LXXIII.— 4^ LETTRE DE M. DE LOUMEÂU
A M. Duplessù.
•HomiEUR, il est certain que cbsie controverse
entre MM. Dumoulin et Tilenus est fort desplorable, et encores plus en ce temps que nous sommes mal disposés pour y pourvcSir. Je tre doubte poinct que, selon le zele que vous avës lousjours faict paroistre a l'édification de TiEglise, vous' ne soyés extrêmement contristé', et que' votts ne travailliés & y chercher lëi remèdes, lesquels ne' peuvent estre que fort difficiles. Geste nlaladie est^^compliquee^j à tnon adyis, itiesteè dtt spirituel ét iti Iw^mporel , et requiërt un^ rem'edb qui regarde l'ung et Taultre. Quant nu temporel^ \V tue semble qnairi desptodre de èes' d^x- personnes qili' tiennent le premier râng dans le» deûx phrtis , et qui agissent puissamment àu spirituel. Comme le mal est grand , il -fimlt un g puissant ijemedei J^avôuéf et recogiiois tè^ difficultés que vous remarqués en Touverlure que je' fais.. Je vous dirai aussi que je trouve vostrc remedb plus près et; ptus* «isé, mais il semblé' trop faible; car ayant esté desja employé ci devant; voire lorsque la maladie n'estoit encores parveneue à ung tel degré de
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malignité , vous voyés qu'il n'a touché que quelque léger sjfmptome sans atteindre à Ja inaladte. D'ailleurs TOUS, sçavés que l'ung de vos ingMdieiis n'y peult plus entrer, car c'est son faict particulier. D'ailleurs les députés sont suspects à ceulx de deçà ; el quant au spiii* tuel, il ne seroit gueres plus aisé d'amener M./£il6nns» à Fouverlure que vous proposés pour la satisfaction de M, Dumoulin. Tellement que» tout bien considéré, je ne vois de remède possible duquel on se puisse promettre grand succès* Toutesfois, comme en maladies les plus désespérées les médecins doibvent user des remèdes , encores qu'il y ait peu d'attente, s'attendant que la nature fera quelque chose, en ceste maladie il ne fault.desesperer, mais frire ce;qtt'ojp peukf.aitito* dant et espérant que la grâce de Dieut ooils donne qpçlqu^ louabi^ .çri^e*. X'approu^e- fp£|i vostre adviS' sur le ispirituei par. ce«.,d€^ux the^y -mais» la difficulté €(Bty\ mon advis, au temporel. U £ault doue cottmeiHcçr à porter à cela JVL de BouiUcîn parades ambàssar ddiirs,, lui fiiisaot cog9oi$tre qu9;ii^eal soa biènr; w ceste considération esmeut plus puissamment qu'aulcune auitre,:.m^is^ plus po,gagjBi6f)»i dece costé là, plus 0E..&'esbignera.c|e r9iiUre. C'est Ht. ik Boéill«if:d«t* quel ou ma parlé si mal, auquel >on ne se veitlt fier Uliljemeat. Jttoa^^Yi^ 4ow aeiXMt(|Qteisiiijirir^ vostre onyeriure , qui pouirp^t toutjouffSy sînoni guérir la< mA^ die, Tadoulcir, et seroit le moypni.^e parvenir à cest auj||tre,p|us puissanli^aqiede que vouataffoie proposé, duquel , si on se pou voit cesouldre c»(oe4es parties ,i]ë ne croi^ pas qu'i^ feust difficile de>le jfaire tolérer,^ la.c^ourt le preferej}çnt:au aymde i^tîioiiat^ qui ae pouil* rpît sans eulx, et donnetfoit plus d-ombragë. le ne suis uullement d'advi^ q,uQ le sj'uode ualij^aal soit advancéç
A M. DIJPLESSIS. l83
car sur oe^ië olMàion il ne serardit qa*à fbitiffer le
parti de M. de Roban , qui est encores fort dans les synode?; Drovinciautx. Je n'ai encores veu M. Constant; il ma fiilieu, au dlefeliilf dé<lMP. MefKn indisposé, Vnquer a iiiie commission du synode qui m'en a empesehé; ce s^a au pins tost. Trouvant ce^te commodité si aeare, fai «iittmë' qu'il seroil jk'}yrbpos, |iour plu^ iâf^ cile communication , d'adjouster à vostre chiffre quel- • ques noms que votis envoyé, ci mcftis. M. de la Ville Dieir, gentilhomme' dis Poictoii, faisant pt'ofêssiôii' de la relligion , ayant eu procès sur l'acquisition qu'il a &tcre de Mauzé, a* eu ar^st k son profict^ piih lequel Hauaé Mi ést adj n<^é. Maffia M è&liiéfioihé duf \ièû\ assW entre Fontenay et Paul von , qui sont de la maison de Rohan, et, èoiùtae j'estime, du partage de M« de Soubise» a faict désirer ceste place, de laquelle il a requis M. de La Ville Dieu lui céder ses droicts. J'estime qu'il a desseing- de -foiiifiér la plaIScé , ^oi est importante. Nous avons pour maire M. Jehan Tlievenin, combien qu*il ne feust que le second en voix porté par la brigue dû vieil mMi^, -eï agreablé àitït bôurgeoi^ dé M. de
ïloliaii, toutcsjbis qui se conduira fort par M. de Mi-
rande. Geste brigue a esté fort passionnée, avec les né«Ré'de paï1!ià de ftohanisIésfW dé'Gdudtâyistes, tiSchant se rendt^é les ungs les aultres odieux pour les pat<ti$ qu W leur attribuoit; et par là vous voyés qu'ont ]S¥bficlé les ^ttk^es escrites h madame Loudriercf. Jè n'ai encores conféré avec M. Merim sur lé subject que lui esxârivés , ayànt esté prevenën par le partement de ce personnage , le sieur Dbibet , apothicaire dé ceste ville, qui va conduire ung sien iils en vostre éscole , et qui me pourra seuremenC apporter ce qu'il tous plaira m'escrire. J'adjousterai en celle que j'escrirai à M. Bou-
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chereau par Fordinaire ce que j'apprendw de pltts^ particulier. ' . Le roy de Daoeniarck , ayant faict pendre quelques, inaistres de navires de Lubeck, et maltraicter les ma^riniers , le feu s est allumé tout à coup ju^ques aulx Pays Bas , oh les navires; de guenne' se préparent eli toute diligence , et disent que le roy d*£spaignè et Tarchiduc as&i&tei^t le roy de Danemarck, Je me suis soi-., gneuseinént enquis s'il y avoit quelqu^e preparatif en Espaigne, mais il n'y a rien. Il n'y a que confusion aujourd'hui de tous costés. Dieu \e^lile çqnse^^ver $oa £glise parmi ces orages, et particulièrement' tous oeuls qui veillent et travaillent pour la paix de son Israël, et nommeement vous, mpnsieur, etc.
Du i5 avril i6f3«