XCL — L£TT&£ D£ LA. ROYNE
A M. Dupkssis.
M. Duplessis, vous me faictes plaisir de continuer à donner vostre advis sur les occurrences qui se presen- . tent, et vous pouvés asseurer qu'il est tonsjours bien receu pour toutes considérations; et que comme je i*at faict paroistre à vos gendres , en l'occasion dont vous me remerciés , vous et les vosCres cognoistrés en toutes aultres combien je vous estime et afFectionne , qui est toute la response que j'ai à faire à vostre lettre du 19 du mois passé. Mais j'y veulx adjouster des nouvelles de ce qui se passe en Italie, louchant la guerre que le
duc de 5avoye ^ déclarée au cardinal de JUaatoue , et
LETTRE DE LA. ROTÎVE, «le. ^ 9l3
ce que jusques à ceste heure nous avons faict ici sur ce subject ; jugeant que vous pourriës estre en peine de Fung et de Taultre, sur les differens bruicts que je ne double poinct qui n'en courent de toutes parts , si vous n'estiés adverti par moi de ce que vous en debvés croire. Je vous dirai donc que nous avions espéré que le malentendeu que vous aurés peu sçavoir qui estoit entre lesdicts ducs, après la mort du frère du dernier, se pourroit composer par le moyen du mariage dudict cardinal avec Tinfante, veufve du deffunct, qui sembloit estre désiré des parties, et conseillé de toutes parts, ioutestois ledict duc de Savoye ayant voulleu retirer auprès de lui ladicte infante devant que per^ mettre qu*elle s'engageast plus avant audict mariage, la difficulté s'est rencontrée et augmentée sur ce que ledict duc de Savoye et ladicte in&nte ont deinandé à icelui de Mantoue, que la princesse fille du duc deffunct, agee seulement de deux à trois ans, suivist sa mcsre, sortant du Mantouan. A quoi l'on prétend qùe ledict duc cardinal , désireux de gratifier et contenter ladicte infante , avoit aulcLmement consenti, à condition que la mere et la fille demeureroient en la garde et au pouvoir du duc deModena, à certaines charges qui feurent proposées par ledict duc de Mantoue , mais 'refusées par ledict de Modena du commencement ; telle* ment que ledict cardinal prit subject sur ledict refus de révoquer aussi le consentement qu'il avoit donné. Quoi voyant ladicte infante, assistée du prince de Piedmont son frère, et commandée par le duc son pere , se retira à Milan , laissant ladicte petite princesse en la garde de la duchesse de Ferrare, sœur du feu duc de Mantoue , sa grande tante. Depuis ledict duc de Modena pressé (ainsi que Ton dict ) par le gouverneur de
121 4 LETTKË D£ Lik KOYN£
Milan , ami et afTectionné dudict duc de Savoye , feit , déclaration d'estre content d'accepter le depost et la < garde desdictes prmcesses, mère et 611e, aulx charges et conditions proposées par ledict cardinal. A quoi cestuici s'excuse de consentir de nouveau, à cause du premier refus faiot par ledict de Modena, proveneu de son inclination, et avoir icelui change de propos, plus' pour complaire à aultrui que de son mouvement. Et pour avoir aussi ledict cardinal mieulx considéré depuis la conséquence de la remise de ladicle petite princesse au pouvoir d'aultrui qu il n'avoit faict, lorsque les larmes de iadicte infante et sa passion pour elle avoient extorqué de lui le consentement premier dudict depost; il auroit mesme temps depesché à Milan ung de ses principaulx conseillers, première* ment pour excuser son refus, et après advancer et resouldre le susdict traicté de mariage avec Iadicte infante , paV le moyen duquel Iadicte petite princesse demeurée à Mantoue , pourroit estre bientost après rendeue à la mere, au contentement des parties, et tous différends composés entre lesdicts ducs et leurs maisons; comme s'y offroit ledict cardinal, l'ambassadeur duquel estant de Milan passé à Versetl , où ledict duc de Savoye avoit jà retiré Iadicte infante, pour iicgotier les susdicts accords avec lui , il est adveneu qu'il a esté arresté prisonnier , et que ledict duc s*est jette en ' mesnie temps dans le Montferrat, s est emparé à force . ouverte des villes et places du pays, a pris les unes avec le pétard, et a forcé les aultres à coups de canon ; contrainct les habitans de lui jurer fidélité, et ceulx du plat pays d'obéir à ses mandemens. Ce jeu feut commencé par ledict duc de Savoye environ le m ou a3 du mois passe. Et sur ces entrcfaictes et surprises, mon
