PROCES
A sçavoir.
Pour le principal, lors de l'éviction, soustiennentque ladicte moitié du jardin évincé a esté vendue comme de faict, et aussi qu'il appert la somme de. ...» »
Deux exécutoires de despens, payés du jour ou peu après ladicte éviction, montant ensemble à la somme de » >»
Demandent les despens, en défendant ceulx en sommation, et de la présente poursuite qui doibt du moins pouvoir monter à la somme de. ...» »
En conséquence, demandent les dommages et interests procédant à raison de ladicte éviction, faicte i6anssoubsou environ, pour la non jouissance de la part du jardin évincé , à raison de 20 livres par an, qui seroit pour lesdictes 16 années. » »
Plus les interests des deniers déboursés, en defendant contre les sieurs ***, originaires de ladicte année, montant du moins » »
Somme TOTx\ LE. . . » »
Dient qu'en baillant argent comptant, ils re-
mettront toute la susdicte somme.
A quoi l'on a encores conclud, attendant la volonté sur ce, de mon dict seigneur Duplessis : en conséquence , demandent les serviteurs dudict sieur Poquelin, et font apparoir comme par sentence obtenue au bail et siège presidial de Senlis, le 26 juin, signée Laurent, en icelle damoiselle Françoise du Becq est condamnée provisoirement, et en vertu de deux défauts obtenus avec sentence , à payer au susdict serviteur Poquelin la somme de cinquante deux escus vingt cinq sols, sur plusieurs ceduUes et mandemens de ladicte dame du Becq » j)
5i8 ' PROCES.
Plus, demandent les despends de la poursuite pour l'obtention de ladicte sentence, qui se peuvent monter à la somme de » 'j
Les interests de ladicte somme appartenant à mineurs, montant du moins à pareille somme de. » »
Pour le regard de la susdicte somme de cinquante deux escus vingt cinq sols , je crois qu'en la payant l'on demeurera quitte, moyennant que ce soit en bref.
J M. de Montaigne, en ï an i584-
Monsieur , nous avons ouï M. de Bellievre. A dire vrai , il n'a proposé aultre satisfaction que l'indignité faicte à la royne de Navarre , et l'auctorité et liberté qu'a ung roy à l'endroict de ses subjects. Raison , comme vous sçavez, qui tient plus du vinaigre que de l'buiie, et malpropre à une plaie si sensible , et en partie si nerveuse, et, je ne sçais si j'ose dire, peu convenable i à la grandeur de nos princes françois qui ont tousjours attrempé leur souveraine puissance d'une équité gracieuse , et n'ont jamais disposé de l'honneur de leurs moindres subjects que de gré à gré. Toutesfois le roy de Navarre a voull eu monstrerqu il aimoitmi£ulx rendre le roy satisfaict , que de l'estre en soi mesmes. Et , pour cet effect, s'est resoileu de ployer son honneur soubs le respect de ses commandemens. Se resolvant d'aller voir et recevoir la royne sa femme, en sa maison de Nerac : seulement qu'on levast les garnisons qu'on avoit mises aulx environs, tant afin que ceste réception n'eust aulcune apparence de force , que pour la seureté de leur séjour. Vous sçavez s'il est civil de la recevoir
LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc. 5 19
en maison empruntée , ou incivil de demander libei;té en la sienne. M. de Bellievre toutesfois en a faict difficulté très grande; et, de ce pas, a esté despeché, ce jourdliui, M. de Clervant vers la royne de Navarre, et delà tirera vers leurs majestés, lesquelles, à mon advis, se représentant le faict passé, et le considérant en la personne du roy de Navarre , ne le vouldront esconduire en si petit accessoire , puisqu'en chose de telle importance il a cédé le principal. Jugez en quelle peine ces gens nous mettent. Nous avions reduict tout à meilleur poinct que presque il n'estoit à espérer , et maintenant ils marchandent sur ung rien, et nous font perdre crédit, si nostre sincérité n'estoit bien cogneue envers nostre maistre. Je remets le tout à Dieu, monsieur, lequel je prye , etc.
De M. de Laverdin , s'en allant vers son altesse.
