‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 20 sur 142 · XXXIV. — * LETTRE · texte numérisé non relu

XXXIV. — * LETTRE

De madame de Rohan a 31, Duplessis,

MoNSiKUR , envoyant ce lacquais à Tours pour quelques miens affaires, je lui ai donné charge de passer par Saulmur pour vous porter ceste lettre, et pour me rapporter, s'd vous plaist , de vos nouvelles.

Cependant je vous dirai que j'ai receu la lettre que m'a apportée de vostre part Desgruitiercs : javois desja .sceu ce qui s'estoit passe a La Rochelle et à la court, et fort bien rccogneu que si vos advis eussent esté suivis y mon fils.feust sorti plus glorieusement de

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son affaire ; mais on ne lui persuade pas cela, et il est encores sous Fenehantement : je m'asseure que vous

voyés bien qiiM n^i [)as esté consentant des libelles qui ont esté iaicts contre vous ; mais quoi qu'il y ait, ses deportemens , sans qu'il s'en apperçoive , les auctorisent aussi bien que les demandes du conseil de Poictoù contre moi, touchant Beauvais. Je vous allègue ceste comparaison comme ne me touchant gueres moins au cœur que Taultre ; car encores que je sçache bien que celan e vous puisse offenser, je ne laisse pas d'estre offensée jet de cognoistre combien mon fils s'offense en soubstenant le menton à de si malins esprits ; et ce qui me fasche le plus, c'est qu'en absenca, je n'y puis gueres apprn t( r de roniede , encores que je uc laisse pas d'y essayer; mes lettres et messages n'ont pas grand réplique : on me presse fort de passer la rivière ; mais j'ai encores Tame si blessée , que je ne m'y puis pas resouldre* Je ne doubte poinct, monsieur, que ia des* pesche que vous avés faicte a la court , n'ait beaucoup servi à faire , agréer la deputation de mon fils et de ceuljL des Eglises : je sçais combien vous pouvés, et comme franchement vous vous employés pour vos amis : je sçais d'aïUeurs combien M. de Rouvray s y employé dignement. La Ferté m'eil a mandé des coups admirables; je creus, quand je vois que cela n'est pas redogneu comme il doibt , espérer que i^einchantement ne durera pas' tousjours ; mais j'ai peur, devant qu'il finisse, que je me trouve tellenient accablée des desplaisirs que je reçois, que je ne serois plus capable d y apporter remède. Pour le regard de Desgruitteres , c'est cbose raisonnable de ne le souffrir gourmander, n^ flétrir sa réputation comme on avpullu commencer; c'est sur quoi je suis le plus offensée, et l'af&iire ne

finira poinci qu'il n'en aorte avec advaotage; car, oa les choses demeureront oofnm'o elles sept , c'est h dire qu'il demeurera pourveu^ ou bien il-aura recompense; maià en ce qui est de son honneur, en quoi il est

estrangcinent ofTensé, je vouldrois bien sçavoir ce qui se pourroit faire pour le désintéresser; car j'y tiendrai la main en tout ce qui deapeiidra de moi. lé ne sçais s'ilseroît bou qu'il feist présenter quelque requesteau conseil du roy pour faiire qu il feust ordonné que ceuix qui l'ont accusé verifieroient leur dire ; mais je craîndrois qu'après y avoir travaillé et employé du temps, cela ne s^en allast avec t'oubliance générale. Je ne sçais s'il seroît à propos qu*tl s*en feist publier quelque manifeste : je vous supplie I monsieur, de m en donner vostre advis ; car ce m*est ung grand desplaisir qu'ung homme de bien demeure ainsi vilipendé pour m'avoir obéi , tellement que vous m'obligerés fort» s'il vous plaist me donner quelque conseil là dessus. Pour la fin, nous deploroas la moit de M. de Belhune, comme àyaqt perdeu ung homme rare et très utile au public , et particulièrement à nostre> maison. Le bruict court ici que le baron «ie Lux d'à présent a appelle le chevallier de Guise, lequel Ta tué aussi bien que son frère; mais je ne le tiens pas de lieu bien certain. Je vous supplie, obligés moi de me mander ce que vous en sçavés, et de croire que vous n*avés parente, qui,* avec plua d'affection, demeure pour jamais, monsieur, vostre humble et «iffeclionnee cousine à vous servir.

Catueriite DE Partkwat.

Monsieur, je ne sçais si vous sçavés comme une despesehe de H. Duplessis,* escrivant à M. Bouchereau»

feut surprise il y a quelque temps, et mpnstree à M. de .

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Roban pour lui &ire cognoistre quexM. Daplessis le trahissoît; car il y avoit* force copies de lettres de la l'oyne (i). Dieu sçaitsi cela feut aggravé; car on trouva qu'il ne pcooedoit pas oonfidemment avec M. de Eohan ^ et qu'il ne prejudictoit pas moins qu'a son honneur et à sa vie, et aullres conséquences que ces beaulx esprits sçavent tirer* Je vous supplie ne âiire semblant 'décela, si vous n'avés eu cet advis de quelque aultre, et y apporter la disci^tioQ que vous savés y estre requise, etc.

Du* 17 Idivricr i6i3.

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