‹ Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay (volume 2)Chapitre 21 sur 83 · D'AUSBOURG. 1 ^J · texte numérisé non relu

D'AUSBOURG. 1 ^J

moven et entremise de l'empereur, ils eussent refusé le secours présent du duc d'Alençon, qui leur estoit nécessaire pour le secours de Maestricht, est toutesfois advenu qu'au traicté de Coidogne, ne leur ont esté proposées que conditions très déraisonnables, asçavoir, conjointes avec le bannissement de ceulxqui font profession de l'Evangile es dicts pays, c'est à dire, de la plus grande partie, dont feut advenue la ruyne et désolation totale d'iceulx.

1 5. Et de ce sont tesmoings messeigneurs les électeurs et aultres seigneurs qui ont pris la peine de s'y trouver, et les actes de part et d'aultre en peuvent faire foi. i6. Apres ce traicté, qui feut si long temps entretenu que la ville de Maestnclit s'en perdit, que pouvoient faire les estats , forclos de toutes voies équitables, de tout secours en guerre et de toute espérance de paix, sinon d'user de leurs droits, et, selon iceulx, pourvoira leurs nécessités , etc. , cbercbant en leur conseil ce qu'ils ne pouvoient trouver, ni cliés le roy d'Espaigne, ni par le moyen de l'empereur?

17. Or delà est ensuivie, selon le droict naturel et civil, la répudiation du roy d'Espaigne, pratiquée ci devant en cas semblables, et plusieurs fois en tous pays, en ceulx mesuies dont est question, comme, etc. , n'y ayant rien ni plus naturel ni plus civil, que la resolution d'un contract, par la rupture intervenue par une des deux parties, etc.

18. Quoi faict, ne voulans iceulx vivresans légitime prince, ni pouvans résister à l'oppression sans secours, ont eu recours à eslire celui qui les recherchoit de long temps; et, pour le lieu dont il est issu, et les vertus dont il est doué, auroit le moyen de les maintenir et conserver, etc.

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ic). Premièrement, parce qu'ils se souvenoient que tout fraischementlesdicts pays avoient grandement fleuri sous le juste et légitime gouvernement d'un fils de ceste mesme maison , le duc de Bourgoigne , etc. , et ses successeurs.

20. Secondement , que tant lui que les siens avoient toujours tenu bonne amitié avec i'Allemaigne, comme appert par les histoires, etc., dont ils esperoient le mesme , et partant se promettoient qu'il seroit agréable à l'empire, qui sauroit bien considérer combien il lui est plus utile d'avoir le François voisin que l'Espaigriol, etc., et là discourir par exemples, quels de tout temps leur ont esté plus amis.

21. Tiercement . parce qu'ils l'ont appelé à condition de maintenir lesdicts pays en leurs lois et statuts, en quoi ils ont prétendu que les droicts deubs à l'empire soient conservés et entretenus pareillement.

22. Et surtout , d'autant qu'ils ont espéré, comme ils l'apperçoivent, que ce prince scauroit bien cognoistre et discerner le debvoir qui lui est deupar ses subjects, et celui qui est deu à Dieu , pour lui reserver ce qui lui appartient , dont ils pensent estre venu tout le mal de ces povres pays , veu ce qui est advenu de pareilles faultes en France , Allemaigne, Angleterre et ailleurs.

23. Ces choses considérées espèrent que lesdicts seigneurs ne trouveront mauvais qu'après avoir tenté toutes voies de justice et équité, et usé de toutes les formes requises , ils aient pourveu à la nécessaire defence de leur pays par l'élection de ce prince, nécessaire à leur Estât, non dommageable, ains utile pour le voisinage à l'empire, ains l'approuveront très volontiers, et admireront, au milieu de tant et si longs maux, leur si grande et si longue patience.

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