‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 36 sur 142 · LXXIX.—'V' LETTRE · texte numérisé non relu

LXXIX.—'V' LETTRE

De madame de Bohah à iH. Duplesw.

UQmsuit, 81 roccasioD' da voyage de ce pc»rteur

ne se feust présentée, j'eusse envoyé exprès vers vous pour apprendre de vos nouYelles, n'emnijaiiEt d'astre a! long temps sans jeu sçaveir. Il y a ausM quelque temps que je n'apprends rien du costé de la court ; car la pluspart de eeuU qui ont acconstumé deia'escrire sont absene, SMl vous plaitt de me mander de celles da iponda p^r ce porteur , vous m obiigerës fort ; et si vous lui vauUés'Coiifier quelque chose debouohe, il^le rapportera'fiddement Il me tarde que je ne vi»ye quelque advaucea)ent touchant la reunion. Maisje vois bien qu il &ult attendre le retoii» de Mi de Aoavray et rentieie guertson de M* I>arand. Cependiiat je fiiis ' estât d^aller au Parc dans quinze jours ou trois sepinaines, afin que rieqi ne soit retardé à cause de cela , m'esiîaiMt heureuse si je puis servir à une <si boniie œuvre , sinon pc^ur y apporter ddviSf dont je ne suis aulcunement capable, au moins pour y tebir une lanterne élliuîiee^iafin de V4IUS Gondaire à ung rendes vous. I*af depuis ne» dernières lettres veu , en ce Heu, mon de Soubise qui s'est rois; jiussi. <en deb.voir de . mê conteif ter^ : '

La racine de guebre coupée a produict' beaucoup de bons eiîects , et je recognois encores que le long temps que f avess esté sans les voir, en avoitpÉoduict

AH. BUINLESSIS. 191

de mauvais. Mais quand Dieu veult que les choses advienneol , il o«te l^s moyens dû «les empëscher. Vous nous obligés de plus en plus, monsieirr, par 4ci peine qu'il vou$, plaUt .prendre d'e&cnre si soigneusement pour les pensions de mon fils«. le lui féis s^avotr , lors* ^ qu'il estoit ici, ce que vous en aviés desjà faict; je ypuldroiâ .que .yous vous feussiés desjà veus, et quil Vous en pfsust rendre les rentirciâmens dont telle» gra* tificatioMS sont dignes. Il me semble, sur le désir qu'on a que Grateloup soit remis , qu'il ne seroit poinct mauvais de 0iire sentir le malcontentement qu^on a dtl retranchement desdictes pensions, et essayer que Fung passasjt pour r«iu}tre , au cas toutesfois que mon fils sç resoleust ^ recevoir lediot Grateloup; car mon fils de Spubiçe le trouyQÎt derniereiueat diiâcile. Toutesiois je ne m^arreste pas tousjours à ces opinions. Pour le regard de madamé la princesse d'Orange, die se feust bien passée de parier à la royne d'ung affaire oii ou:' lui avoit tj|nt reeommaiidé le siiénoe , au moins à cesle heure; sinon qu'on voit cedict affaire desploré. Je crois qu'il seroit bien à propos qu'il vous pleust en donner encoms ung coup d'esperoa à M* d'Aersens; eàr des que l'acte de reunion entre M. de Bouillon et M! de Hohaaleut signé^ il m'enescrivit disant qu'il en alloit remettre les fers au feu ; et depuis je n'en ai eu aul-

cunes nouvelles, qui me faict craindre qu'il y voyc des difEquités qui le retiennent» Il m'a dict aultreibis que M. le comte Henry y estoit assés porté, d*autant qu'il despendoit de M. le comte Maurice et de messieurs les eatato,qui y estaient du tout enclins, et n'y avoit que la volonté de lu royne qui retinst tout; èt le discord skyec M. d§ Bpuillon. Maintenant que le dernier cesse et qu^ ypu9 b# désespères pas de l'aultre, s'il vous plâi-

