‹ Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay (volume 2)Chapitre 2 sur 83 · IL — -V^ADVIS · texte numérisé non relu

IL — -V^ADVIS

Sur le Mariage de la royne Jeanne cC Albret. (i)

Nous tenons que le mariage estant fait entre personnes capables de contracter, et par consentement mutuel, mesmement la conjonction y estant intervenue, est indissoluble; toutesfois, pour le regard de la forme, les parties se doibvent ratifier de parole en la présence d'un bon nombre de tesmoins , attendans ung temps plus propre que celui cy pour le déclarer publiquement.

Le synode ne doibt presser les parties de dire s'il y a mariage ou non, d'autant que cela appartient plus tost au consistoire qu'au synode. Et si on sçait que le synode les veut presser, nous conseillons lesdictes par-

(i) Aucun historien contemporain ne parle d'un mariage de conscience i\\x<è Jeanne d'AIbiet auroit contracté en 1571 , à l'âge de quarante-trois ans , r.euf ans après la mort de son mari , Antoine de Navarre. Seulement Bayle s'exprime ainsi : « II faut « que je dise un mot touchant je ne sais quelle tradition qui « porte que Jeanne d'Albret se remaria clandestinement , mais « non pas sans l'approbation de ses ministres. « Et il ajoute qu'après avoir fait beaucoup de recherches , il n'a pu acquérir aucune certitude sur ce fait.

Lorsque madame de Maintenon £ut en faveur, on prétendit que son aïeul d'Aubigni étoit né de ce mariage clandestin contracté par Jeanne d'Albret. Mais il est aisé de montrer la fausseté de cette conjecture, puisqu'il est prouvé que d'Aubigni naquit en i55o, époque à laquelle Antoine, roi de Navarre, vivoit encore.

Les deux avis rapportés dans les Mémoires de Duplessis— Mornaj donnent beaucoup de poids à la première tradition rapportée par Bayle.

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