XLIV. — ^ LETTRE DE M. DE ROUVRAY
JÉ Af. Duplessis.
Mo]fSiE0R, les dernières lettres de mon frère de
Yillarnould vous auront entre aultres choses appris ce que quasi, par la semonce de M. Jeaonin, j'ai proposé à M. de Villeroy, touchant l'ambassade des Pays Bas,, et en quqi m'ayant tous deux tesmoigné une propension favorable y notamment en vostre considération, surtout M. de Villeroy, j'estime que vous jugerésà propos ^e lui en faire ung remerciement tel que cela l'engage de tant plus à y faire ce qu'il m'a promis /qui
est de le mettre en nominirtioii et le favoriser aa surplus , sçachant assës de quel poids sera quand vous tesmoignerës i'interest et ressentiiuent que vous avés eu oest affiiire , dont le succès apportant de Tfaonneur en ce qui vous est si proche, fortifiera tousjours dedans et dehors les bonnes considérations que Ton a de vous, qui mieulx que personne verres le bien qui eh pèùlt réussir, ét au puMic et au particulier ; et en ceste considération en sçaurés prudemment (et certes je crois utilement) fortifier d'ung costé et diriger de Taultre, la poursuite de laquelle des roeshui la distance (les choses estant veneues si avant) ne peult estre honorable, comme je m'asseure que vous le jugerés ainsi. Un seul déplaisir me reste en cest affaire , qui est ce que nous avons appris depuis que j en ai parlé aulx iobsdiets sieurs, à sçavoir : Tattente où est M* de Mau^-' riûç de la mesme chose ; ce que , s'il m'eust esté dict par M. Marbault, auquel j'avois dict , il y a plus de deux mois, Tenvie que jVvois de cela , certainement quelque jeu que m'aye faict à penser en cest affaire M. Jeannin , je ne 1 eusse pomct enfourné avec M. de Viiieroy. Je ne vous dirai rien plus des aultres affaires, pour m'en remettre à la décharge que j'en ai faicle entre les mains de rordinaire,, notamment de ce qui s'est aujourd'liui passé et discoùreu entre M. de Bouillon et M. de Kou-« vray sur le faict de M. de Lusignan, du voyage de M. Durand vers M. de Kohan et M. Duplessis , et aultre$
particularités que je lui remets , etc.
Du 9 man i6i3.
Mmv. w DtrFLii6ii**HojuriiT* l^om xit. 8
Il4 LETTRE DE M. DE BCffJlLLON » «to.
De M: de Bouûhn à M, Duplessis.
MonsiEtJR , j'avoift beaucoup de choses à vous dire que le papier ue peult souffrir. L'on est ici peu uni, Tauctorité foible, et pour diminaer pluat08t que de croistre. On nous, hait , et nous ne nous aimons pas. Ce qu'il £iult tascher de reparer, pour profiter au public qui n'eut jaipais plus de fiicilîte à son bien , si par DOS imprudences nous ne Tempeschions» Nostre travail doibt estre à faire q.ue nous preuionsdes conseils communs , dans lesqiieta je croia que la raison eiméme Fambition pourroien% se contenter. Donnés nous advia 4e ce qif'il fault &ue, et vou$ j, serés $e<K)ade. Si nous notis pouvions voir avec quelque précédente prepa* ration de nos amis , je crois que ce seroit une bonne aide à nos mau^,; il £|uldr€it y préparer j\L de Rolian. Uaéa, a'il vous plaist, ^veo silence de ccoÎy el vous asseurés de vosjtre humble et affectionné serviteur.
H£j!fiLT B£ La. Toub.
Du 9iaar& i6i3.
