A MM. DES EGLISES DE LANGUEDOC
salué, pryerons Dieu , messieurs , vous avoir en sa saincte garde.
De Sainct Germain en Laye.
A M. de Chas ti lion.
Du 14 novembre i584' Monsieur , nous n'avons encores peu rien faire en nos principaulx affaires, parce que sa majesté n'est en ce lieu de Sainct Germain , où avons esté assignés, que du 8 de ce mois, et M. le comte de Laval, vostre cousin , a eu quelques accès de fiebvre qui l'ont retardé elles lui; il pourra estre ici dans deux jours, et lors nous supplierons sa majesté de nous voulloir ouïr. Cependant , tout bruït ici des remuemens de Languedoc ; qu'il y a forces et artillerie aulx champs de par M. de Montmorency ; que plusieurs de la relligion s'y embarquent , nommeement les sieurs de Lecques et Porchères ; que vous mesmes vous y sériés adjoinctsurce qu'il vous auroit esté remonstré; que ce n'estoit qu'une particulière querelle , en laquelle ne pouvés desnier l'office de parent ; et la chose se rend d'aultant plus odieuse , que sa majesté déclare avoir accordé à M. de Montmorency, par la depesche du sieur de Pontcarré , tout ce qu'il demandoit. Là dessus donc nous sommes appelles, et respondons que ceulx qui vouldront croire le conseil du roy de Navarre, ne troubleront poinct la paix; que nous pensons que les églises de Languedoc y déféreront, et quant à vous, que nous nous asseurons que ne vous lairrés emporter aulx mauvais conseils. Aussi sçavés vous, monsieur, combien ces remuemens
à ceulx de nostre relligion seroient mal à propos ; qu'il nous fault tascher au contraire, par tous moyens, d'effacer la mémoire et les cicatrices des troubles; qu'en l'assemblée de Montauban , tous attentats particuliers ont esté publicquement condamnés; que le roy de Navarre , particulièrement , n'auroit rien tant recommandé à ung chacung que de s'en abstenir, et généralement de tout ce qui pourroit tant soit peu esbranler la paix; et puis vous n'ignorés poinct combien cela defavoriseroit nostre negotiation , en laquelle vous avés particulier interest. Cela nous faict confidemment affirmer, monsieur, que, veu vostre prudence, vous estes trop esloigné de tout ce qui peult empirer les affaires de Languedoc ; veu mesmes l'amendement qu'avés tousjours tasclié d'y apporter, comme de faict nous aurions entendu , et l'avons dict à sa majesté , que sériés allé trouver le roy de Navarre sur ces nouveautés. La somme a esté que sa majesté, après plusieurs propos, nous a commandé d'escrire au roy de Navarre, co?nme aussi elle lui escrit pour s'employer vers M. de Montmorency à pacifier les choses. Et proteste, sa majesté, n'estre aulcunement son intention d'affectionner l'ung contre l'aultre ; ains d'attribuer à ung chacung ce qui lui appartient, ce qu'il pensoit avoir suffisamment faict par la depesche de M. de Pontcarré , laquelle, je crois, vous aura esté communiquée ; et quant au chasteau de Sassenon^ qui auroit enaigri les choses, qu'il commandera qu'il soit démantelé, afin qu'elles soient ramenées aulx premiers termes. Pareillement à vous, pour y aider, selon la bonne affection qu'avés faict paroistre par ci devant, et nous a dict ne voulloir croire qu'ayés changé ccste intention depuis, mesmes avoir bon tesmoignaige du debvoir qu'a faict le sieur de Blerle. Les