‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 17 sur 142 · XXIX. —^LETTRE DE M, DE MIRANDE · texte numérisé non relu

XXIX. —^LETTRE DE M, DE MIRANDE

A M, Duplessis,

Monsieur, je m'estois toujours bien promis la continuation des effeçts de la sincérité de vostre zele au bien gênerai de nos Eglises, et particulieremenl de ceulx qui s'en estoient rentleus indignes par l'ingratitude de leurs mauvaises procédures. Je loue Dieu de n'avoir esté trompé en Tesperance que j'en avois conceue. Quant à moi, tout petit que je suis,. je méprise fort tout ce qui a esté vomi contre, moi , et de calomnies et de menaces. Je suis resoleu, quoi quHl me puisse adveniV, de me roidir toujours au bien. Nous avons eu ici quelques petites trêves depuis le partement de nos députés, sans que nos grabuges domestiques ayent esclatë; mais tout à coup ung mauvais démon a rallumé nos divisions de telles sortes , que depuis quattre ou cinq jours nous sommes en* cores tous en fort mauvais termes , par des signatures en forme de ligne qu'on extorquoît soubs de iaulx prétexte des esprits les plus foibles et des manières plus frétillantes. Nous avons commencé d'y pourvoir avec courage, et semble que Dieu commence à nous faire voir quelque fruict de l'ordre que nous y avons apporté. JNous avonf neantmoins grand besoing de redoubler nos pryeres à Dieu, à ce <|u'il dissipe ces nuages et orages qui semblent nous menacer Jung j>lus grand mal , et m'asseure que les gens de bien ne nous refuserons pas les leurs.

Ce seroit encores Teau en la mer , que de vous es-

criitô d'aultres nouvelles ^ etc.

4 Du 8 febvrier i6i3.

LETTRE DE M. DUPLESSIS, eic 76

A M, Marbauh,

M. Marbault, les vostres du %^ noua çnt esté ren* deues par M. Bonneau le 5% et vous aurés peu voir mon fils de Villarnould lë 3% par lui aussi entendeu ma disposition, en laquelle je persiste de plus en plus au regard de .M, de Rohan, paice'que je suit adverli de divers lieux, que les practiqnes continuent, et que je reçois lettres de personnes d honneur dans nos villes et Eglises, s'en plaignant dottkcineot de moi, que remploi (le mon nom a failli a les porter bien avant, se figurant qu'il falloit que je visse quelque profond mai ou ils ne voyoient goutte , auquel il fiUoit obvier par tcU remèdes. Pour M. de Bouillon, d'ailleurs, je doubte fort que ceste grande ardeur qu'il monstre à la réunion avec M. de Roban , ait une trop estroicte liaison avec l'instance de Chasieau Trompette et ce qui en despend; et pour moi , qui n'ai but que le bien de Testât et de nos Eglises , je ne me mesle pas volonr* tiers dans les interests particuliers, ni absolument, ni en conséquence. C'est pourquoi j'avois proposé cest \^ e](pedient en mes lettres à messieurs lea cinq députés^ qui oliligeroit nostre liaison au conseil el bien commun de nos Ëgiises , par 011 noua serions à louer ou blasroer, selon que noua nous tiendrons dedans cet bornes, ou en sortirons. Et puisque je m'en soumets à kur prudent jugement, je n'ai p^ pensé qu'aulcung peust ou abuser ou s'offenser de ma franchise. Je loue .Dieu de la bonne resolution ^ui a esté prise surdos

conseils provinciaulx , et ce mot mesme, qui a esté dict pour la provision des places, ne nuira poinct. J'attribue ce que M. Gargouilleau a porté la parole, a este espéré de venial^ qu'avoit eu M. de La Goutte, auquel il n'avoit pas obéi. M* Goduo , député du Bas Languedoc, est de mes amis, et des son pere. Je vous prye, pour Timportance dont il m*est en la province, qu'il soit par vous imbeu de mes procédures et notions, lesquelles vous ne croiriés pas comment ces bouttefeus de M» de Rohan déguisent ici par esprit atroce ; ce n*est pas le chemin d'esire bons amis. Et si je n'avois et aultre poil et aultre poids , il leur en pourroit mal prendre ; mais le public me sera toujours plus cher que ma propre réputation, et je ne veuk pas moins espargner M. de Rohan que M. de Bouillon , enqores qu'il m'est plus dur de Tung que Taultre; car je ponrrots presque dire ntM Tt«r«r. Il a esté très bon que M. lambassadeur d'Angleterre ait reprimé ces messieurs, car il est certain qu'entre les aultres folies on mettoit bien le nom de son maistre, et du feu prince de Galles, à tous les jours; cette communication de lettres avec M. de Tilleboy n'est poinct sans mystères , et de cette boutique ne peult venir que du mal. Un baron de Gascogne de la relligion a esté rencontré à Estampes, courant, lequel s'en ira faire la paix; je doubte que ce soit le baron de Gesignac. Ainsi , si M. de Kohan n'y prend garde, tout sera pour lui eschapper, et je ïçais qu'il importe grandement que non ; mais aussi fanldroit il aultrement se comporter. Hier je vis ung gentilhomme de la part de M. de La Aochebeaucourtvavec force honnestes oflres, désirant iiou^r une estroicte correspondance avec nous , et re-^

