‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 21 sur 142 · XXXV.— * LETTRE DE AI. DE ROUVRAY · texte numérisé non relu

XXXV.— * LETTRE DE AI. DE ROUVRAY

A M, Duplcssis^ •

Monsieur, je juge et recognois par vostre dernière les desplaisances et appréhensions qui vous agitent, et non sans subject, pour les extravagans desportemens de M.. de Roban, et de ceulx de sa cabale, esquels le député ayant sa bonne part , il ne laisse pourtant de se forcer à n'eu rien esclater , et se promet de la prudence de M. Duplessîs, qu'il jugera bien Finterest public que peuvent avoir nos affaires en ceste division particuliere, de laquelle je vois ici beaucoup de gens qui disent qu'il fault empescher que cela n'aille plus avant ; que t6u« toutesfois j'apprends certainement d*ailletirs en faire de bons comptes. C'est une chose desplorabie aulx gens de bien , et qiri vont droictement en besoigne , de ne pouvoir aujourd'hui trouver avec qui s'attacher de mesme

(1) Cestoient les lettres par lui escrites à Ja royne , qui feiirent représentées par M. fioQchereau à Ia Rochelle, dont il f«it rougir les calojmiiiateiirs. . / . ^

liameur; mais c'est au!x plus sages de supporter les infirmes. Le député a faict voir celle que M. de Rohan tvoit escrite aulx députés du synode national , laquelle ayant esté fort goustee , M. Dumoulin fut chargé d'y faire response par les aulties, laquelle ayant faict en.ia. ferme dont l'on vous envoyé la copie , elle fut trouvée par M. Durand parler et approuver trop librement le mal des choses passées , ce qui a esté cause qu'elle n'a esté envoyée, nra que ledict ait aulcune animdsîté contre M. Dupltasis, duquel au contraire il piaiuct la douleur au maltraitement qu'il reçoit de M. de Rohan f dont il dict le plus grand malheur estre de saseparation^^* et souhaUer grandement de s'emplojer à rhabiller tout cela, recognoissant.le mal qu'il en peult recevoir, et surtout celui de nos Eglises. M. de Bouillon tesmoigne tousjourii ue désirer rien plus que de se joindre à nous; et si les pensées .respondent et s'accordent aulx paroles t le député n'en peult que bien espérer; mais c'est une grande misère de n en pouvoir avoir aulcune garantie* Vous sçaurés ce que j'ai .ici pu obtenir, pour poiv ter quelques remèdes aulx divisions de La Rochelle; à <|uoi ayant trouvé ici une grande promptitude et dis* position, j^espere tant plus que cela's'esvanouira, puis* qu'il n'aura poinct d aliment de ce costé de deçà, comme quelques uns le croyoient et craignoient Pour le surplus de toutes aultres clioae»^ je le ^em6^,à ce que vous apprendrés d'ailleurs, etc.

Du 17 febvrieir 161 S. • *

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