II. — -^EXTRAICT
D'une ktttre de M. Marifouli.
MoirsEiGWFUR , je viens de voir M. le président Jeanmn, et ai trouvé qu'il m'a voit envoyé chercher. Je n'ai peu encores retirer sa lettre ; mais il a voulleu remettre à la mienne, qu'ils sont resoleus de tolérer les conseils des provinces, en usant sagement, comme du temps du feu roy, dont il m'a chargé de vous asseurer, c^est
à dire que de leur part ils nen vcullent rien escrire.
Il regrette que la déclaration ait este envoyée , parce
qu'il approuve fort l'expédient qu'aviés proposé, et
que sans double on eust suivi , etc.
Du 9 janvier i6t3.
De madame de Rohan à M, Duplessù*
MonsiEUR, suivant ce que vous m'avés mandé, je vous envoyé ce porteur, lequel je vous supplie retenir jusqu'à €6 que vous ayés appris quelque nouvelle digne de le renvoyer. Dieu veuille que vous en peussiés sça-
voir de telles que vou^ désirés. Je vous remercie cepeu*
dont bien humblement. de celles que vous avës pris la peiqe de me mander. Je reoognois avec grand régtel que non seulement le patient ne Vaide pas, mais qu'il use de toute industrie pour se nuir^ ; il n'agit nullement de soi mesmes, bien que ce lui'soh une ofltnse irréconciliable de cogHoistre qu'il soit possédé, heureux s'il peult estre tiré par force de cette condition. Je n'ai poinct doublé que la haine du cercle n'ait faict , adjouster la deffcnse des conseils des provinces. Mais messieurs les circulaires seront bien niairris qu'elle feut ostee, ni tous aultres subjects de piainctes; car ils demandent principalement pour esirc lefasés. Jenesçais si Dubois se monstre modéré ou par dissimulation (comme je crains ou par craincté d'estre desadvouë de sa province, car j'en ai ouï (juelque vent , et crois que, sans le respect de M. de Kouvray, cela seroît desjà &ict La royne $e ttomperoit bien^si elle voulloit fane parler les chefs des familles, comme aulcungs tiennent qu'on a desseing d'en user ainsi en chaque province , et contraindre ceulx qui seront portés à paix de desadvouer leurs députés; qui seroit pour leur faire cognoistre leur force ou leur fott>lesse« il seroit plus désirable qu'ils la cognoissent par ce moyen, que par leur rujne. Ce qui m'en fasche le plus, est que M. de Rohan ne peult rien pour les rendre sages, et ne laisse d*estre prest, s'ils font une folie, de les aller auctoriser. Je ne pensois pas que La Rochelle coutredist Dieu. Les voilà tous bien inspirés, et garde M. de Rohan de pastir poHk* ceulx qui né pastiroient ainsi pour lui. J'avois desjà sceules advis qui lui avoient este donnés de Paris, et surtout par M. de RonVray; et ceulx qui ont ven ta iettre qu^l Ibi èscrivbit M'ont mandé qd^ellte estoit admirablement bonne. Je vous envoyé une lettre que
ML 4^ La Touache m'a escrite, par oii vous verres oom* ment eUe a esté reoeue du eerole, lorsqu'elle y a esté
mo^stree. Je vous supplie ne la poinct cûiumuaiquer et aie la renvoyer. Vous verrés par là comme leur iu* tentîon est de ne rien croire et de refuser tout; mais ^ j'espere qu il y aura quelque homme de bien ou quelqqe bonne cervelle à qui Dieu fera la grâce de ramener les inconsidérés, et vous verres encores les alarmes qu'ils i>e donnent pour La Rochelle, J'ai ouï dire qu'il y en a une S La Aochelle , si forte que ce jour là il n'y eut poinct de presche, chose qui n'e^toit adveneue depuis la }Qurxiee des eschallas (i). Pour la propositioii du voyage de . à la royne, je crois qu'il
