‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 103 sur 142 · CCXXI. — * LETTRE De M. DiipleUis à ilf. le dm de Rohan · texte numérisé non relu

CCXXI. — * LETTRE De M. DiipleUis à ilf. le dm de Rohan

MoiNsiEUR, je vous suis obligé du soing qu'il vous plaist a\ou^ de uie despartir de vos nouvelles; puisque 'VOUS aviés à vous trouver auk estats, ces mesintelli* gences ne seront veneues qu'à propos pour y faire paroistre vostre prudenCu et vertu ; et est du service

464 hETTRE de leurs majestés que cela leur soit bien représenté ; ce que je ne fauldrai de faire gouster à M. de Koissy y si j'ai le bonheur de Icrvoir ici. J'ai eu des lettres de lav royne de mesme snbject que eelles qui vous ont esté escrites; j en ai envoyé copie à messieurs nos députés generaulx. Je pense en ma response, gardant le respect que je doibs, n'avoir nen onblié k remarquer, ni pour les causes des incouveniens , m pour les remèdes.' Nostre province a escrit aulxdicts sieurs députés generaulx, en ce qui est de rassemblée générale, conformement au mémoire que je vous ai envoyé, approuvant la demande d'icelle, et les exhortant de presser Pexecution des choses promises au gênerai , et la re« paratiOD des griefs des provinces; quoi n'estant satisfaict en dedans deux mois, ils en fassent nouvelle et vive instance ; s'intéresse au reste aulx afiâires du Bas Languedoc et de Basse Guyenne, mentionnés en vos lettres en très bons termes; et vous dirai de plus, mon* sieur, que depuis quattre jours, sur l'occalsion du trouble qui est donné à M. de La Force , en Bearn , j'ai faict encores une despesche, qui ne sera poiuci inutile. Vous avës eu la copie du mémoire présenté par M. de Rouvray ; il a esté examiné pendant quelques jours, et pour la pluspart recogneu bien fondé et accordé; sur quoi on desireroit qu'il despeschast aulx provinces > mais il a remonstre prudemnieul qu il n'estoit pas tant question de concessions que d'exécutions; et pour ce, qu'il ne pouvoit sans en voir une realité; et sur ce poinct doibt on maintenant travailler à Fontainebleau. La aussi sont attendeus les députés, tant de la province du Bas Languedoc que de la ville de Nismes; ceulx ci retardis pour la création de leuis magistrats, parce que le premier consul en esl chei; ceuix là pour voir

A M. DUPLESSiS. 4^^ rissue d*une assemblée d«s partisans du sieur Bertî-

cheres, permise par M. le conneslable, }>renant le tillre de la noblesse. Mais je les pense désormais arrivés. £t quant à vostre advis du brevet qu'on vouldroit accorder à nostre synode national pour ia uoiuinalion des députés generaulx, pour les mesmes raisons je ne les* time convenir; lesquelles nommeement , avec quelques aultres, j'ai représentées ici à M. de La Milietiere.

Je viens au cours du monde. Monseigneur le prince a esté ici qui m'a teneu force bons propos; surtout de la nécessité d'une vraie et sincère réunion entre nous, et pour le bien de Testât et pour le nostre. M. de Sully l'avoit veu à Ghasteauroux, duquel il me parla comme bien content. Il faisoft estât de repasser par ici, ayant veu ses maisons de Jiocheiort et de Graon; mais M. de Nevers lui envoya ung gentilhomme exprès pour près-' scr son retour. La royne aussi ung valet de pied, qui lui feit prendre son plus court par Vendosme. C'estoit pour Tafiaire de *Montferrat, sur lequel sa majesté se veult resouldre. Le duc de Savoye et le gouverneur de Mikn, pressant Casai d'incommodité et tenant forces en campagne, telles qu^oultre le duc de Mantoue, les Vénitiens et le duc de Florence s*en escrient, et cela cependant en mesme temps que TEspaignoi presse l'eschange des princesses. M. de Nevers a^ris 3oOyOOo escus sur son bien à ce subject.

Vous aurës sceu le deces de M. le mareschal de Fervaques. M. de Montbazon a la lieutenance générale de la Normandie; M. le marquis d* Ancre Testât de mareschal; et donne on recompense à M. de Souvray du brevet qu'il en avoit, etc.

Da a5 novembre i6i3. - MiK^ DS Dimsitit-lfoA>AT* Tous xii* 3o

466 LETTRE DE M. DTOLESSIS

^ M, MariauU.

M. Marbault, e*est attendant IWclinaire. J'ai eo ung tac^uais exprès depuis trois jours de M. de Koban ; il me donne ad vis de oe qui s'estjiassé, tant auix estats de Bretaigne qu'au synode de sa province^ aussi de

son jugement sur nos affaires publicques^ me teque* rant aussi du mien* Je lui ai satisfaict sur tous «es poincts y me tenant dans les termes que je vous ai tenus et à M. deRouvrai. Il faict estât d'aller dans dix jours à. Sainct Jean, et là attendre nouvelles de madame sa m^re. En mesme temps a passé ici M. de Boissy, qui m'a dict avoir charge de la royne de me voir, tant de boMche que par instruction , me tesmoigner le contentement qu'elle a de mes procédures, et la confiance qu'elle en prend pour le service du roy et sien. Je lui ai discouru fort franchement de ce que j'estime estre à faire, et des inconvénients si on le néglige; et m'a semblé y tendre l oreille ; au moins m a il parlé fort lii;>remcnt de plusieurs choses; il semble content des deportementa de M. de Rofaan es estats, qui y ayent servi^de contrepoids. Je hii ai faict gouster de quelle importance il estoit qu il en rendîst tesmoignage à leurs majestés, afin qu'elles en comceussent une bonne opinion; et surtout lui ai faict instance qu'il importoit que les gratifications qu'il aura à recevoir ieussent données aulx sollicitations de madame sa mere, par où elle peult tant plus retenir d'auctorité, et vers lui et contre ceulx qui votfldroieut abuser de sa facilité. Ce qu'il m'a promis de remonstrer, et sera bon que

Page 1