‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 104 sur 142 · A M. MARBAULT. /[G · texte numérisé non relu

A M. MARBAULT. /[G

vous^en disiés ung mot à ladicte dame* Surtout M* de Bohan , lui ai faict sentir que detix choses lui tenoient au cœur; que Tabolition de Haultefontaine passast devant le grand prevost, et que pour le mariage qui se traicle, ii ait eest lionneor d*estre envoyé en Angle*»

terre; ne dissimulant poiiict qu'il portcroit très impatiemment que M. de Bouillon lui feust pre&ré ; et sur cela vous pouvës assurer madame de Rohan que je n'ai riea obmis à dii e, selon mon humeur, ne me pouvant lasser de bien iaire. Ce mesme jour arriva ici M. la mareschal Laverdin , pour acquitter ung voeu &ict auU Ardilleres, en l'extrémité de sa maladie. Il m'envoja visiter; mais je ne le peus voir; d'abord, parce que j'avois pnosté mon carrossa à Ut de Boissy, qui m'avoit, faict l'honneur de disner céans. Le lendemain je le feus> trpuver sur les neuf heures i et me feut dict qu'il ne «'«sveiJleDost enoores d'une houne heure. Ainsi je m'en revins au chasteau. Levé qu'il feut , il alla à ses devof tionsy et passa lapres disnee au jeu, comme je crois , en m'attendent; et enfin sur le soir m'envoya des ex* cuses^ que sa foible:^se lui avoit osté le moyen de me venir voir. Ainsi partit hier matin, et me vinrent voir plusieurs de sa troupe, nommeement 'M, de Bouille son beau frère, fort honoeste gentilhomme, qui s'en alla fort satisfaict d'ici, et bien marri qu'on navoù eaveiUé mondiet sieur l9.maresobal,}Wii4uel ilremooatra «este iâulte. Partant il m'envoya M. de Marscm, me faire sou adieu. Au reste, toute aultre courtoisie n'a poinct manquee de ma part. Ge què je vous dis, parce qu'on en pourroit deviser; et noteras qu'il a fiiict tout ce voyagea cheval, sans jamais entrer en son carrosse; €t yws içirvëa combien il m'importe de garder mesure

468 LETTRE DE M. DUPJLESSIS

là où je suis. J'oubliois à vpus dire que M. de Rohan m^a mandé que M. de Montauzîer est allé en Basse Guyenne, sur laffaire de Sainct Berthcniieu, pour tenir la main quUls prennent plustost conseil de la patience que de la }u8te douleur. C'est une paroisse de M. le comte de Lauzun, oii on a empesché Texercice de la relligion violemment, soubs ombre qu'il y auroit cessé quelque temps , et je ne cuide pas , quand nostre droict lui sera remonstré, qu'il s'y opiniastre (s'il n'y a quel- ' que mystère); car tous ses subjects sont de la relligion en ses aultres terres assises entre Garonne et Dordpgne; mais en tous cas, c'est gibier de nos députés, et je crains s^accordant bien avec le comte de Sainct Pol , quMl ne nous veuille administrer prétexte.

Ma lettre estant veneue jusqu'à ce poinct, est arrivé Lafin , venant de Bretaigne. Il partira demain pour Paris; et par lui vous aurés des lettres pour MM. de Puisieux et de Lomenie. Il asseure que M. de Rohan part lundi pour Sainct Jean. Pour la lettre signée Boesse Pardaillan , je la crois véritable; c^est une dépendance de ce que je vous ai escrit de M. de Laforce, et n'en doubtés aulcunement, car ceste signature Targiie, et avoit despesché un g ministre de Beam vers lui, son prochain allié, à cest effect, lequel , par avant en toutes les aultres boutades, n*avoit voulleu prendre aulcune ^ part. On aura donc esté bien aise de l'engager par là. Le remède y est principal en deux poincts; i ung, que ceulx du Languedoc s'en retournent contens de leurs majestés, comme par vos lettres, je les en vois en chemin et bien imbus par messieurs nos députés de salutaires conseils; l'a ultre, qu'on trouve moyen de relever M. de Laforce de la tiecessité de s'assister de nos Eglises

A M. MARBAULT. .46g contre céulx qui la troublent par conséquent de ce

nouveau cercle ; sçavoir : en contenant le sieur de Grammont dans la raison « à quoi vient mal à propos la colère indeue de M, de Roqueiaure. Cependant je veillerai et travaillerai en tout ce que je pourrai, que de Poictou et Xaintonge on y contribeue de la modération. Ce sera à vous de juger jusques où vous aurés à vous en estendre à M. le président Jeannin; mais je pense aussi avoir mis la main sur la playe. Je viens au particulier. Je me sens fort obligé de la facilité que vous avés trouvée en tous MM. les ministres pour le brevet de reunion , lequel j'estime suffisant sans aultres lettres; aussi de la courtoisie qu'ils ont tesmoignee à mon fils de La Tabarriere. Ce ii'esl: pas peu que mes assignations n ayent poinct à se ressentir de non valeurs et ruynes de ceste année. Je n'ai eu aulcunes lettres de M. de Seaux depuis celles du i3 du passé, joiiictcs à celle de la royne. Ce que je dis , parce que quelques uifgs auroient peu s'esgarer, à laquelle on attendroit response; et pour ce, sera il bon qu'il le sçache. Je vous envoyé l'acte d'opposition que M. Janvier demande, et chercherai avec ung peu de Ibisir les pièces dont je me puis aider. Ma fille Desnoyers s'en allant à Paris avec son mari, passera ici; peult estre me resouldrai je de lui parler. Quant à Bonneveau, j'escrîrai à Tours à quelqu'ung de mes amis du bureau , pour sçavoir qui a expédié son brevet, et vous le manderai , etc.

Ihi 29 novembre i6i3. .

GGXXIIL ~ ^ LETTRE DE M. DUPLËSSIS

A M. Marbauk,

M. Marbauit, je toiu fiiis ce mot par La Flèche, sur line despesche que j'ai eue de Basse Guyenne , depuis que Tordinaire est parti, qui m'apprend tous les tours et détoura de ce qui ^est pasifé en la prOTÎiiee; dont il fault que je vous die que mon ame est en amertume, quand je considère nos compagnies si esloingnees de la simplicité première. Ores ne tous dirai je toute llûs* toire, roe contentant de ce qui requiert remède sur l'advis qui veint en court de ce qui s'estoit faict au synode de Saincte Foy. Feut expédié mandement à la chambre de Nevers , de pourvoir à ce que tes synodes ne s'ingérassent plus aub affaires politiques. La chambre donc délibérant du moyen, les catfaoliquas romains ont condeu faire intervenir quelqu'ung de la chambre aulx synodes; les nostres, en remonstrant les inconvénients tout évidents, à interdire à toutes assemblées ecclésiastiques (sans déterminer lès nostres)^ de sHmmiscer en aultres affaires qu'ecclésiastiques, le tout soubs peine de désobéissance; et là dessus sont demeurés partis, et a esté despesché en court. Ores sçais je bien que messieurs du conseil sont trop prudents pour acquiescer à la cônclusion dés conseillers catholiques romains, dont s'ensuivroit infailliblement de h rumeur, de tant plus qu'elle contrarie à la teneur du brevet des synodes, et interesseroit généralement toutes nos Eglises. Mais il y a plus, qu'ils feroient tomber touti» la peine là oii il y a eu le moins de coups, «estant certain y que le synode pour la pluspart a résisté à ceste procc*

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