A M. DUPLESSIS. ik l6
Bepveu le duc delVevers s'estaut rencontré en la ville de Savonne, conduisant en Italie sa belle sœur, prend le.solution d'aller à Casai, ville et forteresse prineipale dudict Montferrat, accompagné, ainsi qu'il nous a mandé , de cinquante ou soixante gentilhommes , et de pareil nombre de soldats, où on ne double poinct qu'il ne soit arrivé très à propos pour fortifier et encourager cenlx qui gardent la place, de quoi nous atten-^ dons des nouvelles de jour à auitre. Celles que l'on a eues de Piedmont, apprennent que ledict duc, enflé de la prospérité de ses armes, après s^estre rendeu maistre de toutes les aultres places et de la campagne dudict Montferrat , va assiéger ledict Casai, ayant pour ce faire augmenté le nombre de ses canons, qu'il a tirés de la citadelle de Thurin , et conduicts par le Pc où il est; et d'aultant que Ton tient ladicte place bien fortifiée et munie de toutes provisions nécessaires pour bien estre delfeudeue, et mesme d'ung suiïisant nombre de gens de guerre, selon la grandeur d'icelle, plusieurs ont opinion que ledict duc ne s'y engagera si librement qu'il publie; ou s'il le faict, il fault qu'il se 'Confie de quelque intelligence qu^il ait dedans. Il est vrai que Ton a souvent esprouvé que son courage ■e lui permet pas d'estre si circonspect en tous ses desseings; ce qui (aîct croire qu'il ne lairra de s*engager audict siège, principalement si ledict gouverneur de Milan contineue à le regarder faire, ainsi qu'il a faict jusques à présent. Car encores qu'il ait escrit n'ap* prouver l'invasion dudict duc , toutesiois il s y est opposé jusques à présent assés mollement. De sorte que nous debvons craindre que ses longueurs et procédures n'animent ledict duc, au lieu de ie refroidir. Mais dans peu de jours nous en serotis esclaircis; et
•11 6 LETTRE DE LA KOYNE, cic.
cependant nous faisons advancer nostre cavallerie légère vers la Ironliere du royaulme , de ce costé là , et y envoyons ceulx qui y ont charge pour se tenir prests à tout événement, ^n de ne perdre poinct. de temps, en attendant qu'avec plus de cognoissance et de fondement nous puissions prendre nostre resolution, en laquelle désirant d'estre assistés de mon nepveu le prince de£Iondé , nous avons envoyé vers lui mon cousin le duc de Ventadour , pour le lui faire entendre , et lui en représentant les causes , le convier de venir trouver le roy monsieur mon fiis, qui est parti des hier pour aller à Fontainebleau , et que j'y suivrai ce matin, Dieu aidant, pour y demeurer un g mois ou six sepmaines. Je prye Dieu qu'il vous ait, M. Duplessis, en sa saincte et digne garde. Marie.
Et plus bas^ Potier. .
Escrit à Paris , ce 1 1 mai 16 1 3.
XCIL — LETTRE DE M. DLPLLSSIS
A la rojne.
Madame, c'est ung excès de la bonté de vostre majesté qu*il lui pbise me £iire si particulière part de ses aflbires, par ses lettres de Tonziesme. Mais je recognois qu'elle a voulieu donner a la fidélité de mes vœux ce que je n'eusse osé attendre de l'utilité de mes services. Dieu a beni jusques ici, madame , In prudence de vostre majesté en la conduicte de cest estât; et au train qu*elle prend d'apprendre de plus en plus à ses subjects de vivre les ungs avec les aultres, j'espere, avec sa mesme grâce,, qu'elle le maintiendra en paix. Quoi estant, vostre estât, madame, sera en deue considération en-
LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc. 217
vers les voisins, et retièndra son auctorité, pour contenir es termes de raison ceulx qui s'en voulchoient* eschapper. C'est pourquoi je ne puis croire que M. de Savoye se veuille opiniastrer là ou il verra vos majestés sentir leur interest; et là oii il le feroit, je ne double pouct que vos majestés ne soient servies de tous leurs subjects, comme à Tenvi* Le tout est donc, madame, que le dedans soit sain, et que tous vos bons serviteurs 7 travaillent, moyennant quoi tousies affaires qui vous peuvent survenir du dehors , vous seront plus* tost exercices que peines ; c'est à quoi je m'estimerai heureux de pouvoir contrii)tter mes derniers ans, etc.
