XLIII. — 'V' LETTRE
De M, de Fillarnould à M* Dupîessis.
Mo^^iEUR, j'avois obmis, Taultre voyage, à vous mander ce que M. de Villeroy me dict lorsque je lui présentai la lettre qu'il vous pleut lui escrire ei| ma considération, touchant, ceste ambassade; premièrement il me dict comme il vous tèsmoignoit par efFect combien il vous estime, et ce qui vous appartient Sur
A M. BXIPLSSSIS. 1 1 1
ce je pensai à propos de lui dire que, sçachant que cela despeodoU de lui tt nw seroit en bénédiction et obligation très grande dy estre poi té et assisté de lui, que de m*y riçn promettre ni èn parler, que selon son commandement je ne le ddb?ois ni ne h ferois, que le suppliois très humblement, pour lui avoir une plus estioicte obligation^ de me dire sî quelqu'ung ponrsui- ▼oit ceste charge , à qui il feust engagé , et entre les mains de qui il eust intention de la faire tomber ; ce que je prenois la hardiesse de lui demander ^ ayant appris qu il y avoit quelqu ung de mes amis, Tavancement duquel je soubattoîs comme le mien , et à qui j'eusse esté très marri d'apporter «ulcnne traverse, sçachant d'ailleurs le moyen qu'il avoit de faire pour moi en d'aultres ocoasions , qu'il in'ofaiigeroit très estroîctement de nie faire sentir en cela ce qui seroit de son intention. A quoi il me respondit, que la chose n'estoit poinct encores preste, ne sçachant encores quand M. du Refuge serait rappelle; qu'à la vérité plusieurs desiroient ceste charge, mais qu'aulcung n*en estoit asseurë; que pour lui, il n'estoit engagé à personne, qu'il m'asseuroit et doaaoit sa parole, suivant ce qu'il m'avoit promis , de me proposer, et qu'il iroit tousjours au devant pour, à toutes occasions, vous tesmoigner combien il est désireux de vous servir. Je loi dis ce que dessus principalement pour m*acquitter envers M. Dumaurier, auquel tout incontinent , et à M. Marbault, je dis la façon comme je m'estois conduict en celà, et ce qui m'avoit esté respondeu , afin qu'au moins ils sçusseut que toutes les poursuites que je faisois m cela, ne leur pou voient nuire, et ne laismient pas de me servir ; que franehement je leur fèrois cognoistre ce qui s y passeroitj et que quand ce seroit
lia ' ■ LETTRE
ung de mes frères, je n'y poun ois pas procéder d'aultre façon. J'ai creu debvoir cela , et à leur mente et à Taffectiofi qu^ils vous ont et à tout ce qui vous appartient; moi particulièrement leur estant obligé des tesmoignages qu'ils m'en ont rendeus, M« Marbault surtout. En cela beaucoup croyent que ni lui ni moi ne sonitnes pas pour avoir contentement en cela, et que ou bien , .on y lairra M. du Refuge , ou bien on y mettra ung catholique; toutesfois que le cours des affaires generaulx donnera beure en cest affaire , et à M. d'Aersen;» et mon frère, opinion que si lesafiaîres continuent au chemin qu il semble qu'ils prennent, et que l'on aye plus de besoing des gens de bien , vo^tre considération qui aultrement m'en reculeroit , m'y pourroit porter sans contredict. De tout cela je m'en repose sur ce quHl plaira à Dieu en ordonner , en me confiant après lui 9 en Thonneur que j*ai de vous estre ce que je suis y etc.
Da8 mars ibiS*