tfd madame de Rohan,
HLabam^^ je vons escrivis hier par le lacquaîs qui revenoit de Nevers , et depuis ma despesche close., est arrivé cestui ci, par lequel il me restera moins de subjecty encores que la mauvaise disposition du siècle n'en produict que trop. Vous aurés sceu par là avec quels
MÎTTIIE DE M. DUPLESSIS, «tt. lli
propos M« de Bessay est retourné trouver monsieur tostre 6i8, et Tameniiement qu'on attend par son en-
tr^misê'; mais il importe comment ils seront et représentes et receus. Cependant je doubte que M. de Rou* rmy , premier que procéder plus avant en rexecutioh' de vostre mémoire, vouldra voir quel e» aura esté F^g^t Comme de faict, si les actions de Sainct îean sé^Sèctaiduisent à ce qu'on désire, et qu'il a faict espérer, il y aura plus d apparence d'y parveair. J'ai ëstitbé beantmoins , pour gaigner ce temps , que vostre mémoire di'bvoil aller , auquel je trou\ c la principale difficulté quand les ombrages seront levés, en les. pargiséique se proposent MAC. les directeurs des finances en ceste année. J'en escris couroimeemetiL à vos luteotiens à M. de Kouvray , qui ne se trouve pas peii empesoh^ du peu de gré qu^il rencontre, en faisant plus \ q^ji ti!est à croire; mais je ne lui lais aulcuue mcn- * tion de la sommation , ni des plainctes à faire au con* self,' seulèment ' fui fais sentir les incoiiveniens qui peuvent et naidlie et croistre, à faulte qu i! soit pourvetl à ce faict. Pour ce qui est , madame , des mauvais offices qui me sont Mets, en ce qui me peult estre le plus sensible^ ce ne m'est pas peu de consolation qnef Vous me fhssiés cest bonheur de les ressentir. Si je ne me sentois en quelque façon au dessus d apologie, et ai d'ailleurs le sentiment des playes de nos Eglises ne' pfredominoit celui des miennes propres, je serois pour m escliapper ; niaib j'y apporterai telle patience et* modération , que vous cognoistrés la puissance qu*a surinoi Tostre particulier respect. Mademoiselle vostre fille ieroiL trop d honneur à ce misérable libelle, d'y rÈ^pondt^ ; lequel est assés puni en la mauvaise cons-* cience des aucteurs. Je persiste en l'advis que je vous
Il6 LETTRE DE M. DUPLESSIS, cte.
ai donné par le sieur Desgrutieres , de s'addresser au synode de Poictou par plaincte. Il lui pourra estre respoudeu que le synode ne se iiiesle poiiict d'affaires politiques; mais la réplique est prompte, que cest aâiiire est proprement de sa cognoissance, parce que, par le brevet des places de seureté , c'est aulx colloques qu'il appartient de bailler leurs attestations à ceuU qui en doibvent estre pourveus ; partant aulx pasteurs 'd*estre informés des mœurs et qualités de ceulx qui, à ceste occasion, en sont teneus dignes» Il pourra donc se justiBer des blasmes qu'on lui a vouUeu imposer pardevant euix, et les requérir d'ordonner quelques ungs de.leur compaignie , pardeyant lesquels il en informe,, et en tout cas leur demande acte^ de sa soubmis-sion, etc.
Du il mars i6i3.
• XLVII.'-~^L£TXR£ D£ M. DE MIILANDE
j4 m. Duplessis.
MoirsiEURyle mesmç jour que partirent d'ici MM» Mer- , lin et de Loumeau pour Sainct Jean, y arriva nostre cercle, qui en estonna plusieurs , pour la craincte qu iis eurent qu'on ne ^rouUeust mal à propos fiûre revivre ceste synagogue in discondilis , avec quelque esprit d'bonnçur. Le prétexte sui lequel on fonda ceste arrivée extraordinaire , feut d ouïr le rapport de MM« Duparc d'Archiac et de La Cressonnière, et celui de M. de Bessay , et de clore les articles qui avoient demeurés sans estre signés; mais, en effect, on tasta le pouls à plusieurs pour renouer, jusques à se voulloir servir des divisions de nos bourgeois ; à quoi les esprits ne .
l£XTR£yett. Iiy s'estant pas trouvés disposés, et nos députes faisant mesme les retifs de s'y trouver, il feut enfin resoleu que ee seroit uive reveue en h maison de M. le maire , a laquelle assisteroient , oultre lesdicts députés, quelques aultres, jusques à hmct, desquels je feus Tung. tk se feirent fort froidement, et avec ung triste to», ces deux rapports, après lesquels les huict extraordinaires feurent honnestement conviés à sortir, et rassemblée reduicte au cercle raccourci. J'appris qu'en cestc première séance on nomma pour faire des lettres de remerciement auk provinces qui estoient ac* courues à là convocation , à hos députés generaiik et a M. le duc de Uohan; on nomma aussi M. de Kioux pour nous venir remercier; le lendemain ils se revirent au mesme lieu, signèrent leurs actes et leurs . lettres; et ce faict se retirent, après avoir donné des. impressions au peuple, que ce qui s^estoit obtenea estoit par sa vigueur , que la maison de ville avoit tout gasté, et que sans elle tout alloit le mieulx du monde. Ces procédures me font voir que ceulx que vous croycs bien persuadés des bons et salutaires conseils qui leur ont esté donnés, ne le sont pa» trop ,^ et ont depuis esté haleiné par d'auUres gens qui leur ont donné d'aultres impressions. Le retour du synode nous en apprendra dadvantage ; M. Merlin en est mode* rateur, et M. dfe Loumeau adjoint, fenfends que le sieur de Hautefontaine y assiste, comme ancien de la maison de M. de Rohan. Quant à nostre mairie, il est vrai, monsieur, que quelques ungs m'en ont parlé; mais oultre mes raisons conteneues par mes précédentes , qui sont suffisantes pour m'en destourner , J*at fiiict vœu de ne rechercher jamais telle charge, ' et sçais d'ailleurs que quand mesme j'eutrerois en elec-
Il8 , LEXTllE
lion, je na serois poinct accepté; je ne laîrai pas de travailler avec mes amis, pour empescher qu'on y
puisse loger aulcupg €[ui ait eu le voulloir ou le pouvoir de brouiller, etc.