Du ai mai 161 3.
XCIIL — MEMOIRE
Envoyé par M. Duplessis h MM, les déniés gene^
raillai, le ai mai i^i3. , -
Il y a environ ung mois que je ieus adverti que les officiers et eschevins de ceste ville avoient appelle et reteneu ung jésuite de La I icchc , pour y prcscher l'Octave de la Feste Dieu, et Tadvent et le caresme prochain ; chose nouvelle en ceste ville , ou depuis vingt cinq ans que j'y suis , mesmes depuis la paix , ils se seroient contentés d'avoir des prédicateurs des aultres ordres, desquels ils n'ont poinct faulte en la ville , oii ils ont couvent de cordeliers, capucins et recelés; et s'ils ne les trouvent assés suffisans, en peuvent prendre du voisinage , ou , selon la police de l'Eglise catholique romaine, en demander à leur evesque/Seulement seroit adveneu une fois que pere Gontier, passant pour aller à Fontevrault, y auroit £iict trois ser-
a 1 8 MEMOIRE.
mons en diverses paroisses, esquels il n'auroit peu dissimuler sa violence et son Tenin , dont alors j^aurois
fiiict plaincte au roy, et depuis ne se seroit aulcung ingéré à y prescher, ni eulx aussi à eu appeller , sur la remonstranee que }e leur fets des propos teneus par ledict Gontier, capables d'altérer les esprits, que, par la grâce de Dieu, j'avois eu ee bonheur de faire vivre soulis les ediels de leurs majestés en si bonne paix.
Geste entreprise donc me feut nouvelle, de tant plus que les jésuites depuis ce temps là se seroient rendeus plus suspects et odieux aulx gens de bien , et leur deussent estre plus cogneus, tant par leurs livres que ' par leurs eeuvres, mesmes par les arrests de la court de parlement, qui manifestent et condamnent et leur doctrine et leurs practiques. £t pour ce pensai qu'il y &lioit obvier, veu mesmes que sur le cahier présenté par les hutct provinces, il nous estoit accordé purement que pour Tad venir ils seroient excleus des places qui nous sont laissées en garde , consequemment selon Tarticle 53 du cahier de Saulmur, auquel ceste response se rapporte, n'y pourroient tenir collèges, prescher, confesser ni résider.
Neantmoins , premier que d'en venir là , j'estimai debvoir consulter MM. les députés generaulx sur cest affiiire; et à ceste fin en escrivis deux fois à M. Marbault, pour en avoir leur advis, encores que le texte' nous semblast assés clair : et enfin , comme trois sepmaines se : ftussent passées sans response, craignant qu'ils ne me dissent que je les advertissois trop tard pour se pourvoir d'ung aultre prédicateur , je me resoleus, avec l'advis des plus prudens, de leur en par-- 1er. Ce feut le 19 du présent que je mandai les eschevins de la ville, aulxquels doibt appartenir ce soiog,
leur fets ma plainéte de cesie entreprise faicte ssnt
m'en parler, leur en dis doulcenient les raisons, et après tout leur monstrai les articles respondeus par leurs majestés , contresignés par ung notaire et secrétaire de la maison et couronne de France, par lesquels ils apprissent que leurs majestés nous avoient accordé , pour le repos public, que les jésuites ne prescfaeroient plu« es places qui nous sont baillées en garde. A quoi feut par euU respondeu que c'estoient ceuU de la confrairie de la Feste Dieu , qui avoient mandé le jésuite pour prescber Toctave/ dissimulant le surplus. Mais puisque je n'avois agréable qu'il y preschast , qu'il y falloit pourvoir, et qu'ils les en advertîrcHent pour cest efFect.
