‹ Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay (volume 2)Chapitre 3 sur 83 · DE LA ROYNE JEANNE D'ALBRET · texte numérisé non relu

DE LA ROYNE JEANNE D'ALBRET

tics de s'absenter pour oster l'occasion de faire telle demande; car aultrement nous craignons qu'il n'en advienne quelque mal; et ayant meurement et diligemment regardé d'un costé et d'aultre, ne trouvons meilleur expédient que celui là. Fait à Paris, 23 febvrier iS^i. Signé Pierre Viret, Barbaste, Pierre Hesperiew.

Aullre Advis donne a LaRochelle quelques moys après.

Quant au mariage duquel il nous a esté parlé, présupposant le faict estre tel qu'on nous a desclaré, c'est à sçavoir que les promesses des deux parties ont esté volontaires, et faictes devant deux ou trois tesmoins, dont seroit ensuivie la consommation, nous trouvons que l'une ne l'aultre des parties ne se peut marier ailleurs. Ce non obstant, nous disons qu'il y a plusieurs grands défauts en un tel mariage , lesquels n'eslant au plus tost corrigés, rendroyent les parties du tout indignes d'estre tenues membres de l'Eglise , comme pour, non seulement avoir mesprisé les bonnes mœurs en faisant lesdictes promesses, mais aussi n'avoir observé, devant la consommation d'icelles, la publication el bénédiction ecclésiastique ; et surtout à cause du scandale, qui en est si grand dedans et dehors de l'Eglise, qu'il est comme impossible que quelque bien estrange jugement de Dieu ne s'en ensuive , tant sur les deux parties, que sur tous ceux qui les toléreront, s'il n'y est promptement remédié.

Le remède est que le dict mariage soit notifié le plus tost qu'il sera possible, non pas comme estant à faire, mais comme estant faict avec telle recognoissance des faultes que dessus , qu'il apparoisse de la repentance des parties , à la qualité desquelles toutesfois on aura tel égard qu'on pourra en bonne conscience.

20 ADVIS SUR LE MARIAGE , etc.

Pendant et atandant le temps de la dicte publication , nous desirons grandement, prions et conseillons, au nom du Seigneur, que les parties ne s'entrevoyent d'autant que ce seroit tousjours entretenir le scandale auquel il faut nécessairement remédier pour éviter l'ire de Dieu : et s'il advient que les parties se voyent, faudra que ce soit fort rarement, et pour deux ou trois jours au plus, durant lesquels elles se porteront si sagement, que le scandale n'en soit resveillé. A faulte de ce faire , les parties méritent à bon droit, sans attendre plus longuement, d'estre forcloses de la cœne; et là où le mal continueroit , ce que Dieu ne veuille , faudroit aussi que l'Eglise passast plus outre, estant un tel et si grand scandale du tout intollerable en l'Eglise du Seigneur.

Signé f De Beze , N. Des Galars , Chandieu , Pierre Hesperien, Barbaste, Devaux.

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