‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 105 sur 142 · A M. MARBAULT. 4; I · texte numérisé non relu

A M. MARBAULT. 4; I

dure, emporté par le conseil, où ils estoient dix sept d'ane voix ; et neantmoins on tasche maintenant de les eschauffer et intéresser soubs ombre de caste conclusion desdicts conseillers catholiques de Nérac; comme - de iàîct lorsque ledict conseil , assemblé à part, concleut la convocation du cercle pour le premier de lan, il feut tiré serment, foi^jt e:[ipres qu'il n'en seroit parlé à aulcung, jusques après la dissolution du synode, don plus que de la resolution y prise des despesches ^our les provinces voisines et vers M. de Rohan, poor le faire revenir à Sainct Jean. Importe donc, comme vous voyés, de feire distinction entre les actions du conseil et du synode; et ri relut ci a esté emporté par celui là^ qu'il soit supporté en quelque sorte; et se pourroit on contenter de commander à messieurs nos députés generaulx de leup escriref^ qu'ils prennent garde desor* mais de sé contenir dam les termes du brevet à euhc accordé, et ne se laissent surprendre à ceuix qui pourrotent abuser de leur ^ele, oultre leur propre inten* tioB , laquelle sa majesté veult crotré n'avoir esté que bonne. Beaucoup de particularités me sont deduictes^ qu'il seroit lopg de vous déduire; fliois vous remarquerés celle cS sur toutes : que sur ce que plusieurs de la compagnie desireroient que le député qui avoit assisté au cercle de Là Rodielle, leur rendist compte; celui qui presidoit étourdir ce coup, et par ainsi n'a esté instruicte toute la compagnie des fauites qu'il y avoit faictes, en danger de retomber en semblable; j'estime donc que vons pouv^ vous expliquer de ce que dessus à M. le président Jeannin , taisant, comme vous le sçaurés bien laire., ce qui sera à propos; à ce que par une résolution moins digérée, ils n'enveloppent l'innocent et le coupable^ ceulx qui pounoient vouiloir le

4?^ LETTRE DE M« DUPLESSM

trouble» et ceulx que je Sjçais TabhorreTy en une

mesroe masse , etcV

Du 7 décemlnc i6i3.

A M. de Primerose.

BfoifSnerR, j*aî receu les vostrcs par M. Capel, les* quelles j'ai, fort considérées, et les semblables seront mesnagees avec discrétion; et desjà j'ai despesché là oit j'ai jugé estre besoing; ce que j'espère ne sera sans fruict. Je vois d une part que nous prenons des chemins fortgUssans; et de l'aultre, je ne vois pas qu'on soit assës soigneux d'en lever les occasions. Si fanit il tousjonrs que le droict nous denjeure, et qu'il ne nous puisse estre imputé; que nos assemblées, surtout ecclésiastiques, fassent rien , ou de reprochable, ou de moins soiîtenable. Nous avons des députés en court qui font dignement leur debvoir. Il leur est faict tort, quand on prend pour reparer nos griefs les voyes extraordinaires; lesquelles doibvent estre réservées au dt fault des ordmaires. Certes je vouldrois fort que la majorité denostre roy^ qui s'approche, nous trouvasten bon mesnage avec Testât, et qu'il se passast entre ci et là quelque temps sans contraste, pour ne donner subject à nos adversaires de porter les premières indignations et vigueurs du roy,et obliger ses premiers eslans contre nous, dont il n'y a homme prudent, mesme en Testât oii nous sommes, qui ne doibve appréhender les con- ^ séquences. D'ailleurs aussi que nous esteignissions entre ci et là, entre nous, tous ces noms et termes factieux, pour ne respirer unanimement que Je vrai bien de nos

A M. DE PRIMEROvSE.

Eglises, demeslë de tout interest particulier; et Tung et Taultre de ces poincta seroit ttng digne argumentci ung synode national, sans que pour cela il peust estre blasonné de s'estre ingéré. aulx affaires politiques, ny ayant rien qui lui convienne plus proprement que de procurer la paix et tranquillité de FEglise, et la concorde et correspondance de tous les membres d'icelle. Encores ne veulx je poinct conclure celle ci, sans tous dire une bonne nouvelle : Û.. l'eslecteur de Brandebourg reforme son pays selon nostre confession, et a commencé par sa court, où il a faict célébrer la saincte cene selon In forme du Palatinat, et ck puis a mandé trois pasteurs de la phncipaulté d'Anhalt, pour procéder à ladicte reformation par toutes ses terres. Ce com> mencement aura ses progrès, parce qu'il est aussi duc de Prusse, ou nous, avons desjà quelques Eglises, et estrotctement allié avec le duc de Pomeranie et le marquis de Cutembach , qui pourront suivre ses mouvemens. Amsi Dieu nous console au loing, quand li nous

afflige au plus près , etc.

* Du 9 décembre x6i3.

^ madame de Rohm,

» MADAsrE, j'ai receu celle qu^il vous a pieu m'es-r crire du j du présent : je ne manquerai jamais à prendre les occasions de vous tesmoigner mon très humble service, pourveu que j'aye le jugement de le remarquer; et celle de M. de Boissy me sembloit à propos. J'ai parlfe librement au sieur 4e La Ferté comme il vous aura escrit; il n'est poinct encore repassé, et je doubte

474 LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc.

qu'on le mené à Sainct Jean, où mon&ieor vostre fils est attendéu ^ et y trouTer» de» malentendeus qui requie-

rent sa bonne main; il me feit i Iionneur de m'escnre à son retour des estais , et je ne mapquai pas à lui fiiîre response et amplement et avec tonte flmnclnse;

mais je crams toujours qu'on le veuille attacher h des ailaires qu li lui seroit plus honorable et plus utile de composer que de disposer; maïs il Ikut que je yous die, madame, que de la part de la court, on correspond fort mal auk bons désirs et travaulx des gens de bien, pour b tranquillité pubHeque; or noos ne Toyons auicung advancement h l'exécution des choses promises ; au contraire tous les jours des actions qui altèrent les plus paisibles. Ge que je tous dis avec don* leur; et f 1 y a danger qu'enfin ils ne trouvent la cfuadrature du cercle, c'est à dire n'intéressent toutes les provinces k lui donner toutes ses formes , etc.

De Saolmur, ce iS deocnlwe i6i3*

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