Du If mars i6i S'.
XLVIIL — ♦LETTRE De madame de Rokan à M, Dupkssis,
Monsieur , je n'attendois que vostre response pour
vous despescher ung lacquais pour vous advertir de ce que j'avois appris de Sainct Jean , où j avois mandé plusieurs particularités par M. Duverger Mallaquet. J'ai receu aujourd'hui vostredicte response, et encores une de vos lettres^ par ung lacquais que ma fille avoit envoyé à Nevers. Vous m'obligerés de plus en plus paf te soing qu'il vous plaist avoir de ce qui me touciie, ayant Jbeaucoup de faonté et de desplaisir de ne vous pouvoir renflrt; ces obligations, ni ks vous faire rendre par ceulx qui y onUle plus d'inlccest; mais, comme vous dictes, après la fiebvre passée on a honte des frénétiques effets; c'est avec mesme honte que j 'employé M. de Eouvray ; mais je me promets que puisqu'il ne se lasse poinct d'ohliger ceulx qui ne le recognoissent pas pour ceste heure (jusqnes l«i que La Ferté me mande qu'il en admire sa constance), il ne refusera pas de m'obliger, moi qui l'en supplie, et qui, ne pou* vant recognoistre ses bons offices , pour le moins les sçais cognoistre et lui en demeure redehvable. Cependant je vous dirai , sur ce que j'avois mandé à M. de
' Rohaa touchant M. Duplessis, qu il m a faiet toutes
honnestes responses là dessus, me disant qu'il desiroit
toutes sortes de racoommodemens, et <{ae si M. Da» plessîs lui escrivoit ^ il encheriroit par sa response sur
les hoDnesteté$,'et feroit parçistre ^combien li desitoit conserver son amitié. Mesme, "sor d'aultres afiàires ^ÉAt^'f^yois'^lonné charge de lai pM'lèr, il lui diet qu'il &y .^uverneroit par i ad vis de M. Duplessis quand taiitflB choses seroient raecomttiodees. J*avois esprit il y la(*f|iK4€|m temps à M. DuHand que feusse 'déairë ^>il-€ust peu faire ung voyage à Samct Jean, et passer fMUr-teishfeittr pour cest effect , et que céste réunion n*estoit pas moins nécessaire que celle de M. de Boiullaiiw M. de ilohan m'a mandé qu'ils estoient ericores iMiillieifant eb ces termes , et qu'il la desiroit fort ; pour le regard des conseils que M. de Bessay a r( mfBKtm^ie double ibrt qu il ies ait bien peu compren* llttkiM représenter, car il s'est $i peu sceu expliquer
en sa nego! lal ion , et a faict si sft an(!<:' i^loire du silence , quU a pensé rapporter i'asseurance de toutes ies peniiilia, %t il n'a rapporté que ce qui feut mis sur Testai
après le retrancbeîiienl à riiein^e de l'assemblée de
• âauloHir. U ne iauit doubler que cela ne lasse du fa|iiicl> «ar oultre que c'estoit presque la seule chose
sur quoi on se eonsoloit <le !a riijUure du cercle, lÎitm^X Hnr pour le moins on n'avoit pas en cela perdeu iniycipes, eeste nouvelle arrive Sur Tarrivee de quelques depnles de Gascoigae (pn avoicnt [>orti'* h M. de litokan asseurance de quinze radie hommes de pied et «MRf cens chévaulx , se plaignaM de la rupture du cercle , sur quoi uiesnie M. de Kulian a voit eu de la pêimm k les contenter, et à ies asseurer qu'il n'estoit flMt^oÉiise de ladicte rupture, et qu'il avoit protliis de soussigner à ce qui s'y resouidroit. C'est chose certaine,/ MMiBiimir^ ci| vous puis asseurer que je me resjouûîsois
