‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 15 sur 142 · XXIV. ^ LETTRE De M. de Jaueourt de Roiwray à M. Dupiessis · texte numérisé non relu

XXIV. ^ LETTRE De M. de Jaueourt de Roiwray à M. Dupiessis

MonsisiTR , j*ai receu les vostres du a3 du damier,

ensemble celle que vous nous escrivés à nous cinq, dont j'ai estime debvoir différer la communication jusques à ce que nous voyons quel air prendront entre eulx M. de Rohan et M. Duplessis; car s'ils s'esloingnent au lieu de se rap[>i ocher , M. de Kohan pourroit en tirer l'advantage sur M. Duplessis, et donner, quelquel couleur aulx blasmes et reproches de cest advis, lequel M. de Aouvray distribuera pièce à pièce pour voir s'ilxpourra' en faire prendre le goust à ses codepu-

tés, entre lestjucls vous sçavês que tous ne sont sur ung inestne coslé; et certes, je veux croire neantmoins plus «ft la forme qu'en k chose, laqndle ne peult estre coiUredicte de qui que ce soit qui auroit de la conscience ; mais la maladie qui nous a agites, nous a renr deus si délicats que quelque bonne viande que oe soit qu'on nous baille, il ne fault pas laisser de la bien pre- ^rer« M. de Kouvray a laict voir cela , mesme en pre* seoce de M. de La Tremonille, à M. de Bouillon, qui estime qu'il se fault donner du temps pour voir comme quoi l'on sçttisliera ici au mémoire des choses promises,

qa*il estime debvoir estre enlierement accomplî, et puis après reeognoîstre et apprendre le sentiment des

Eglises ) pour selon cela les trouver plus préparées à recevoir cest ad vis, lequel il estime dangereux estre versé et mis au jour sans aulcung préparatoire. Ainsi, celle là ne sera cominuni(}uee qu'au colloque, attendant de voir plus de jour et de là bas et d*ici. M. de La Tremouille vous escrit. M. de Bouillon Ta fort chargé, et M. de Rouvray aussi , d'asseurer M. Dupiessis de son service et entieire affection. Je me remets au surplus à

ce qui vous est d'ailleurs amplement escnt de tout ce qui se passe, et me tarde de revoir mon f^ere, pour apprendre plus particulièrement de vos nouvelles et

buiii» advis , etc.

Du 2 febvricr i (> 1 3.

De madame de La Tremouille à M* Dupiessis.

MoNSifina^ j'ai receu la vostre, en laquelle vous I donnés encores ung mot de vos bons advis touchant les conseils; je la feis voir à M. de Bouillon , qui l'approuva fort » comme aussi M. le président Jeannin. Selon icelle , la royne parla en présence des députés , conforméement à cela, à MM. Du parc d'Archiac et de La Cressonnière; mais je trouve encores de la difficulté de permettre que les députés en escriveqjt aulx provinces^ conformeemeut à ce que leur dict la royne, Youltant que cela soit escrit comme venant d'elle. M. de Bouillon fera tout ce qu^il pourra àarrestercest afiaire, comme tces désireux de uostre bien, et de suivre tous bons advis I duquel M. de Rouvray les lui âûsant cognoistro ,

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il croît qu'il Tous.rand raison aussi des siens, desquels il lui faict part pour vous les faire entendre, son peu de loisir ne lui permettant de vous les pouvoir escrire« Il m'a dict de vous asseurer qu'il est du tout à vostre service, et en désir de vous le tesmoigner. Il déplore nos maladies et croit qu'il £aiult à bon escient penser de les guérir. Vous estes, monsieur, aussi propre à cela que plein de bonne volonté à y contribuer tout ce que pourras. Il fault pryer Dieu qu'il bénisse vos labeurs et touche nos esprits du désir de lui donner gloire, et quitter nos passions déréglées; la mienne sera entière à vous honorer et faire que mon fils dépende de vos bons advis. Je vous demande les vostres sur son voyage ici ou son séjour là. J'attendrai à m'y resouidre que je les aye, et vous tesmoignerai par toutes mes actions que je suis, monsieur, vostre très humble cousine à vous faire service.

Charlotte de Nassau.

Bn a febvrier 161 3*

XXVL ~ « LETTRE DE M. DE LOUMEAU

ji M, Duplesjis, .