Du 20 janvier i584« Le sieur de Laverdin dira à son altesse ce qui s'est passé en la negotiation du sieur de Bellievre avec le roy de Navarre , pour le regard de la royne sa femme, comme celui qu'il a désiré estre présent à la pluspart des propos qui se sont passés entre eulx, afin qu'il peust tant mieulx représenter et tesmoigner à sadicte altesse la raison à laquelle il s'est soubmis pour donner contentement à leurs majestés et à sadicte altesse.
Mais particulièrement qu'encores que ledict sieur de Bellievre, parlaveneue duquel il attendoit quelque satisfaction de l'indignité faicte à ladicte royne sa femme, ne lui apportant telle qu'elle lui avoit esté promise, et
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qu'il s'asseure que son altesse jugeoit estre requise ; ce , nonobstant ledict roy de Navarre , pour leur satisfaire plustost qu'à soi mesmes , se seroit resoleu de voir et recevoir sans délai ladicte royne sa femme, en sa maison de Nerac. Seulement qu'on levast les garnisons mises fraischement es villes circonvoisines, en aulcunes desquelles n'y en avoit poinct eu , mesmes en pleine guerre ; tant pour la liberté et seureté de leur séjour audict lieu de Nerac , que pour oster occasion à ceulx qui n'en avoient desjà que trop , d'estimer que ceste réception feust procedee d'ailleurs que de bonne volonté et de la raison. Chose, après ce qui s'est passé, peu convenable à son honneur et à la réputation de la royne sa femme.
Là dessus , son altesse jugera, selon sa prudence et équité , s'il seroit bien séant de la recevoir en maison empruntée ; et s'il peult estre trouvé mauvais de demander quelque seureté et liberté en la sienne propre. Et toLitesfois a trouvé, ledict sieur de Bellievre, une grande difficulté en chose si raisonnable. Tellement que ledict seigneur roy de Navarre auroit despeché le sieur de Clervant vers leurs majestés, pour leur faire entendre le tout bien amplement; auquel aussi il a donné charge de visiter à Agen ladicte royne sa femme.
Espère, ledict seigneur roy de Navarre, que, quand leurs majestés auront bien considéré le debvoir où il se met de leur complaire , jusques à ployer son honneur propre sous le respect de leurs commandemens, elles ne vouldront, estant obeies et satisfaictes au principal, l'escoiiduire en ung petit accessoire qui ne leur importe rien, lui qui raisonnablement pouvoit faire instance d'est re deuement satisfaict premier que passer si avant. Mais que comme il a pieu à son altesse entrevenir
A M. DE LA.YERDTN. 59.1
en cest affaire , ledict seigneur roy de Navarre le supplie aussi très humblement d'y voulloir tenir la main, attendu qu'il y va si avant de la réputation tant de lui que de la royne sa femme , qui leur est commune avec son altesse. Et mesmes que le respect qu'il lui désire rendre, l'a en partie faict passer par dessus les obstacles qui se rencontroient en cest affaire , ainsi que ledict sieur de Laverdin lui saura dire plus particulièrement. Est marry, ledict seigneur roy de Navarre , que son altesse n'ait receu tel contentement qu'il eust esté à désirer par l'entreveue de la royne sa mère; espère toutesfois que ses remonstrances ne seront sans fruict, non seulement pour le regard de son particulier, mais aussi pour le bien et repos de toute la France; mesmes maintenant que le roy délibère sur la reformation générale de son estât, auquel nul n'a plus d'interest , ni peult ou doibt , par conséquent, apporter meilleur advis que sadicte altesse.
Surtout se confie le roy de Navarre, que les conseils de son altesse tendront tousjours à l'establissement de la paix , quelques préparatifs qu'on voie çà et là d'une guerre, ne pouvant icelle estre mieulx maintenue que par celui qui l'a en partie faicte.
Quant audict seigneur roy de Navarre, il ne fera rien, comme il espère, qui puisse ni doibve changer la volonté que sa majesté auroit jusques ici montrée envers icelle, encores qu'à la vérité il ne veult et peult dissimuler qu'il paroist des effectsen divers lieux qui seroient suffisans , sans l'asseurance qu'il prend de l'intention de sa majesté, de lui donner ombrage.
Pour la fin, ledict sieur de Laverdin asseurera son altesse que ledict seigneur roy Navarre ne désire rien plus que sa bonne grâce , laquelle il s'essaiera tousjours de