XXVII. —LETTRE DE M. DUPLESSIS A madame de La Tremouille
, Madamk, je receushier au soir la vostre, vous ayant
desjà escrit; par où vous verres que je m'estois moi luesiue licentié de vous toucher mon advis sur le voyage de monsieur Yostre fils. Je persiste, madame, qu'il sera à propos que vous donniés ung peu de loisir à nos humeurs de se rasseoir , pour ne l'envelopper poinct dans des inconveniens que ces factions peuvent produire; lesquelles , je crains, aboutiront enfin à quelque folie. Pour nos affaires, mon advis seroit que nous les debvons, autant que nous pouvons, tenir en silence^ sauf pour les instances du tout nécessaire; et crois que M. de Bouillon ne s'en esloingnera pas. Je suis son ser- . viteur très humble. Je me sens honoré de Tamitié qu'il me promet par vos lettres; les choses peuvent changer de face, mais non moi, par la grâce de Dieu, de but et de procédure; et tousjours remarquera il que je ne
LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc. 78
confonds jamais le particulier avec le public. Je suis fort aise qu'on s*est aulcunemcnt accommodé pour Tatr. tîcle des conseils, il estoit nécessaire ^ et pour nous, et pour tous, etc.
Du 8 febvrier i6i3« -
XXViq. — L£TTA£ DE IVL DUPLËSSIS
^ A M, de FUlamoiM.
.Hoir fils, je n*ai pas subject de cbanger d'advis depuis vostre partement; au contraire, d'y persister tant plus, comme vous verres par celles que j'escris à H. de Rouvray et à M. Marbault. C'est pourquoi je ne \ois poinct de lieu de différer de bailler mes lett très; car que peuvent ils dire après ce qu'ils ont dict? et tout ce qu'ils dient et font nous doibt il empescher le bien de nos Eglises ? C'est trop abuser de ma patience. Ce qu'ils sçavent en leur mauvaise conscience, que j'en ai une bonne, faict qu'ils m'attaquent plus hardiment, en tant qu'impuoeement ; mais quand la calomnie va au dommage du public , je ne suis plus obligé à ceste reteneue particulière. Elle a passé aulx Pyrénées et auU Alpes , et jusques aulx Raz de Bretaigne. C'est beaucoup bazarder sa réputation que de la voulloir vaincre du seul sileq^ , et je suis fort tente de le rompre, débiteur que je suis à moi mesmes, et j'ose dire à nos Eglises de ne laisser pas scandaliser le bon nom que Dieu m'a donné entre elles. Tat* '
tendi'ai neantmoins de vos nouvelles, etc.
DuSIebviicr i6i3.
74 LETTRE D£ H. DE MiaAKDE, «le.