MairSîETJB , les vostres du 28 du passé m'ont preveneu; toutesfois si j'eusse veu chose digue de vous, je n'eusse tant différé de vous escrire. Cependant j'ai escrit à M. Bouchereau ce qui estoit de plus considérable depuis son partement. Je prye Dieu qu'il bénisse vos sainctes intentions et ouvertures sur la réunion dont j*ai escrit à IM. tic Rouvray, comme à celui qui en peult estre à mou advis ung des plus importans «t capables. L'entremetteur ayant cogneu le mal jusquea

au fond et ayaat vocation plus expresse, tant pour sa charge de député que par ce qu*il receutà Privas, laquelle on peult dire à la vérité n'estre pas expirée , puisque c'est à recomniencer. Je doubte quasi si la necessiré mesme sera capable à*j attirer ceulx de deçà , qui se promettent plus que janiais, voyant la réception favorable, de oeulx qui sont allés en court, laquelle on publie ici avec insuUation à ceulx qui ne trouvoient pas ceste deputation tant à propos, et qui ne voulloient jurer par le cercle. Geste ville sortie d'un grand péril s'en va ri»tomber en ung plus grand, sr celui qui Ta délivré du premier ne la retire du second. Ce remuement des bourgeois, duquel vous aVés ou! parler, esfant par deçà commencé de paroistre éclater; ils ont dressé une requeste, signée desjà de plus de deux cens, tendant à une reformation des abus qui se coinmettoient en la maison de ville, en Tatlente et résignation des lieux de pair et d'eschevin. Il y a quelques aultres poiricts , mats celui là est le plus important , d'autant qu'il va à la bourse et à rauctorité de ceulx qui sont eu possession. Il s'y commet, à la vérité, de grands abus, et qui aurôient bien besoing de reformation; mais le temps ne le porte pas, et ceulx qui meuvent ce desseing ont ung aultre but, et tendent plustost à la déformation et submersion qu'à la refor* ^ mation. Il y a plusieurs ressorts en ce mvstere, et au dehors et au dedans, lesquels ne sont pas i ecogqeus du peuple,' non plus que ci devant celui qui nous a portes à la porte d'une entière ruyne. Il y en a deux priucipaulx; Tung vient de la court mesme, où pour le moment y est foml^nté et remué par le procureur du roy, et y en a ici des principaulx et du siège, et du corps de ville mesme,. qui y trempent L'aultre est fiu

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voisinage I et a aussi de grands et puissaus fauiteurs, comme vous pouvës juger ^ non pas loing ; car il y fn a desjà qui se repentent el sont plus sages ; les aultres persévèrent en leur mauvaise volonté ^ et cuident par ceste voy0 retourner à leur premier desseiug. Messieurs de la ville se sont proposé d'apporter la rigueur de la justice pour remédier à ce mal , et procéder par les formes contre les prinoîpaulx aucteurs ; mais ils com-* mencent à recognoistre que ceste voye n'est pas expédients M. le lieuteaaot criminel n'a poinct voulleu se joindre au civil en ceste procédure, ni travailler sinon seul; ce qui n'a esté trouvé expédient. Le civil y travaille donc comme par forme d'enqueste, en laquelle, s'il procède comme il £iuldroit, il découvrira beaucoup de choses. On estime qu'il fauldra accorder aulx bourgeois de s assembler tous ensemble, à condition que M. le maire y assiste , non comme président ou ayant voix en leur assemblée, mais seulement pour auctoriser l'assemblée, les laissant opiner comme ils vouldront Ung peu de prudenoe dissiperait aiseement

cela, veu les divers luouvemens qui k^s poussent. Mes*sieurs de la ville ont eu recours à nous, désirant que nous parlassions en public contre ces protestations des

. bourgeois; ce que nous n'avons pas jugé raisonnable, mais que, san^ apporter aulcung préjugé en ung tel af&ire, qui n'est de nostre cognoissance, nous exhortions le peuple à union et à remettre leurs protestations, quoiqu'elles feussent justes, à ung aultre temps, de peuîr de nos ennemis, ou choses semblables. Je ne s^ais cncores si nous avancerons quelque cbose; je vous en tiendrai adverti au premier jour. Ces mo^vemens apportent quelque lumière aulx preeedens. M. de Yaucelas vous a envoyé des graines^ je vous

7^ LETTRE, «ic.

supplie excuser ma curiosité, si je prends la hardiesse de vous supplier, s'il y a quelque chose des Indes, de me le communiquer ung peu ; car de là nous n'avons quasi rien , parce que les Espaignols ne sont nullement cuiieux; et avertisses vos jardiniers de ne se haster pas de semer, et de ne semer pas tout à la fois; car la pluspart des graities se garde d^une année à Taultre^ voire à plusieurs. Si les Flamands alloient au Pérou , iious aurions dans peu d*annees tout ce qui s*y trouveroit de beau, et qui pourroit s'accommoder à nostre climat f etc.

. Dd 5 febvrier i6x3.

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