À M. MARBAULT
ung de mes amis , âuquel il donna charge de le me dire^ et debvoit arriver le 8* à Sainci: Jean. Il m'est fort particulièrement affectionné ; son arrivée se sera rencontrée à peu près avec celles des sieurs Dupatc et Cressonnière; nous verrons ce qu'elles produiront. JMais je redoubte toujours de m'y rattîicher, pour servir déboule au derrière d ung singe , qui soit en danger d'emporter boule ët tout ; mais bien pour renouer amitié n'y refuirai je pas pour le bien, soit apparent, soit effectuel de nos Eglises. M. de Montmartin vous contera une escapade nouvelle de Hautefonlaine en plein théâtre , dont M. de Kohan l'a grondé quelques jqurs, et lui, M. de llofaan , qui est fin, s'en est rappaisé; cest homme le rendra odieux partout, et non moins Le Bois ; et desjà y en a de grandes manœuvres en Xaintonge. Je viens au principal. Je vous
prye de due à M. de JVouvray qu'il prenne garde (^ue le desseing de M. de Bouillon ne soit de tenir toujours la condition des Eglises en suspens, aSn que plus aiseement il puisse branler la cbose, et les pousser à ce qu'il verra conforme à ses interests ou intentions, au lieu que nous les debvons mettre en ferme assiette , pourestre capables de toutes occasions, et contre tout inconvénient. Gè que je vous répète ici, sur le subject de vos dernières, l'incertitude de4'estat, la perplexité des bons, et leur désir de reprendre avec lious ce qu'ils ne seront pas conviés , tandis qu'ils, nous verront flotter. Sur quoi je vous dirai , que s'en prèsen* tant Toccasion ou la faisant venir à propos, puisqu'on veult prendre confiance de M. de Rouvray et de moi , je ne trouverois pqinct d'inconvénient qu'en termes précis il feist cognoislre à M. le tnarquis d'Ancre et au président Jeannin, que quand la royne le trouvera
So L£TTR£ DE M. DUPLESSIS
bon, il y a moyen, nonobstant toutes les bigarrures quils ont veues, de lasseuter de tout le parti de la relligion , avec les bons fondemens que n^agueres elle en a jettes. Ce qui servira à deux fins, l'une à ce qu'à £siuite de pouvoir prendre ceste asseurance^ elle /ne la cherche en nos adversaires, dont les conséquences sont assés cogneues ; l'aultre , à ce qu'elle ne s'ombrage des moyens que nous tiendrons pour noi^s rejoindre. £t quand nous en aurions peu discourir ensemble deux heures, je pense qu'il nous seroit aise d'en ouvrir de bons expediens i'ung à Taultre. M. de Montbarrot est bien las de Sainct Jean ; éncorés <|u*il y envoyé , c^ésl proprement ])our scavoir ce que M. de Bessav aura iaifit en son aÛaire, lequel il sçait que M. de iiouvray a proposé et recommandé dignement, et le supplie de \oull()ir continuer, et moi de très bon cœur avec lui, car c'est ung homme de mérite. L'histoire que m'escri vés, pour l'éducation de M. le comte, est notable; c'est proprement empoisonner nos sources pubhcques. Beaulieu Bonju, entre aultres conditions, est recogneu pour ung excellent pipeur, et de là est veneu à la soutane. Je m'attends que vous sçaurés prendre Toccasion pour nos af&ires, et pour ce je. né vous en dirai dadvantage, etc.
Du 10 febyrier i6i3«
XXXIL — LETTRE Dli M. DUPLESSIS
^ inadama de Rokan.
Madame , je ne doubte poinet que vousn'ayés toutes nouvelles par ce porteur, et toutesfois je vous dirai 1^ principales. Tout ce qui avoit esté promis à
A. MADiLMË D£ ROHAN. < 8l
monsieur vostre fils est arresté et s'effectue; seulement on s'attache à resloigneineat du sieur de Hautefontaine, encores crois je qu'on en relaschera. Une assemblée, teneue à Cliasteijaloux, présidant M. de Lezignan, a pensé troubler cest affaire; mais M. de Rouvray a remonstré que c'estoit une branche dont Ja racine avoit esté coupée à Sainct Jean, partant, qui secheroit aussitost; et par ainsi la déclaration abdit encores ceste nouveaulté^ seulement qu*on n*y revienne ' plus. Cependant nos députés generaulx ont eu charge dadvertir les provinces que la royne tolérera leurs conseils, pourveu qu'elles en usent modestement comme soubs le feu roy. On croit que le sieur de Bcrtichercs n'entrera poinct à Atgiiesmortes j quoique M. de Bouillon s'y affermisse; et par là, madame, tous jugés assés qu'on esquivO tout ce qui pcult porterau trouille; mais je ne m'ose encores asseurer que nous soyons sages quand nous voulions imputer à nos violences, et donnons pour fruict de nos mauvais conseils les fruicts qui nous viennent partie de la résolution de la royne à fuir le trouble, partie du labeur, industrie et ouverture des gens de bien. Et la dessus j'attends ce que nous aura produict Fassignation du i5% Je ne sçais si vous avés veu la lettre qui feut semée à La Rochelle pour esmouvoir le peuple. En tout cas, vous lavés Cl joincte; mais ne craignes poinct , •madame ^ que cela nous touche le cœur, non pas le pourpoinct» Seulement je plains les passions qui nous dounnent; et que nous nous accoustumons à trouver bon ce qui semble les aider, aulx despens de qui que ce soit, et de nos sentimens propres. J'avois escrit a messieurs les cinq députés de la réconciliation, à ce qu'ils remissent la main à la reunion , et n'estimassent poinct léor
Mjbl. DE DurjLE.SSI5-MoKIIAY. ToBin XII. (i
82 LETTKE D£ M. DUPLËSSIS , etc. .
coininlssion finie, tandis que nos playes demeureront ouvertes. Mais il semble qu'ils s'en veuillent descharger, k mon advis, parce qu'ils redoubtent la ma* lignite de la charniire, et la matière cslrange qui s'y est fourrée, capable de former ung sac à toute iieure. Dieu y mettra sa main , s'il lui plaist , etc.
Du 16 febvrier i6i3«