XXXIII, — * LETTRE DE M. D'AERSENS
Monsieur, à la vérité, nous avons tous désire que, M. de Rofaau eût pris son temps pour (aire une fin d'affaires, puisque la royne s'y estoit accoiiunodtu ; il en eust sans doubte eu , et plus de seureté au dedans , et plus de réputation au dehors du royaulme ; toutes fois nous ne recognoissons pas qu'il soit pour s'en esloîgner, puisqu^il a envoyé faire les soubmisstons , et solliciter les elFects du contentement qui lui a esté promis; mais nous craignons que, d'une part, il s'attache trop au particulier, et que de l'aultre il se laisse emporter à des conseils qui fassent naistre «ne seconde division, de laquelle nous avons desjà veu quelque eschantillon, ce qui seroit cheoir en ung nouvel inconvénient, sinon pire, du moins autant dangereux que le premier, et pour le gênerai des £glises, et pour le particulier de sa personne : certes , il est temps de se resouidre et couper aulx adversaires l'advantage qu'ils tirent de nos divisions , èncores sériés vous assés empeschés ^ unis , à cpnserver ce qu^on vous a accordé, laquelle considération a envers mes supérieurs, deu souvent me commander de m'aider de tous moyens, pour
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astreindre une bonne union de tout voslre corps })our h paix des Eglises et repos de cest estai. M. de Bouillon s'en est remis à M. Tambassadeur de la Grande Bretaigne , et à moi pour faire tout ce que nous trouverons rai<sonnabie ; et certes il y niarche'd*ung bon pied, et ne peste sinon que M. deRohan prenne une pareille résolution pour frapper nostre coup utilement ; mais j'ai Tecogneu que nos propositions n'ont pas esté receues avec tant de franchise qne nous les avons faictes, au moins puis je asseurer qu'en cestê besogne je m attache plus à la chose qu'à la personne , combien que je ne requières ni les uns, ni les aultres, sinon qu'ils mettent en effect Tunion qu'ils ont signée sur le papier ^ à l'exhortation du synode des princes : on ne sçache poinct qu il soit né depuis aulcung subjecl solide qui ait peu altérer Tamitié promise , sans cela* je fais profession de n'espouser aucunement la personne, maïs bien de favoriser la justice. M. de Rohan peult venir prendre sa part aulx affaires : il en est de la qualité et de l'âge, le pouvant plus puissamment, lui et M. de BouiUon estant joincts ensemble ^ que s ils estoient divisés, tirant chacung sa cord^; et quand M. de Bouillon ne satisferoit à ce (jue nous aurions promis, quel inconvénient en viendroit il à M. de Rohan ? Je m'as^ seure, monsieur , que vous croyés qu'ils peuvent tous deux estre plus utiles aulx Eglises , pies que loing de la court ; et en ceste constitution , que l'ordre pour le gouvernement n'est pas bien establî; mais je ne dis rien de nouveau, ni qui leur soit incogueu; ce n'est que pour tous représenter de quel Inouvement je suis poussé en cest afïaire. Je vous remercie bien humble* ment de.resciaircissement qu'il vous a pieu me donner sur ma ([uestion , laquelle je yous avois faicte à Tocca-
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sion qu'on prclcnd tirer de l'Angleterre des prétentions de madame Ghrestienne, qui sera plus difficile, puisque les filles à faulte (Vhoir mnle ont dioi( L;\ la couronne de Navarre : le traicté de mariage n'est poinct encores bien avancé ; car le roy de la Grande Bretaigoe retranche beaucoup des conditions et demandes qui lui sont faictes d'ipi , et la relligion qu'on prend beaucoup de peine de la part de la royne de bien considérer, fera grand obstacle ; celui de M. Telecteur s'achèvera le 24 de ce mois ; M; le prince Henry y doibt assister au. nom de messieurs les estats , et prendre le collier de celui de M. le prince de Maurice, qui récent le 4 de ce mois la jarretière, avec toutes les solennités requises. Nous traictons encores avec les villes anseatiques sans rien concleure; car elles ont leurs . et jalousies entre elles; neantmoins nous avons déclaré estre contons de faire ligue avec celle des villes seule qui vouldra se resouidre, d'autant qu'il nous importe de modérer les impositions du fonds , ou d'af« francliir ce passage tout à tait, s'il est nécessaire y employer la voye de faict. La succession de Juliers est capable de troubler nos confins. Neubourg , dit on , se fera papiste, est allé à Bavière demander la sœur du duc de Bavière , lequel il a faict nommer commissaire pour juger de son droict. Brandeburg cependant est en Pruysse, loing des affaires. Au pain mesmes, ce n'est que fiction pour la relligion. Messieurs les estats exhortent les uns et les anltrcs à la paix et à la concorde; mais si la France et l'Angleterre et .nos provinces ne se résolvent pas ensemble pour, par une verte déclaration, contenir Tarchiduc Albert dans ses bornes, apparemment ce particulier nous jettera en une grande et longue guerre. Nostre minorité crainct de s^embar-
A M. ÛUPLËSSIS. 85 rasser : en Angleterre on prétexte la nécessite; chez nous il y a du courage assés ; mais la prudence ne veult pas qa'on fasse rien que ies deux roys ne soyent de la
compagnie.
L'empereur mescontente les deux, relligious, et va eslre en pire predicament que son prédécesseur ; la paix qu'on attend de Perse , lui faict d'un coslé peur , et de l'aultre lui sert de prétexte pour chercher finances : les princes unis en ont peu de volonté, et se
doibvent assembler pour advisi r à leur seiirelé à Kotemburg ce 4 mars, et en avril attend on la dielte impériale , oit esclaterons les brigues d'Albert pour la royaullc des Romains. Le roy cfEspaigne ariuc paimer, les nostres croient que cest pour les Indes, les aultres pour desloger les Anglais de la Virginie; mais en Angleterre, on a désarmé les catholiques, qui depuis le décret du prince de Galles, avoient commencé de faire faction , et&
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