CCXVIII. — * LETTRE
De M. le duc de Rohan à M. Duplessis.
Monsieur, le voyage que j'ai foict à Rennes, pour me trouver aulx estais de nostre province, m'a em* pesché de vous eschre durant ce temps là; mainlcnaïkt que je suis de retour, je vous dcspcselie ce lacquais exprès pour Vo.u& apprendre de nos nouvelles. Je vous .dirai donc que je suis de retour de Rennes , oà il y a eu forces brouiileries et mésintelligences, sans que la reconciliation de MM. de Yendosme et de Brissac aye adotilcî aulcune chose; et certes, je crois que ma pre* sence n'a poinct nui pour faire passer les ciioses doulcément , tant les esprits estoient et sont enqores altérés. Bref, j'ai donné du contentement li M. de Roissy, lequel promet de rapporter veri^blement mes comport;eineDS,4!^feurant que la.roj^pe m^en sçaura^gré; .pour le moins me suis je efforcé de là servir. Mondict ;&ieur de Hoissjr vous verra s'il peult, par lequel vous apprendrés toutes les particularités. Pour les auhres nouvelles, et qui principalement nous couceîment, je vois que mal à prppos on esuieut ceulx de Guyenne, desquels, comme aussi ceulx de Xaintonge et Poictou , s*inleressent en l'affaire de Nismes, et à cause du peu de justice qu ou nous faict, demandent fermement une jassemblee générale. Certes c'est une chose estrange des longULuis qu on apporte à la court. La royne m'a faict l'honneur .de m'e&criie touchant i'afiairp de J^ismes et le synode de Basse Guyenne, comme aussi M. deVilIeroy, je leur ai donné mon advis en homme de bien et sans passion. Je m'asseure que voui^ auré$
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faict le mesme. Si de divers endroicts l'on voit telle correspondance , Ton y aura es^ard. Ce /qui mutine le plos est Feicces commis à TEglise de Sainct Berthémieu , appartenante au comtç dç Lauzup, Jil, de MoQtauzier est allé en Guyenne pour les empescher de prendre quelques resolutions qui ressentent plustost leur juste douleur que la patience. J'espere d'estre encores ici quinie jours , pour ce que MM. de Montbazon et de Relz me doihvent venir voir; après cela j'irai en XainlongQ) où j'apporterai ce que je pourrai pour maintenip toutes choses en leur debvoir, et là attendrai ies nouvelles de la court. Le conseil de cesle province s'est assemblé en ce lieu, oii je leur ai monstre vostre advis sur rassemblée générale, et les sentimens des aultres provinces. Ils font re^ponse à ipessieurs nos députés generautx, qu'ils ne peuvent rien Ranger à la résolu* tiotf de Saulmur, qui est de la demander , veu smtotit le peu de justice qu'on a sur le mémoire que lesdicts député» ont donné ao conseil « des pl^iofcles de toutes nos pr6vinces , lès pryent dans trois mois dè leur &f re response de ce qu'ils auront obteneu; leur recommandent raf&ire de Nismes et celle de Sainct Berthémieu, comme compatissant aulx persécutions de leurs frères; et pour la tin , leur recommandent Taffaire du temple de Rennes. Voilà le suhject de- leur lettre. Ce n'est pas
que nous ne jugions bien que ladictc assemblée est de difficile obtention durant la mmorité du roy ; mais Ton ne peult moins que de la demander pour ne se despar* tir du droict qu'on a. Quant au synode national, il se prépare^ y avoir de très bons députés, ceulx de Basse Guyenne, du Bas Languedoc, du Dauiphiné et des Sevenes sont tous très bons; Ton m'en a envoyé les noms aussi de cêuk de ceste province; de fiiçon que
l^dicifynode. nom pourra grapidemeiit servir, povrveii
qu*il soit bien instruit; surtout il faut prendre garde qu'il ne soit preveneu par ung brevet., atia qu il n'aye pouvoir dc! nommer des députés nouveau^, pourœ
qu'où lire que ce seroit nous oster une assemblée gene- Éralc^ Top en nomnieroit qui m vauldroi/^at le» uostres, lesqueU ii fault garder ju^ques i ce que, par une os^ semblée générale} nous eu changions, etc.
