LIX. —-V- LETTRE
De M, de Jaucourt de Romrajr h M, Duplessis.
Monsieur y ce m'est ung extrême contentement et honneur d'estre fortifié de vos bons advis, en Tadministralion d'une charge si pénible et difficile. Vous sçd.vés qu'il ne nous a poinct esté promis de nous donner aulcune expédition par escrit de ta concession qui nous a esté faicte sur ce mot de pretendeue , mais bien par une loi non escrite de faire entendre l'intention de leurs majestés sur ce feict, etpour en faire jouir de reffect;mais la difficulté se rencontrant à le faire sça voir sans esclat qui donne subject de murmure aulx catholiques romains, c'est ce qui èmpesche que si promptement nous n'en sentions le fruict; mais Ton nous promet de le faire, et nous exhorte on à compatir avec k temps. La mesme chose nous faicL on tousjours espérer sur le bénéfice des lettres accordées pour Texemption des tailles de nos pasteurs, lesquelles nous n'avons encores peu faire veri6er à la court des aides, quelque diligence que nous y ayons faicte ; et certes je ne sç ais par quel mystère ; mais il fault dire irrai qu'en tous nos affaires , mesmes de celles qui sont promises, nous ne voyons glieres que les paroles pleines d'espérance, et jusques ici poinct d'eflect , ou si peu que rien , ét de cela je commence fort à me lasser; car à la fin j'apprehenderois de rougir d'ung juste reproche de conni* vence. L'afl^ire d'Aiguesmortes est traiclé de ce mesme air, quelque remonstrance que j'aye peu faire que le bien du service du roy et le bien de cest estât ne rec^uiert quevcest affaire tac ainsi à la longue; sur ^uoi
je n'ai poinct veu de raisons au contraire qui m'ayent peu contenter. Vostre .lettre à M. le président Xeannin,
suivant le s^yie de celle que vous m'avés £ïict 1 honneur I de ni'eM^r^^ a esté gpustee et approuvée » mais j*ai grande peur qu'elle n'aye assës de force pour les detraquei:, de leurs brisées ordinaires, queltj lies foi Us l ai- 80B8<pie vous y ayés glissées, et qui bat et rebat, il y a long temps, avec eulx. Vostre advis touchant la mairie <ie La Kocheile est grandement louable; ce que vous jugés des biais que l'on y doibt tenir pour se bien garder de faire sentir qu'il resuite sur ce fiiict aulfCrUne balame. J y ai frappe quelques coups et les ai velMifiis en ces termes, tellement que par (eurs députés qui s^en retournent avec quelque contentement, non toutesiois enlK t , n en ont rien recogneu. Sa ne dfOiibte poinct de l'advis que vous avés eu du costé de la Guyenne, et que ceste plaincle n'en soit eschap- |if»€^^ mais Dieu a conduia ie L.out plus largement qu ils n^ vouUoient. J'appréhende que cest affaire d'Aiguësmortes nous rembarque de plus belle. Je crois qu'ils (Ql^denllr àrd'aultres aussi (mai&à diverses iius) , à Tadva|ioiçme«[it d'une assemblée générale, que j'appréhende d aultaat qu'elle esl desii ( c j)lus pour auctorité , ou du mo^ivi^preteste de ce qu^.arrivera , que pour y .chercher dlhfiiBmede: , Nous estimons neantmoina , sans attendre aukuiie charge plus particulière des provinces, que jji^MS b^debvons demander dans trois ou quattre ^lOls; (fti^^iursquoi je vous supplie me fortifier de vos bons advis. Nou> nous eu allons, mon frère de Villarnould ^rj^pi^: en Bourgogne; moi pour iroi^^ ;>^pfnaiDes, et ce^totts^urs aulx mesmes bons termes de çes.te ambassade, sur quoi ce que leur tu esorit M. de Villeroy, fio^f^l^ ii^^^el comme eaver^ les auitres jfÇ;.uVasseurç
l4a LETTRE BK M. DE ROtJVRAY
que ne negUgerés ni ne denierës rien à mon frère de ce qui despend de vous^'dent la considération- peiilt y esUe utile, quoiqu'une aultre fois il semble aussi qu'elle y nuise; et certes f il y a maintenant de l'apparence de
ne plus desemparer de ceste poursuite , etc.
Da 2y mars i6i%