‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 38 sur 142 · LXXXV. — * LETTRE DE M- DE LOUMEAU · texte numérisé non relu

LXXXV. — * LETTRE DE M- DE LOUMEAU

J M, Duplessis.

Monsieur, j'ai receu les vostres, tant du 19 que du ai du présent.. Je crois que nous avons uog bon maire qui ne fera rien que par conseil ^ voire par celui du dedans. Nous avons Ira vaille au nom du consistoire pour an^ener TaÛaire du corps de ville et des bourgeois à quelques plus doulces procédures que le procès ; niais nous n'avons encores rien gaigné sur \e& bourgeois, et n'espere pas que nous y pi options dadvan-

200" IJITTRE DE M. DE I/>UMEAU

tageà Tadvcnir. Quant au jugeuient, il ne peult estre 81 prompt ; car vous sçavés qu*il fauU suivre toutes les

formes. Je ne sçais toutesfois si aulcune des parties viendroit à faire évoquer cesle cause au conseil du roy ; mais tousjours il fauldroit que les parties escrivissent de part et d'aultre; et devant que cela feust , il y auroit lieu et temps à Texpedient que . m'escrivés en celle du

Quant à la réunion, nous y debvons travailler et nous roidir contre les empescheniens et difficultés grandes qui s'y présentent J'ai conféré avec M. Constant; il y a des nosfres mesmes qui empesclient la réunion, au moins la veullent différer, il n'est nullement de leur ad vis ^ et est fort porté au bien. Ne croyés pas (jiK' lui L'I Auhigny y travaillent. Ils se sont veiis ' sur auilre subject, et sont mal ensemble. Je m asseure quil désire la réunion ^ et quittera du sien. Sur les moyens, toutes clioses loiig temps examinées, nous sommes tombes en cestui daccord, qu'il fault commencer par M* de Bouillon, et vous jurant, si avés agréable, son entremise de s'y employer lidelement; requiert seulement ungmotd'escrit de vous à Constant, par où il puisse faire paroistre que sur les difficultés et dangers qui se présentent, vous desiriës communiquer avec lui sur les moyens d'empescher le mal qui . nous menace. Je ne vois pas que cela se se puisse faire sans vostre préjudice, tiemeuiant en ces termes; sur quoi il se faict fort de M. de Bouillon et de M. Desdiguieres et aultres , et que vostre créance aussi en tirera plusieurs après soi, qui tirera puis après les plus revesches par nécessité. J'ai veu M. Constant, malade de goutte, à Marans, dont il partira pour s'en aller en sa maison bilost qu'il pourra endurer la btiere, et de sa

A M. BLPLESSIS. aoi

maison aussito&t qu'il pourra porter le train du carrosse pour 8*en aller en court, où il espère trouver M. dé Bouillon de retour. M. de Hautefontainc arriva ici sa- . ^edi au soir avec créance de M. de Rohan; après avoir conféré avec M. de La Chappelliere , il vit M. le maire au soir, assisté de quelques ungs, mais on ne se gouverne plus comme Tannea passée* H. 1ê maire assembla dimanche matin , devant le presche, plus de trente des principaulx sans distinction. Là, M. de Hautefontaine exposa sa créance , qui estoit, après plusieurs complimens , de leur demander leur advis sur ce qu*on lui escrivoit de la court, qu'il y seroit le bien veneu, et feroit chose agréable à la royne, ou au moins qu'il envoyast quelques gentilshommes de créance pour asseurer le roy et la royne sur le voyage de la court ; on ne lui a donné aulcung conseil , mais renvoyé cela à sa prudence. Sur l'envoi d'un g gentilhomme vers le roy, on Ta trouvé bon. Les lettres estoient de Bassompierre et de madame de Peuilly , assés expresses , sans concert, et en apparence avec quelque commandement. Je ne scais si c'est à cause de l'absence de M. de Bouillon pour Tesmouvoir à jalousie. Ledict sieur de Hautefontaine partit incontinent après disner pour s'en retourner. J'estune que M. Merlin vous escnra la response de M.. Bonnet , sur ce qu'il lui avoit proposé de la lettre de M. Bouchereàu. Ce que je ' crains en cest affaire, c'est qu'on entre en des termes qui traverseront la reunion qui est tant nécessaire. Groiriés vous que M. de Rohan se plaignoit que M. Salbert ne l'avoit salué , lui a faict dire qu ^i se letirast de ma fréquentation? La passion oste mesme le jugement qui est naturel, combien plus la charité, qui n est pas de la nature. J'apprends que M. de Soubise

*io2 LETTRE DF. M. DE LOUMEAU

confère avec M. le duc de Retz. Tous ceuU qui estoient

hors de Saînct Jean j sont rentrés, et mesme M. de Grateioup , sans y exercer sa charge de sergent major. M. Duparc d*Archiao s'est trouvé ici en mesme temps avec M. de Hautefontaîne , et s'en est , comme on m*a dict , allé avec lui. M. de Rioux y estoit aussi , mais il ne 8*eB est all^ avec euk.

