‹ Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay (volume 2)Chapitre 53 sur 83 · RESPONSE A L'INSTRUCTION · texte numérisé non relu

RESPONSE A L'INSTRUCTION

il ne peult doubler qu'elle n'en ait receu pareil contentement.

C'est aussi ceste considération de leur honneur commun et non aultre, qui auroit faict que ledict roy de Navarre auroit procédé plus lentement en la réception de la royne sa femme , préférant la satisfaction deue à sa réputation , à toutes aultres affections qui tiennent communément les hommes ; et craignant aussi avec quelque raison que leur rapprochement ne feust cause d'esloigner ou empescher ladicte satisfaction. Pour cette raison donc , il supplie très humblement son altesse voulloir tenir la main et à bon escient , selon la promesse et offre qu'il lui plaist lui en faire, contre tous ceulx qui se vouldroient opposer à chose si juste et raisonnable; et s'asseure tant de l'amitié qu'il leur porte, et de l'affection qu'il lui plaist apporter à ung affaire qui leur importe tant, qu'il employera son auctorité pour lever au plustost les obstacles qui mal à propos ont esté suscités, mesmes en ce pays, pour l'en retarder.

Ne veult entrer ledict seigneur roy aulx causes des inconveniens advenus, se contentant den rechercher les remèdes là où il espère les debvoir trouver. Mais bien lui dira que ce qu'il en a entendu de tout ce faict, ne lui est poinctvenu par billets, ni par rapports, desquels, en tel cas, il requerroit aussi peu de satisfaction comme ils méritent de créance. Ains qu'il n'en a rien sceu que ce qu'il a pieu au roy lui mander ou escrire, ou qui s'est faict et sceu si publicquement qu'il n'estoit pas possible qu'il en feust seul ignorant.

Et quant à l'entresuite d'affaires ruyneux qui lui pourroient procéder de ce faict, qu'il estime s'y estre si bien gouverné jusques ici au gré du roy et sien, que

DE M. DE LAVERDIN. SgS

leur bonne grâce lui sera assés d'appui et de défense contre tous ceulx qui oseroient rien entreprendre contre lui. Et pour le regard de ceulx que son altesse pense aucteurs et inventeurs de ce mal , que tant s'en fault qu'il les puisse craindre, qu'il se promet que le roy , s'il s'en trouve de tels, lui en fera justice , comme derechef il supplie très humblement son altesse, pour l'honneur qu'il a de lui estre ce qu'il est, d'y apporter la main.

En ce faisant , son altesse obligera de plus en plus ledict sieur roy de Navarre et la royne sa sœur, de lui rendre l'honneur , obéissance et service qu'ils lui doibvent. Ce qu'il a pryé le sieur de Laverdin de lui déclarer plus amplement, dont il lui fera ceste faveur de le croire , selon l'ancienne cognoissance qu'il a du plus intérieur de son cœur.

Comme aussi a pryé ledict sieur de Laverdin de tenir son altesse bien particulièrement advertie de Testât des choses de deçà , tant pour le soing qu'il lui a pieu avoir de les pacifier, que pour le bien que peult apporter l'entremise de son auctorité contre les troubles qui y semblent naistre.

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