‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 41 sur 142 · XCVIU. ~* LETTRE M. DE SEAUX · texte numérisé non relu

XCVIU. ~* LETTRE M. DE SEAUX

^ M* Duplessis.

Monsieur, je ne veulx laisser passer l'occasion de ce valet de pied, qui s'en va en vos quartiers, ssns vous escrire ceste lettre, pour vous asseurer que j'ai receu les vostres des 10 et 21 de ce mois, et qu'ayaat £iict voir à la royne celle que voua lai avés addresseei

LErrilE DE M. DE SEAUX, etc. uuj

sanmjestë Ta ene en la considération qu'elle a tout ce

qui vient de vous, qui est en vérité celle qui vous peult le pius contenter. Vous sçavés assés d'aiiieurs combien elle estime vos advis, et désire qu'en toutes occasions vous coQtinuyés de les lui donner avec entière franchise et liberté; mais neantmoins elle m'a commandé de vous en asseurer encores, et je m'en acquitte d*aatant plus volontiers que je sçais que c'est chose qui ne vous peult ennuyer, quoiqu'elle vous soit souvent redicte. Sa majesté ne doubte poinct aussi que comme vous lui mandés, vous ne mesnagiés ce qu'elle vous escrit, en sorte qu'il ne sera inutile pour le service du roy. C'est pourquoi, d'elle mesmes , elle s'estoit advisee de vous faire ceste dernière despesche; elle m'a eneores ordonné de vous (aire sçavoir ce qui est sur- » veneu du depuis qui est la nouvelle de la prise de Moncalne, et du siège d'une aultre appellee Nice délia Gagliaf desjà reduicte en telle extrémité , que l'on la tient pour perdeue, de sorte que M. de Savoye faict bien cognoistre que tout ce qu'il a dict et escrit pour se linonstrer désireux de la paix, n'a esté que pour amuser les aultres , et cependant faire ses affaires , comme à la vérité il lésa bien advancës jusques à ceste heuré; mais il y a bien apparence que doresnavant son progrès ne continuera pas , et qu'il aura mesnie assés de peine à conserver ce qu'il a pris : car, des le commencement de ce mois, M. de Nevers s'appmchoit pour mettre des forces en campaigne, et en avoit desjà assés bon nombre , oultre celles que Ton a sceu depuis qui se joignent à lui de toutes parts , et mesme de celles du grand duc et des Vénitiens; de sorte que, suivant son desseing, il aura peu ou reprendre quel* qu'une des places que M. de Savoye avoit prises , ou

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