Je viens de sortir d'une Iroisiesme conférence avec les procureurs bourgeois , en laquelle nous n'avons rien obteneu, et ne &ult espérer aulcuiig accord. Tout cela produira enfin du mal, el n'est à espérer, pendant ce procès, aulcune reunion; et p'armi tout cela , pour ce que j'ai parlé d'affection , et en public et en particulier, de ces divisions et exhorte à union, il y en a qui travaillent à me rendre odieux aulx bourgeois ^ comme si je portois la cause' du corps de ville contre eulx; et selon ce préjugé, ils interprètent toutes mes paroles et actions , etc.

Du d9 avril i6i3«

LXXXVL ~ ^ IJËTTRE DË M. D£ MIRANDË

A M. Duplessis.^

MoffsiàuR, j'ai délivré, à M. ifostre nouveau maire,

celle que lui escrivés, à laquelle il vous faict response, que je vous envoyé; j'espere qu'il respondra à l'espe* rance que vous et nous en concevons. On a desjà fatct retenlu à ses oreilles forces appiehensions et terreurs pour le grand apport d'armes et canons qui s'est faict depuis peu k Angouleme; mais cela ne pourra pro* duire aultre chose que bonne garde, laquelle est tousjours de saison. On l'a aussi vouUeuaonder sur Eoyan,

quelle gouverneur faict conienance youlloir déposer, s'il est besoing , entre mes mains ; maïs îl a rejette toutes ces ouvertures cùtiime hors de saison. Depuis est veneu ici le sieur de Hautefontaine, lequel nous a faici voir force lettres des amis de M. de Rohnn , qui le con-* jurent d'aller en court avec torce promesses d'estre subrogé en la créance de M. le duc de Bouillon ; j'ai Teu les lettres qui sont de bonne pari , entre lesquelles, tenant le rang que vous tcnes, et vous honorant comme je fiiis^ je ne craindrai poinct de jettter eil vottre sein

qu'il y a une du sieur de Bassoinpierre, qm parle comme ayant charge ; sur ce iedict sieur duc nous demande nos ad vis, lesquels, par oreAnce donnés audict sieur de Hauteiontaine, ont esté qu'il ne debvoit pas mespnser oeste occasion, en envoyant neantmoins aeulement, quanta présent, ung gentilhomme qualiBe.' et confident pour réitérer les olTres de son service, ^'estime qtt*il se conformera à cela, et que l'envoyé pourra estre lediet sieur de Haulefontaine. Quant à nos bourgeois, ils s'entretiennent tousjours en leurs uiescontentcmene; et ayant ces jours esté recherchés par nos pasteurs pour terminer nos différends^ ont faict une reaponse maligne et pleine de rodomontades , à savoir, cfu'en acquiesçant par nous au principal de leurs

prétentions , qui regardent les résignations des lieux de payB et d'echevins, qu'ils veuUent absolument retran* cher, ils adviseront a arrester les aultres demandes en grand nombre qu'ils ont a nous fîiire. Le temps aeeoiiimodcra peult estre toutes choses^ et au pis aller,* si l'afluîre se traicte par les voyes de la Justice^ les eve* nemens n'en peuvent beaucoup estre mauvais pour mm y etc.

