A. M. DE SOMBRE
à toute aultre considération. Au reste , je suis , comme sçavés, de vos bons amis, et ains particulièrement en quoi le voulleu essayer et cognoistre; et sur ce vous saluerai affectionnement, et prierai Dieu, monsieur, etc. De Mildebourg.
Croyez qu'il me fasche quand j'oy dire que Gand se porte mal , et que je le prens au poinct d'honneur; car je ne puis oublier la bonne affection qu'on m'y a porté, ne l'ayant mérité.
J M. Massie.
Du 7 de janvier i582.
Monsieur , je suis venu accompagner ici son excellence pour la réception de son altesse, qu'on attend, selon ses lettres de Ben Dieu lui doint servir à
son Eglise et au bien de ce peuple! cependant, sur les bruits qui nous viennent de vos quartiers, je ne me puis tenir de vous escrire. On nous dict qu'il se faict ou brace, à Gand, des nouveautés tendant à desunion et destruction ; et vous sçaurés combien est difficile la reunion de provinces estant qu'aulcuns s'en hardissent de discourir de la paix avec l'Espaignol, et sont si fols que de l'espérer, et vous n'ignorés combien telle paix , et l'exercice de nostre relligion son incompatibles, et là dessus les ennemis prennent occasion d'esclore leurs mauvaises intentions et desployer tous leurs artifices. Certes, je pense qu'il n'y a rien de plus pernicieux, et par tout encores que je sçache, combien vous estes zélateurs et vigilans pour le peuple, je ne puis tenir de
124 LETTRE DE M. DUPLESSIS , etc.
vous donner ce coup d'esperon pour vous solliciter à rompre ces artifices. Je n'ignore que les retardemens de son altesse n'aient donné lieu à ces discours : nous si fault il se résoudre, que jamais nous ne feumes fondés en nostre relligion sur les preuves. Dieu doubte qu'il vienne bénir sa venue, mais son retardement ne nous doibt pas précipiter par la fenestre , puisque sa présence abolira ou aidera à abolir tout cela; mais à tout événement, nous debvons tenir la main qu'il y ait une estroite union entre ces provinces, lesquelles son altesse humainement peult garder si elles sont unies , mais qu'ung trop plus fort que lui ne peult conserver, si d'elles mesmes elles se desunissent ou se rendent lasches et irrésolues en la relligion et en leur deffense; surtout je désire que nous ayons égard à la relligion, que certes nous avons entreprise contre les princes persécuteurs, et debvons préférer à tout ce qui dépend des princes. Vous voyez combien je vous escris librement; je me desplais quand je puis dire que Gand se porte mal , qu'il y a danger de quelque malentendu procédant de là , parce que je me suis obligé à Gand , et qu'il n'y a ville au Pays Bas , à laquelle je porte plus d'affection qu'à celle là. Je prye Dieu que par quelque œuvre je le puisse monstrer, et qu'il vous doibve, monsieur, etc.
De Mildebourg. .
DuPLESSIS.
Je vous prye que la présente soit communiquée à M. de Hess.