193 LETTRE, aie.

soit ]ui en escrire ung mot, peuit estre cela lui donneroit il subject de réchauffer' cest affaire , au cas que celui du costé de l'AUemaigoe n'ait achç^é de la ruyner. U y en a encores nne sur les champs qui y nuit; c'est que M. de Ghastillon prétend à la jeune fille de madame de Rohan , et que quelqueis ungs- d'auprès de M. de AolMin le désirent, entre aultres M. Dubois de Gargroy; et pour cest effect nuisent à Taultre en ce qu'ils prennent, non pas envers M. de Rohan, car ils ne sçauroient, mais vous sçavés qu'il est tousjours aisé de nuire plus que de servir, et peult estre encores le font ils pour garder que M, de Ghastillon ne s'addressc à la fille aisnee de madame de Rohan, tant il y a tousjours des gens de bonne volonté. Je crois donc que le plus tost qu'on pourroit faire que M. d'Aersens en remi&t.lés propos envers messieurs les estats et le comte Maurice, seroit le meilleur, quand cè ne seroît que pour essav€*r de divertir celle d'Allemaigrie dont je vous ai Cl devant escrit. Je remets le tout à vostre prudence, monsieur, et vous remerciant bien humblement

de rasseurrnico que vous me donnés de m'advertir de ce que Je vous ai supplié , touchant la conduicte de la princesse d'Angleterre, etc.

Da a3 avril i6i3.

Jl M. (VAersens,

Monsieur, j'ai receu les vostre du 4 du présent. Vous estes tesmoing de quelle affection j'ai etnbrassé la reunion, il n'y a rien encores que je ne feisse pour

restreindre; mais je désire <j[u eile ait pour sincère but

LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc. igî

le bien de l'Eglise et de l'estat, et ne prendrai pas plaisir qu'elle prist teinture de quelques mescontentemens

particuliers, lesquels ne seroient ni approuvés des lioinmes, ni bénis de Dieu. Je vois beaucoup de difficultés en Tabouchement quem'escrivës, et non moins de jalousie, pour le rendre plus facile. Xi eust esté à propos qu'il n'eust pareu aulcung mescontentement; et pour vous parler franchement du particulier, je n'en vois poinct de suffisante cause; du public, jy vouldrois voir plus clain J*ai tousjours crains que la neutralitc pretendeue en nostre minorité i slomp^nast nos plus seules alliances , et qu'elles ne s'attâciiassent ailleurs; j'y vois^le chemin de toutes parts frayé, de tant plus quo les affaires d'Alleniaignc, veu les trames qui s y font, ne peuvent demeurer sans appui. Peult estre serions nous plus hardis si nous estions plus asseurés du dedans, où nous sentons plusieurs démangeaisons, plus capables toutesfois de nous tenir en cervelle que de produire grand efFect, au moins si nous sçavons contenter les corps sur lt'S(|uels les esprits pourroient agir. Je double que madame la princesse d'Orange , sur le mariage de mademoiselle Anne de Rohan, aura froide response de la royne; de tant plus si elle estime que ce soit pour reunir MM, de Bouillon et de Rohan, oultre que celui ci ne faict pas tout ce qu'il pourroit pour essuyer le passé. Je me resjouis du bon progrès de vosti:e société avec les villes que m'es* crivés. Traictant avec la Hanse en corps , vous n'eussiés jamais faict pour la contradiction qui s'y feust trouvée en quelques un^, ou qui n*y ont poinct d'interests , ou qui les pensent avoir contraires; au lieu que Texemple de quelques principales parles mesmes, ou les vous attirera toutes, ou ne laissera derrière que

ig4 LETTRE DE M. DUPLESSIS, eie.

les moins utiles à vostre estât* J'ai proposé quelque ex» pedient sur ce différend de M. Tilenus ; je ne sçais II quoi a pensé M. de Bouillon, puisqu'il voulioit une réunion; la détruisant est ce qu'il y a de plus delioal

et plus sensible, etc.

Du 26 avril 161 3. -

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