Du 29 avril i6iB,

A M. MarbaulL

Monsieur mon vrai ami, j'ai tant de patience qu'on yeult pour mes af&ires particuliers, mais pour le public, il fault que je vous die que je commence à la perdre; car de toutes parts j'ai une plaincte de nos gens j que les choses promises depuis quattre mois , ne s'exécutent poinct, qu'on s'est contenté de publier en haste la déclaration, qui en quelque sorte nous estoit plus à préjudice qu'à advantage; et, pour le surplus, do la qualité de pretendeue reformée, de l'exemption des pasteurs et aultres poincts, on n'en a jusques ici faict ressentir aulcung effect dont le blasme tombe sur nos députés generauix , qui ont asseuré nos Eglises de la prompte exécution des choses promises, sur plu« sieurs personnes d'honneur pareillement , qui s'y sont entremis pour la tranquillité publicque , aulxqueis on a subject de dire aujourd'hui qu'ils sont cause d'avoir retardé le bien des Eglises qu'on procuroit par les assemblées; et, selon Thumeur et la passion, plusieurs se dispensent d'en parler en pires termes. Si crois je qu'il est du service de leurs majestés de ne laisser pas perdre la créance des gens de bien, et qu'il leur importe d*eo estre servies plus d*une fois ; on ne peult ignorer aussi que ces uiexcculions peuvent donner corps à des mescontentemens , qui aultrement ne pourraient subsister; et quand la chose en sera veneue là , plusieurs aultres s'y attacheront, quil sera niahiisé de dissiper. C'est pourquoi j'avois pensé prévenir, lorsque j'escrivois à-M» le président Jeannin, qu'il estoit be-

▲ M. MARBAULT. fkoS

«oiog que lâdicte exécution se rencontrasfc âvec la te-

neue des synodes provinciaulx en ces mois d'avril et de mai f afin que chacuog en reqaportast contentement en sa province; au lieu qu^il ne s'y trouvera que inatiere étplaincte; aulx ungs, pour rougir des paisibles conseils qu'ils ont donnés; aulx auhres, pour reprocher que les leurs plus vigoureux n'ont esté suivis; à quoi cependant je vois peu de réplique : car encores que je n'ignore poinot les diligences qui s y font 9 telles que M. le président Jeannin m'a- faict ce bien de m'escrire, "Vous sçavés que les peuples ne se payent que des effects, lesquels, certes, jusques ici ils sentent contraires aulx choses promises. En tous les sièges presidiaulx et royaulx ^ il n'est poinct pourveu contre la qualité de pretendeue reformée, et ce sont ceulx vers lesquels tous les jours nos pasteurs ont afiaire; et de dire qu'ils suivront l'exemple des parlemens , sans aultre despesdie, nous voyons la practique au contraire. Par ainsi, pubqu'il y a des considérations, pour n'en faire une patente, M. le procureur gênerai en eust peu escrire à ses substituts, pour fiiire valoir l'intention de leurs majestés chacun g en son endroict. Pour l'éxemp-^ , tion des tailles, la patente pouvoît aussi estre veniiee, par où il eust pareu du bénéfice de leurs majestés à la descharge de nos députés generaulx , sauf à liquider puis après en Texecution les difticuités provenantes de rordonnance d'Orléans ; au lieu que la longueijar qu'on leur tient sur la vérification est teneue jpour frustra» toire. De mesme, remonstrai je de quelle conséquence il estoit, pu^u'on en recognoissoit la, justice, at* tendeu mesme le préjugé du feu roy, de terminer l'rffaire d'Aiguesmortes au contentement de la province ; à fiiulte de ce, le danger évident qu'elle n'attirast de

206 LÉTTRE DE M. DUPLESSIS, eic.

' son poids plusieurg Aultm à 901 1 e|: vou9 Ten YOfés mi ehemin , puisque ses 4eptttés ont charge de se retirer »

et prendre leur retour par Saulfliur* La Boebellof Seinct Jean, Bergeiteo » Moatauban , eic* ^ cur 4 ce texte

ne fault poinot de commentaire. Ainsi , si Ton n*y prend garde» et bien tost, nous aurons travaillé en vain» et que ne f^ust ce qu'en vam^ ainsi à nofi|r« domma^^i Ce que je vous dis, M. Marbault, avec très sensible douleur, et plus beaucoup de l'iuterest publie de Testât que do mien» enoores.qn^l y en aille à b^n eseteni*; et me ferés plaisir, puisque MM. de Villeroy, président

Jeannin et de Pontcbartrain vou» en ont ouvert queU quea propos» de leur remonstrer ce qne dessus, bs

suppliant c]e le trouver bon de ma part, de tant plus qu'ils doibvent désormais eognoistre mes procédures, et d'aillears ont mes expérimenté que les affaires de

ceiil.v de la relligion sont affaires de pen])les, qui ne

se manient poinct par les bricolles de cestui ci ou de cestui là» qu'on pourrait tirer i sa derotiop ; wais par , la voye royale d'une bonne foy, en la prompte et sincère exeeution de^ eboscs promises. Je vous salue» età >

Dp 3 imi i6i$»

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