‹ Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay (volume 2)Chapitre 52 sur 83 · LXXIV. — RESPONSE · texte numérisé non relu

LXXIV. — RESPONSE

A V instruction de M. de Lcwerdin , envoyé de la part de Monseigneur vers le roy de Navarre.

Le roy de Navarre ne feut jamais plus vivement touché au cœur que quand il entendit l'occasion du soudain parlement de la royne sa femme , pour l'interest inséparable qu'il a en tout ce qui la touche , et ne cèlera à son altesse que ce lui eust esté ung grand soulagement en ce malheur de se veoir assisté de son prudent advis par l'envoi de quelqu'ung de sa part pour l'aider a en sortir; mais ce lui eust esté aussi trop de

RESPONSE A L'INSTRUCTION, etc. Sgi

regret pour la prospérité qu'il lui désire, que cest affaire eust en rien retardé les aultres plus urgens qu'il pouvoit lors avoir, et pourtant, maintenant qu'il en est soulagé , il le remercie très humblement du soing qu'il a eu de le visiter, mesmes par le sieur de Laverdin, de l'affection et fidélité duquel il a tiré de si notables preuves.

Ne doubte ledict seigneur roy de Navarre que son altesse aura très bien entendu que si tost qu'il sceut ce qui estoit advenu à l'endroict de la royne sa femme , il depescha gentilhomme exprès vers le roy, duquel principalement dependoit le remède, avec instructions par lesquelles il feit assez cognoistre combien il estoit soigneux de l'honneur et réputation de ladicte royne sa femme; et pense en cela, ledict sieur roy, n'avoir rien obmis de ce qui pouvoit entretenir leur bon mesnage, tant s'en fault que par là il ait en rien facilité les artifices de ceulx qui auroient voulleu essayer le contraire.

Et, quant à ceulx qui par ce moyen auroient prétendu le desunir d'avec le roy et son altesse, ne sçait ledict seigneur roy dç Navarre quels ils peuvent estre ; et, si aulcungs y en a , les estime bien loing de compte , soit pour le bon naturel de leursdictes majesté et altesse , soit pour le service très humble qu'il leur a désiré rendre toute sa vie ; mais particulièrement lui dira ledict seigneur roy de Navarre , que le roy lui feit cest honneur d'avoir pour très agréable la façon dont il procéda lors en ce faict , pour le debvoir qu'il rendit à sa majesté en gardant son honneur, comme encores tout fraischement il lui a tesmoigné par le sieur de Bellievre; et . pour le regard de son altesse, qui lui faict ceste faveur d'estre jaloux de leur honneur comme du sien propre .

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