CCXÏX, -^LETTRE Dû madame de Jiohan à M, Duplessis^
Moiîsiisijaf j'e$tpi4 preste à vpus escrire, lorsque j>i reeeu la lettrp que M. Marbaiilt m*a apportée de
vostre part, pour vous faire entendre le recueil que
j*avQis eu ici et Testât de nos affaires, j'ai esté fort aise d^entretenir ledici aieur Marbanlt , et vous suis de plua en plus obligée de la continuation de vo^ bons.oflices ,
dont je çq'estpj^ ^dcsjà apperçeue; ear poiy le regard de M. de Rouvray , il n'est possible de me plus obliger * qu'il faiqt. Pour les imni§tre§ de Testât, j'en ai aussi receu beaucoup de bçknnes paroles, et surtout de eelu» à qui vous avé^ dernièrement esorit , lequel s'est ouverl avec piui> de franchise qu'au|(;ung des aulues. La royne m'a aussi £| jet tort bonne chère 9 et ma monsU'é beau^ coup de bonne volonté envers mon fils. Somme, je crois que ses affaires seraient en bon train, pourveu qu'il s'aidast; mais il y a des gens qui y apportent -beaucoup d'obstacles. J'ai sceu le desseing d'uug nouveau cercle ; on dictque c'est sur chose de fort peu, tellement qu'enfin ils rendront de Roban, a il les veult
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croire, exécuteur des passions de chacung. Si M. Duplessis pouvoît rompre ces desseings et empescher
qu'on n'abusast ainsi Je la cause publicque, ce seroit ung grand bien. Surtout je crois que vous debvés bien regarder à la deputatîon du prochain synÀ'de ; car il ^ en a qui s'attendent encores d'y brouiller. Je m'attends bien^ que jamais il n'y aura bruict du voyage de M. dé Rohan en court, qu'on ne* suscite quelque brouillëriâ pour Tarrester, lui faire faire les affaires des nuUies auk despens des siennes. Je despesche dans ung jou^^ ou deux La Ferté vers mon fils, pour l'advertir de ce qui se passe ici, et pour aulti t s siennes affaires. Madame de Kohan lui mandera par lui bien, Amplement son opinion sur tout ce que dessus; mais ce qui traverse ses advis, c'est que ladicte dame et M. Durand ne sont pas bien ensemble, d'autant que la partie de M. Haultefontaine i^'a voulieu faire ce qu'on de^iroit ; èt pour ceste raison M. Durand ne voit poinct madame de Bohan; comme si madame de Rohan pouvoit faire l'impossible; et quand elle le pourroit, s'il . debvoit y apporter aultre chose que la persuasion. Voilà comment les plus sages se laissent emporter à leurs passions. Ladicte partie a proposé à M. de Rouvray d'en^ trer en accord, si on lui veult délaisser 'Bë^Wiîx.' M. de llouvray m'a dict, ayant rcu cela rejeté par BL de Saugeon et (comme je crois) par M. DurahU,' qu'il croyoit que ceste demande se debvbîi remettrè ' en ung aultre temps. Mais Desgrustieres dict qu'il ne le diet que par ouverture et pour racheter sa poui^suite, laquelle il sera aussi aise de continuer que d*avoir ledict BeauYoix. Voilà les ternies où nous en sommes- Je ne doubte poinct qu^on ne vous mande bien amplement ce qui s'est passé à la veneue des députés de
A. M. DUPLKSSIS. 461 Nismes, et la 1 bonne espérance qu'on a de cesi affaire , etc.
Du a3 novembre 1 6 1 3.