seroit ulde; et voilà pourquoi il n'est pas désiré. Je pense pourtant qu'il sera nécessaire ; mais les amateurs de Gttibre y apporteront toutes les difficultés qu'ils pourront, comme vous voyés qu'ils font deijjà; et pour la nécessité, je ne vois aulcung aultre de qualité assés relevée, sinon II. de Soubise , qui n'y est pas propre; d'aiUeui*$ M. de Rohan pourroit escrire sa lettre plus simple , et remettre la créance sur madame de Rohan, 4ui y rendroit bien ce qui seroit requis. Cela rendroit madame de Rohan utile à faire cogaoistre à M. de IU>han ce qui est de son bien, chose que les gouver* neurs de M. de Rohan craignent surtout. Et pour TaFfiiire de Beau vais , je vois qu'elle ne se fera jamais hien , si madame de Rohan n'y est; et voilà pourquoi ladicte ' madame de Rohan se resoutt à ne refuser poinct de ce faire, si on l'en prye. Mais il y a plus de peine à y persuader les amis que les enhèmis; la principale persuasion seroit de leur rendre la diose nécessaire,
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(t) Geite nouvelle Cent fauUe. •
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comme de tenir ferme sur rarticle de Hautefontaine , et de redonner espérance qu'il ne puisse estre accordé qu'à, madame de Rohan, H seroit besoing aussi que sur l'instance qu'on fera de Beanvais, on feist que la royne mandast mademoiselle de Rohan de la Tenir trouver, et it madame de Rohan de la lui mener; car elle a bien sceu qu'elle ne lui eusl pas esté envoyée sans elle, si elle n'eust esté malade; et cela obligeoit M. de Rohan d'employer madame de Rohan en cest affaire, et fermeroit la bouche à ceuix qui allèguent ces petites mauvaises raisons. Au contraire, pour cest, effect je vous supplie, monsieur, de pryer éhcores M. de Rouvray de m*envoyer la lettre que madame de Rohan lui a escnte, ^ en sorte qu'on ne cognoisse poinct qu'il y ait rien d'accordé entre madame de Rohan et M. de Rohan , pour le susdict affaire de Beau vais; car oultre que cela nuiroit fort à madame- de Rohan envers la royne, cela t>8teroit la nécessité de l'envoyer quérir et le moyen d'en tirer récompense ; et cette nécessité de voir madame de Rohan et sa fille, peult estre utile à beaucoup de choses; et oultre celles que je vous ai dictes, au mariage de sa jeune fille et. à ce qui peult survenir entre M. de Buillon, avec lequel on cherche de rentrer en nouvelle brouillerie. Au reste, monsieur, j*ai mandé • à des Brutuboiz qu'il ne continuast plus lopposition qu'il avoit charge de fiiire pour ceste heure, et qu'il me veinsl trouver sans lui eu dire aultrement la raison. U ne fauldra pas. de vous voir en passant; et vous m'obligeriés heaucoup s'il vous plaisoit lui fiiire paroistie la difficulté qu'il y aura que Beauvais lui demeure, tant pour Topiniastreté d'aulcungs qui peult estre soubs ce prétexte seront bien aises -de porter les choses aulx aigreurs^ auquel cas sa part en scroit per-
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deqe , que pour la difficulté de mettre dehors celui qui y est pour les grandes récompenses qu'il a demandées,
lesquelles , bien qu injustement , accrocheroient lafFaire d'ici à long temps , et en cette façon le disposer à en recevoir recompense, comme de faîct je suis bien resoleue, et ma fille aussi, de la lui faire donner sur celle que madicte fiUe recevra. Tai honte de vous importuner si librement de toutes ces partîcularit<^s; mais je vous promets, monsieur , que je suis si travaillée de toutes parts pour tous ces affaires, que je me 6iis ac** croire que mes amis m'excuseront si je leur demande soulagement , et ce qui me travaille surtout , est qu'il me fiiult &ire du bien aulx gens par force, et que je n'ai poinct de plus grande opposition en ce que je veulx faire pour euix , que par eulx mesmes. Je vous ai beaucoup d'obligation de ce que vous avës pryé madame de La Tremouille de faire en ma faveur ; c'est tousjours en continuant vos soms et vos bons offices, le lui escrirai au premier jour , Dieu aidant , pour lui faire sça\oir ce que vous m'avés mande de sa bonne vollontc ; plaise à Dieu que la mienne vous peust estre aussi utile comme affectionnée à vous rendre service; mais n'ayant })lus aultres moyens pour servir mes amis, que mes pryeres, je les offre à Dieu de tout mon cœur, etc.
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