Le lundi si s'assemblent les officiers du siège avec eulx; et, après longue délibération , me viennent trouver le seneschal, lieutenant criminel, procureur du roy , conseillers du siège , escfaevins de la ville et aultres , et me remonstrent qu'ils n'avoient pensé me debvoir communiquer ce.qui estoit de leurs prédicateurs ; d'au* tant que cela regardoit leur relligion , me pryans fort instamment, et sans avoir es^ard aulxdicts articles, de laisser venir et prescher ledict jésuite, Toctave, Tadvent et le caresme, parce qu'ils s'y estoient engagés , et qu'il leur seroit difficile de trouver ung aultre prédicateur ; et vouUeurent les ungs trouver de l'ambiguité en la response ; les aultres , mesmes le procureur du roy, mettre en douhte que Saulmur feust des places mentionnées en l article, et se passèrent divers propos là dessus.
La conclusion fcut, que je ne pouvois rien changer en ce que j avois dict aulx eschevins, qu'il importoit au repos public que l'article feust suivi; qu'ils avoient
BIEHOIRE.
nombre de prédicateurs es couvens de leur ville , que les villes de Poictou et aultres voisines ne desdaignoient poinct d*appeller. Que s^ils ne les contentoient suifi* samqient, ils pouvoient avoir recours à leur evesque, selon la discipline de TËglise romaine , pour leur en donner. Que je leur baillois copie des articles, pour les peser et digérer. Que si au reste ils pensoient que je leur feisse grief, ils avoient les moyens de se pourvoir. Ce que noromeement je leur adjoustai , pource que deux ou trois fois ils me répétèrent qu'ils auroient bien des lettres de la royne, à moi addressantes, sur ce subject.
C est pourquoi j'ai creu estre besoing de faire ceste despesche par homme exprès , à ce que sa majesté n'y
soit surprise , et qu'ils ne représentent les choses d'ung aultre visage » estant très important pour le bien de. nos £glises, mon propre interest, et le service
mesme de leurs majestés, que rarlicle soit obéi et suivi en ceste ville , et qu'il ne soit rien ordonné ni souiièrt au préjudice d'icelui.
Mes raisons sont, premièrement : que ccsLe place considérée tant en elle mesmes qu'en ma personne , est CKemplaire ; partant que si cest article est ou enfreint ou énervé en icelle, ils tireroient conséquence pour plusieurs aultres, et de faict desjà les catholiques romains de Tfaouars ont parlé d'en faire de mesme; a quoi le gouverneur est resoleu tie s'opposer, et à peine se passeroient ces introductions sans tumulte.
Deuxiesmement : que si je viens à souffrir cela, m'estant escheu le premier d'avoir à disputer cest article, toute la suite m en sera imputée, et ne ^Eiuldront ceulx qui prennent plaisir à contreroUer mes actions, d'en faire leur prolici contre moi en beaucoup de sortes.
me Timputant à mollesse , lascbeté et diserlion de la cause publicqtte.
Troisiesmement : que les bons ad vis que je puis donner pour le bien et repos public, en perdroat leur force; au contraire, les contraires prendront advantage; aulx* quelles j'en pouvois adjouster plusieurs aultres; mais celles là me semblent suffire.
Pour y remédier et à moins de bruict, parce que la royne et messieurs de son conseil prendront plaisir que cest affiiire se passe sans esclat, et que d aultre part je* serai bien aise de n'estre pas reduict à renvoyer les jésuites, en cas qu'ils s'y opiniastricnt; j'estinierois à propos que M. le chancellier escrivist ung Hiot au se* nesclial de ceste ville, et autant au procureur du roy, par lequel ils apprissent que pour plusieurs bonnes considérations, qui concernent le repos public, il est trouvé bon que les jésuites ne preschent poînct en ceste ville ; et parce qu'ils pourroient celer leurs lettres, seroît nécessaire que j*en eusse copie authentique»
J obniettois à vous dire que sur pareille remous* trance, M. de Boisguerin s'est desÉaict des jésuites, qui ne viennent plus que prescfaer en la ville de Loudun, nonobstant qu ils ayent ung prieuré dans le chasteaiif duquel ils jouissent.