de quoi cela estoit veneu après le portement de M. de Bessay et aultres députés, craignant que , s il feust veneu avant, cela eust rompeu ceste résolution. Là dessus on aura sceu ceste espargne de MM. lés directcars. |e crains fort que ce petit cercle à quattre provinces que vous me mandés n'ait esté formé là dessus. Je veuk bien que (peult estre) les promesses ne réussissent pas en tout et partout , et que pour quinze mille hommes il n y ên ait que dix ou moins ; qu'ils soient contraincls par après accepter ce qu ils refusent; qu'ils s*y ruynent encores qiii est ce que je crains. Hais c*est tousjours du mal ; et seroit une grande simplesse, pour 17,000 francs, de revenir au hazard dont nous sortons. Il est besoing, monsieur, que vosire prudence y intervienne; je vous en supplie à joincles mains; car il est trop certain que si ce retranchement a lieu , ils feront quelques folies. Vous sçavés que ceulx qui les gouvernent ne désirent que trouble, quand ce ne seroit que pour six mois; car tousjours ils y feroient leurs affaires, et ceux qui porteront la marotte demeu» feront en croupe. Au nom de Dieu , monsieur, mettes y la main : on ne demande que prétexte » en voilà ung; on ne demande que les moyens de commencer, voilà qu'on les. offre , je dis de sorte qu'on m'a asseuré que quiconque vouldroit maintenant revenir en Gascoigne, y seroit recen , feust ce M. de Bouillon , quelque créance qu'il y ait perdeue, tant ils désirent le trouble; je ne dis pas qu'ils s'en trouvassent bons marchands à la fin , mais le mal seroit tousjours faict. Je vous supplie donc, monsieur, tant pour le bien gênerai que pour 1 amour de moi, en voulioir escrire à vos amis, et leur remoustrer les véritables inconveniens qui en peuvent advenir. Vous avës sceu le bruslement du temple de ceuix
de nostre relligion à Rennes , et les langages qui s'y tiennent ouvertement qu'il faYiIdroit de brusier
les huguenots ; cela servira tousjours à iortiiier les plainctes et à monstrer qu'on « plus de subject de deffiance qu'on en avoit du temps du roy. Au reste, j'ai receu une nouvelle qui me fasche fort; c'est que le comte Henry "veult espouser une fille du landgrave qui est fort belle , et que la princesse d'Orange mesincs crainct que cela ne se fasse : s'il vous piaisoit eii escrire à H. d'AersenSy afin qu'il empeschast qu'il ne s'engageast là ni ailleurs, jusques à ce qu on eust essayé de fidr;e consentir la iroyne à ce que nous desirons., vous m'obligerës de plus en plus* Tai enfin iaict sommer Beauvais; ung de ceulx de dedans est sorti , qui a demandé à parler à Desgrutieres, et des qu'il Ta veu, il â couché son arquebuse contre lui ; mais elle a faict &uix feu , et là. dessus on a faict mine de tirer deux ou trois coups d'arquebuses du cbasteau. Ce sera subject (le plaincte à ma fille, et de monstrer la difficulté qu'elle auroit d'entrer en sa maison, Yostre advis sera suivi touchant ce que ledict Desgrutieres doibt demander au synode de Poictou, ffcmrae en toutes aultres choses qu'il vous plaira me le donner,. vous suppliant fiii^e tousjours entier estât de moi, monsieur, comme de vostre humble et plus affectionnée cousine à vous servir. Gathbriick de Parthenat.
• Je vous supplie, monsieur, que personne ne sçaclie ce que je vous mande de Toffre de ceulx de Gascoigne; car je ne confierois pour rierf du monde cela qu'à vostre discrétion. Je vous supplie aussi considérer que c*est une cntauté à k royne d'empescber le mariage de ma jeune fille, veu que je me suis tué le cœur et
12% LETTRE le corps pour la senrhr ; et ao partir de là , je porte h peine des faoltes des aultres. Ad visés, s'il vous plaist, s'il n'y iiuroit poinct moyen ike fiûre getteter céa^ de quelque^ieu qui peçist fiûre efSeet
* IHii4iiuin i6i3.