A M. MARBâULT. 77

chercher me$ advis en toute occurrence ; je Tai ren^ ' voyé fort content. Il prend UDg très bon train à Chastellerauit^ et tout aultre que le précèdent.

Sur ce poinct je reçois lettres de La Rochelle, dont je vous envoyé copie. C'est de M. de Mîrànde. J*en ai plusieurs de ceste teneur. La bonne réception faicte à MM. deBessay , Cressonnière et Duparc , se publie pour en tirer conséquence de la lascheté de la court et nostre; et que si on eust persisté, on eust eu toute anltre chose. Voilà comment de mesmes fleurs tire Tabeille le miel , et Taraignee le venin. Aussi avës vous ici copie de la lettre secrette «1 La Rochelle ; elle va partout et sans réplique ; si n^ignorës vous pas que tout civil que je suis ^ je les sçaurois bien fouetter sur le genouil ; mais Dieu me retient qui leur donne d'estre plus sages. Jugés par là oh nous en sommes ; et plm me confirme je en ma resolution, qu'en vain parla on de reunion si elle n'a ses bornes, i'amitié y rentrera selon la repentance.

Ma lettre estoit k ce poinct, quand j'ai receu les vostres par Tordmau^e, et à mesme heure est^ arrivé La Fin de Bretaigne^ s'en allant à Sainct lean^à l'as»^ signation du 1 5" de febvrier, pour laquelle aussi Le Bois par toit de Beauvais le i2\ Ne doubtés nullement que qui n'aui*a peu &ire ung cercle fera ung triangle au moins; car l.i maladie s'aigrit contre les remèdes. Il a veu es mains de plusieurs les mémoires envoyés contre moi. Dieu les leur pardonne. Je suis d'advis que M. de Rouvray et moi mesnagions bien la créance cju 011 veult^ prendre en nous pour le bien de nos Eglises. Selon les propos à lui teneus par M. le chancellier , vous le pourrés bien asseuier que je n'y manquerai pas, selon

les advis que j aurai de lui. Cependant ii nous iault

tirer uhlité de ce bon air tandis cju'il dure, et pour mes affaires et pour mes gendres, desquels Je suis fort aise que vous ayés entamé le propos à M. le président Jeaonin, que M. de Villarnould et vous sçauriés bien poursuivre par la méthode dont nous avons cosvenea ensemble , etc.

Bu Sfebvrier 161S.

A M. Marbault.

M. Marbault, je reeeus hier les vostres par Bougoot , et ne puis laisser aller M. de Monimartin sans oelle-ci ,

qui préviendra Tordaiaire par lequel vous en avés une plus ample* La Fin part ce matin d^ici , qui se va rendre pour M. de Montharot à Tassignation des quattre piH>viuces à Sainct Jean. C'est pour ouir le rapport des députés en court et en juger. Le Bois partoit le la* de Beauvais, à mesme fin. Il est à craindre qu'on n'y attache et relie le cercle sur les interests pretendeus par Basse . Guienne au faict de Tartas ; à (jpaot M, de Aouvray sçaura pourvoir, car ne vous imaginés poinct que nous soyons encores sages. J'ai parie à La \ modereenientf sur les justes plainct^s que j'ai ,à faire dft M. de Rohan , parce qu il I a\ oit entreteneu des siennes. La principale est mon voyage second à Sainct Jehan et à La RocheUe, oii, de partie que je debvois ettre, m'estois porté médiateur; ainsi soiaiucs nous lapidés pour ung bon œuvre. Madame de Kohan a envoya le sieur Duverger Malagues vers M. de Rohan , pour iei^liorter à reprendre avec moi, et se dcjulon de ce qu'il y a si mal vescu; il passa le 4"" ^ Mantes^ où il veit

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