LXXXI. — ♦ LETTRE DE M. THEVENIN (ï
A iK 'DuplessU,
Monsieur , j*ai par la vostre cogneu le lavorable jugement que vous faictes de l'admiaistraùon qu il a pieu à Dieu me commettre; ce m'est ung tesmoignage de vostre bonne volonté en mon endroict, qui m'oblige à vous rendre service. Car pour mon regard, qui cognois la disproportion de la charge et de mes forces, je ne puis que je ne tremble; iinais aussi en récompense j ai tout mon recours en celui qui peult donner le vouUoir et le par&ire.
Pour le faict de nos partialités et divisions, comme j'en remarque la conséquence, aussi travaillerai je à mon pouvoir pour nostre union, n'y espargnant chose aulcune. Au reste, monsieur, vous sçavés combien il est nécessaire que nous ayons advis les ungsdesaultres des choses qui peuvent importer. C'est pourquoi je vous supplie, si vousapprenies chose qu estimiés digne d'en donner advis, de le frire; en ce fiiisaot, vpi» m'obligeres infiniment, et je ne fimldrat aussi de ma part de vous faire sçavoir ^ que j'apprendrai dimpovtant et digne de vous » etc.
Du a6 avril i6i3«
(OHamdeUaochdle.
L£TTRE, «te. 19S
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LXXXLL — ♦ LETT&Ë De M, de La MiUetiere (i ) à M. Duplessis.
MœrsiTOH^'à i^i mieuk qu'à vous pouvons nous
4escouvnr les douleurs qm nous restent d'une si longue et f^nnidé maladie? Vous estes le premier qui en avés eoçneu k cause et jtigé les remèdes plus propres pour la traicter, et vos bons conseils ont esté là pliM salutaire médecine , sinon pour l'entière guerîson , au moins pour rinlcrmîssion et relasclie d'une si bruslante fiebvre ; que si vous n avés esté si beureux, et ceak qui ont travaillé avec vous et par vosadvis en ceste mesme cure, que d'en avoir eu le pi e qui estoit deu, li en fauit accuser la virulence du mal, et se contenter d'avoir voulleu le guérir. Il y a encores quelques humeurs aigres que la nature et le temps adoulciront plus que les remèdes ; et ce qui les entrelisent vient pour la pluspart d'ici, d'autant que plusieurs choses propres à ester la cause de la maladie, nous ayant esté promises et portées là bas, ne sont point eflbetuees. La vérification des lettres portant exemption des tailles pour jiî(!ssieurs nos pastetns, le contentement accordé en leurs attestations sur le mot de pretendeue^ pour en escrire aulx parleméns« et de la tolérance de nos conseils aussi que soubs le feu roy , tout cela est à faire, sans parler de ce qui regarde les partieuiîers. La longueur qu'on apporte au &ict d'Aiguesmortes, qui ennuie tellement ceulx de la province , que les magistrats, consuls et consistoire de
(i) II «âtoii Tuug des depat^ generauU des £gUsei.
X96 L£TTil£ Montpellier, Nismes et Uzës nous escrivent avoir mandé à leurs depulés qui sont ici, de s'en retourner en poste et passer par Saulmur, La Rochelle, S^inct Jean , Montauban , Basse Guienne et Castres , pour prendre advis de ce qu'ils ont à faire , et se trouver à leur synode qui cominence le i*' de mai. Ils ne partiront sitost sur Tasseurance quW leur a donnée d'y prendre dans peu de jours une résolution, et M. le chancellier m'a dict qu'il en desiroit autant i'advan* cément que nous, mais qu*il falloit avoir esgard a la irniadie de la royne qui se porte bien, grâce à Dieu, le crains qu'à la première fois ils nous remettent sur Tabsence de M. le grince ; aussi nos afiaîres sont tûusjours délayés ou divertis ; nous . avions avec grande peine obteneu arrest par Tapprocfae du lieu d^exercice de la relligion à la ville de Vitry, et .de* Vassy aulx faulxbourgs, combien que nous feussions en droit de l'avoir en la ville ; la commission a esté addressee à M. de Genicourt, maistre des requestes, lequel , au lieu de suivre ce qui lui estoit marqué et spécifié par Tarrest,^ les a voulleu establir ailleurs, et par ce moyen rendre infructueux et illusoire ce qui nous avoit esté accordé ; et a dict publicquement qu'il avoit commandement de M. le chancellier de ne rien iaire qu'avec le consentement des catholiques. Nous avons senti les effects de sa mauvaise volonté en sa commission d'Auvergne pour la ville d'issoire, dont de tous les deux nous joindrons et ferons nos plainctes.