Aussi que tous nos voisin» ., d' Angers ^ de Tours et de Nantes, ne les ont jamais voullcu appeller pour prescher; dont vous voyés que nous sommes les moins sages, oii nous le debvrions plus estre.
aasi LETTRE DE M. BUPLESSIS
A M. d'Jersens,
Monsieur, j'ai faict tout ce que j'ai peu pour la réunion, mais tousjours creu quelle ne pouvoit estre solide , si on ne oonv«noit de la direction de nos af* fiiires CQinmuns, au repos de l estât et bien de nos Eglises; j'entends et du but et des moyens, paroe qu'aultrement on anrott à s*entm;lioquerà oblique bout de champ; et là ou les esprits seroieiit portés diverse* ment, il seroit mal aisé de joindre les volontés. Ce qui ne s'est que trop veu , et à mon grand regret, au regard de M. de Kohan , a y ayant eu altération en la conjonction , que vous regrettés n'estre telle que paravam, qu'en ce qu'on l'a porté à aultres conseils. Mais j espère, comme il aura pris le loisir, ea^irà cBslum , de oomparer les moyens qui lui estoient fructueux à ceulx qui l'ont jette sur le bord du péril, il né sera malaisé, pour peu qu'on y aide, à lui de reprendre confiance de mon service; à moi avski de son amitié ; poarveo, comme dessus, que nous convenions à bon escient d'intentions. Pour M. de Bouillon, je lui ai escrit en ce sens. Nfons sommes trop vieuk désormais pour estrc portés des vagues de la court, moins de nos passions. £t ^Éillenrs, ii est éttco^es moins raisonnable que xm
Eglises aillent à l'escarponlette , au gré de nos mou vemens particuliers. Il leur fault faire cognoistre que nous nojis intéressons en leur bien , et non elles en nos interests. Au faict de Montferrat, je balance fort, d'une part que M. de Savoye en ait tant faict, et sans sup port de l'Espagnol, et pour en demeurer là; de
X M. 1>*AER6ENS. m3
Taultcei que le pape et les aulu es estais lui puissent souflfrir de troubler la paix de VlUlie^ et en elle de toute la chrestienté. Mais peu de jours nous y feront voir clâir« Je suis avec vous que M. Dumaurieri sous prétexte d^ung voyage, demeurera fesident; et l'ai tousjours ainsi preveii, et pour plusieurs raisons. Selon que le Montserrat procédera, il aura plus ou moins à faire avec vous. Car, quelque désir que nous en ayons, il n'est pas tousjours en neutralité (jui veuit; et on BOUS pourroit taster si avant en la Mputatton et en l'interest , et de Testât et de nos plus estnoictes alliances , que nous serons contraincts de changer de posture, et de la faire chaog^er à nos amis* Je salue, monsieur, bien humblement voa bonnes grâces, avec tons oflires de services, et prye Dieu vous avoir en sa saiacte garde , etc.
. Du s4 mai i6i3.
XC V. ^ LEXTAS M. DE BUH Y
MoirsicirR , le commandement absoleu qne me feiles,
lorsque j'eus cest honneur de vous voir à Saulmur, de vous envoyer imtre niepce, a faict que j'ai désiré obéir à vostre desîr , encores que je croye bien que ne la trouviés pas digne d^avoir esté souhaictee de vous ; mais je la desadvouerois pour ce qu'elle m'est , si elle ne vous rendoit un g éternel service , et à tout ce qui s'annoncera jamais de vous ; pour moi , je crois qu'estes aaseuré de l'entier pouvoir qu'avés sur.moi. C'est pourquoi je iinirai ce discours , pour vous supplier de me mander si vous vous estes resoubveneu de xm\^ tou-
aa4 LETTRE DE M. DE fiUHY , «le.
