné ami , Henri. Et au bas , par apostille , cstoit escrit de la main dudict roy : Monsieur Duplessis, si avec le gré et consentement
de messieurs des estats de ce pays là vous pouviés revenir plus tost, j'en serois fort aise. Je vous prye me tenir en bonne volonté et affection envers eulx. Moyennes aussi , je vous prye , avec le sieur de Valsingam que je puisse r'avoir mes bagues engagées en Angleterre, et asseurés vous si vous pouviés moyenner cela que je le recognoistrois.
Et au dessus de la lettre estait escrit :
A Monsieur Duplessis , mon Conseiller et Chambellan.
A M. de Sombre.
Du I" janvier i582.
Monsieur de Sombre, vous aurés seu que son excellence est venue en Zelande pour recevoir son altesse, suivant les lettres qu'elle a escrit par son commandement ; je l'ai aussi suivi, joinct le désir que j'aurai de baiser les mains de son altesse , et lui dire quelque bon mot, et selon ma liberté accoustumee à ce commencement; maintenant nous l'attendons d'heure «\ aullre , son bagage estant jà embarqué à Douvres et son train acheminé, et lui n'attendant que le vent ; et Dieu veuille que ce soit en la gloire de son nom , et au soulagement de ces pays. Il fault que je vous die qu'il vient ici divers bruits de vos quartiers; car on dict qu'il se faict des novalités à Gand, qui pourront tendre à desunir les provinces au préjudice des unions passées et de celle qu'on doibt maintenant avancer de tout son pouvoir; mesme on voit des livrets qui se servent, fondés, à mon advis, sur les complaintes' de quelques infirmes ou discours de mal contens, ou bruits et rapports de
marchés, qui enhardissent les malveillans à esciorre leurs mauvais desseings; ce sont choses dangereuses en une ville, mesme en temps de guerre , telles qu'elles ci, et auxquelles devés prendre garde; et je vous escris tant pour le désir que j'ai d'en sçavoir la vérité en ceste diversité de bruits, que pour sçavoir le remède qui s'y pourroit donner. Je fais scrupule de vous dire qu'on adjoute qu'aulcuns parlent de faire la paix avec l'ennemi soubs ombre qu'on leur parle d'une liberté sans scandale, dont on auroit bien de la peine à trouver la deffinition; car je pense que tous gens d'entendement doibvent estre résolus que la paix avec le roy d'Espaigne et l'exercice de la relligion, dont faisons profession, et laquelle debvons maintenir jusques à la mort, sont choses trop incompatibles. On n'ignore point que ce retardement de son altesse n'ait ouvert la bouche et les oreilles aulx malveillans pour découvrir plus hardiment leurs intentions et déployer leurs artifices, et aulx infirmes et ennuies de partis , pour y prester plus facilement l'oreille, et vous savés combien tousjours j'ai blasmé ces longueurs ; mais il me semble que sa proche venue doibt abolir tous ces discours; et puis il me semble que, selon la profession que nous faisons, si nous sommes sages , nous nous debvrons fonder premièrement sur Dieu , et puis après sur nos moyens propres, comme souvent je vous ai escrit reputare in lucro, ce qui pourra venir d'ailleurs, et j'estime non tant fructum quam obventionem. Je vous escris à ma façon , librement , et vous prie d'en faire de mesme ; et si je puis servir de quelque chose, le me mandés ouvertement. Je suis sur ceste conjoncture que nous attendons de çà, car on cognoistra tousjours. Dieu aidant, que je préférerai l'honneur de Dieu et le bien de ce peuple