L'approche aussi du lieu pour l'Eglise de BourdeauLx, la réparation des murailles de Sancerre, quoique ac» cordées il y a mg an /demeurèrent inexecutees. Je vous représente toutes ces choses, monsieur, alla de recourir à vos bons advis pour y remédier, et pour
joindre vos plainctes aulx nostres, et les addresser, selon vostre prudence*, où elles pourront trouver place. Nous poursuivons la réparation du hrusleoient du temple de Hennés, la punition de rinhumanité de ceulx de Lassay , en desenterrant les morts après vingt ' ans; pour ce faict a esté seulement ordonne que les accusés comparoîstroient en personnes : pour 1 auitre rien que longueur, etc.
Du 28 aYfil 161 3.
LXXXllI. — * LETTKE DE M. MARBAULT
jf M» iDupUssis* ^
MoHStsuR , enfin le différend de MM. Dumoulin et
Tilenus a esté accommodé de deçà. Juste! y a faict des tours de chicane. Les premières lettres de JU, de Bouillon ont esté rendeues, et les secondes du tout contraires l'une à Taultre ; celles la pressnns qu'on donnast advis et prononçast sur le livre, celles, ci d'estouffer tout pour la paix de TEglise. Justel offrit de prouver ce qu'impute M. Tilenus à M. Dumoulin , puis le refusa f disant qu'il n'estoit pas théologien. Enfin, suivant le désir de Tambassadeur d^Angleterre, il a esté dict qu'on ne toucheroit poinct à cela , que de part et d'aultre les parties se tairoient, et que pour l'honneur de M. Dumoulin le synode lui bailleroit ung certificat de n'avoir enseigné de vive voix, ni par escrit que bonne et pure doctrine. Ledict sieur Dumoulin a promis le silence ; mais commé on a voulleu stipuler le mesme de Justel pour M. Tilenus, il a dict
T98 LETTRE DE M. MA.RBAULT, «le.
n'avoir poinct de charge^ du reste 1 la, définition de cest
affaîre est renvoyée au synode national , etc. .
Du 28 avril i6i3*
J M. Marbault.
M. Marbault ^ le synode de Normandie s^est teneu ces jours à Foix. M. Bouciiereau s'y est trouvé pour iing affiiire de ceste province cjui y estoit renvoyé, il a trouvé qu'on avoit tasché de m'y chafourer estrangçnient ; mais il a faict cognoistre la vérité auix principaulx, à part et sans scandale» ayant eu cest esgàrd de ne donner pas cause ça ignée à La Motte contre les gens de bien, soubs ombre des boutades de Sainct Jean* MM. les députés generaulx sont loués unanime* ment'de ce qu'ils ont gcré pour le bien des Eglises, et pryés par lettres de remercier très bumbleinent leurs majestiés de leurs bienfarctscn attente de nieulx, quand leurs affaires le pourront comporter. Aussi y a esté resoleu d'exborter ceuix du conseil de la province, d'user de ia tolérance à eulx accordée^ en telle mo«> destie que leurs majestés aient subject Je la leur continuer. Ce que j'ai procuré par son entremise, et le > mesme ferai je en Poictou au premier jour; on n'y é parlé d'aulciin aultif affaire politique, et désire ladicle . province avoir communication avec la nostre. On s y plainct de ce que les députés generaulx addressent tousjours leurs lettres au conseil de Rouen, au lieu qu'il est establi à Caen; ce que vous dires doulcement à M. de ^ouvray, afin qu'il y advise» Je ne lui escris
LETTRB DE M. DUPLESSIS, «le. igg
pomct tant que je le sçacbe de retour , mais bien lui dires vous que je ne 9uîs poinct d*advis , quoique dÎTers les pressent h diverses fois , qu'ils pressent encores ni le national , ni Tassemlilee générale; cestui là parce que le subject en est levé , si , comme il y a ap» parence , le différend se termine entre MM. Dumoulin et Tilenus ; cette ci , parce qu'en Testât où je vois les afiTaires de la court, nous allarmerions ceuk que nous debvons asseurer et fortifier de nostre obéissance contre les nouveaultéS) joinct que selon que sont les esprits de nos grands , ou leur division se monstreroit tant plus , ou ieur réunion ne seroit pas pour le nneulx. Au lieu que si nous avons patience, Testât aura besoing de nos Eglises , et nous présentera occasion d'eflbcer les mauvaises impressions qu'on en a voulleu doiuier.
Le porteur est Je fils de M. de La Biirraies, lequel à charge de lui de conférer avec vous du moyen de parvenir à la réparation de nostre tour. Il m'a bien
promis d'y apporter tout ce qui sera en lui , étc
Dm. 29 a^ril i6i3.