chant les princes crAllemaigne , parce que je ne fais rien en France. Aussi vous donnerai je advis que nous sommes prests à plaider, M. deVillarceauz et moi , touchant la différence que je desirerois qu'il mette à ses armes ; il dict nesçavoir qui est Taisné , et n'a vouUea prendre la voye d*amis, et mesme a voulleu dire à H* le commandeur de Flanalourt, que j'avois envoyé chés lui f que les armes de Momay e^toient ung lion noir sans ongles et sans couronne, et qu^il croit que ]es armes que je portois esLoient celles de mesdemoiselles de Longuevilie, et qu'ils estoient mes aisnés; je les ai esté trouver, et m'ont dict qu'ils estoient asseurés que j'estois Taisné , et pour eulx ils m'annonceroient pour. cela, et mesme j'ai appris qu'aultrefois mes prédécesseurs avoient esté par ceulx de la maison de TouteviUe inquiétés touchant les armes , qui ne desiroieiit que les portassions pleines; mais qu'en avions eu ung arrest contre eulx , par lequel nous porterions les armes pleines, nos armes estant plus anciennes que les leurs. Vous me ferës la fiiveur, s'il tous plaist, monsieur, que de me voulloir envoyer le plus d'enseignes que pourrés, parce que nous n'avons que quinze jours à attendre la volonté dudict sieur de Viliarceaux, qui est porté de mauvaise foy, etc.
En mai i6i3.
MoirsmTA, j'ai reœu les vostres du 19*, et vous
aurés eu du 21 une despesche de moi par Sanardin, envoyé exprès par les relais, qui vous ser4 accroist de
LETTRE DE M. DUPLESSIS, «te. ' ai5 peine ; mais je m'asseure que vous la prendrés voloatiers, parce que tous en jugerës bien la conséquence, et pour moi et pour nos Eglises, et pour le service mesme du roy ; c'est pourquoi je ne vous en répète rien ici. Je plains extrêmement le peu d'advancement que vous avés trouvé en nos affaires publics. Plaignes moi aussi des reproches que j'en souffre avec TOUS, et plusieurs gens de bien qui ont travaillé en bonne conscience. Je pensois Taffaire d'AigLiesinoi tes resoleue. Je ne sçais à quoi pensent nos directeurs , car la playe n*a encores que trois points d'aiguille , et ne fauH guère pour la rouvrir. Nostre synode s'est teneu paisiblement à Baugé, le magistrat ayant ac* quieseé auk asseurances qu'on lui donna que la clause de la déclaration ne faisoit rien au préjudice de la liberté accordée par breTCt exprès à nos synodes ; mais ils avoient enToyë deux fois à M. le mareschal de Bois^ dauiphin sur ce subject , qui est cause qu'il sera nécessaire de £iire renouTclIer le brevet , conformément à l'article porté par vostre mémoire qui y doibt estre exprimé , à cause des entreprises qui ont esté dictes contre lesdicts synodes. Je crois que le voyage de M. Dumaurier n'est qu'une planche pour la résidence , et si j'ai deu estre considéré en quelque esgard , ce ne debvoit estre au préjudice, de Tostre frère, etc.
Du a4 Kud i6i3.
M. Marbault , je vous ai escrit ce matin par l'ordinaire, et ne vous en répéterai rien présentement. J ai
226 LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc.
nouvelle certaine que M. le prmce passa jeudi t& à
• Xainctes , et alla disner chés ung gentilhomme de là auprès, tirant vers Bourdeaulx en diligence. Le cardinal de Sourdis estoît à Surgeres, lequel, en estant adverti , au lieu de s'en aller en court , s'en retourna audict Bourdeaulx. Le coionnel n'est poinct-au Chas*
* teau Trompette, mais y a laissé ung homme quia charge de ce qu'il a à faire. M. de Roqnelaure et le premier président y sont fort mal ensemble. La royoe a eserit à plusieurs des ^ncipaulx ; cela petilt regarder la mairie : mais il y a danger que la suite soit plus grande. M. de La Forée a publié , dtt 28, «ng mant* feste qai porte ung démenti contre le stem* de Grammont, lequel par avant en avoit faict ung auhre contre lui, soubs le liom d'ung tiers. C'est le subjeet du Toya^e du sieur de La Chesnaye. La division de ta Rochelle, entre le corps de ville et ia bourgeoisie, s'enflamme de plus en plus; le prestdial y tient la main pour rahnîsser le corps de ville. Cela est cause que le commerce diminue , et se transporte à Nantes, Limoges, Bourdeaulx et ailleurs; ores, se rendra par II la ville plus capable de remuement, etc.
Du 24 maî 161 3.