XCIX. — * LEna£ DE M. DE ROUYKAY
^ M. Duplessis,
MoifsiEDR, suivant les vostres , que ce porteur noua * a rendeues , j'ai tout aussitost fiiict entendre le iàîet
à MM. le chancellier, président Jeannin et aultres du conseil , esquels je vous dirai véritablement que j'ai trouvé une disposition favorable de se porter à ce que vous desiriés, non que quelques ungs ne m'ayent révoqué en doubte le droit que nous avons clairement , par la rêsponse de nos cahiers , de Texclusion totale des jésuites de nos places de seuretë ; mais vostre considération a arresté le cours de ce débat, et a esté pris de fort bonne part le soing et la prévoyance que vous avës apporté d'estoufier cela sans esclat , comme aussi de leur part ils m'ont asseuré de celui qu'ils
voulloient avoir, pour vous conserver voslrc créance parmi nous, asseurés qu'iU sont que vous Temploirés tousjours pour le bien du service du roy et repos de cest estât. J'eusse des hier eu les lettres que iM. de Seaux m'asseura me donner tantost; mais, certes, ce retour de M. le prince et de M. de Bouillon , qui sont ensemble à Yallery, comme on tient, ensemble les nouvelles de l'eschauffement de la guerre du Montferrat, les occupe tons, ce dernier pour le gênerai, et le-pre* mier pour le particulier , qui est d'ordinaire ce que nous sentons le plus. L'on tient que le discours teneu par le roy à M. de Vendosme, qui vous aura desjàesté mandé d ailleurs, et la forme nouvelle que la royne a prise de voulloir présider au conseil d'estat, et y assister tous les matins, oii elle reçoit les pliicets des parties, dénote
23o LETTRE DE M. DE iiOUVRAT
assës à ces messieurs qui reviennent , comme quoi 1*61» entend qu'ils vivent, et sur ce subject vous oyés ici force discours divers. De moi, je n'en puis bien juger; car comment serons nous capables de remédier aulx algarades du dehors, nostre dedans estant si confus? SI. le marquis d'Ancre arriva mercredi soir, après ayoir attendeu et veu M. de Bouillon à Paris, et amena avec lui, dont Fou feut fort estonné, M. le marquis de Gornure; action dont Ton discpurt diversement, les ungs disant que c^est ung tesmoignaife de rassetirance qu'il a de sa faveur particulière, les aultres que c'est ung etfect d'une resolution hardie prise-entre eulx. De quelque coste^ que soit le mystère , nous ne pouvons estre long temps sans le descouvrir; mais, en attendanX , les affaires particuliers sont au crochet, et entre aultres les nostres, esquels surtout Ton nous a faicl si nlir ceste longueur de la court. Nous avons enfin retiré des mains du procureur du rojr^de la court des aides, nos lettres pour l'exemption de nos pasteurs, avec leurs conclusions. Ainsi la veniication s'en doibl. &ire au premier jour, et mettrons à fin cest affaire par ce moyen. Pour ce qui est du mot de pretendeu , nous battrons et rebâtirons sans cesse ceste corde, ayant plaincte qu'en divers endroicts To^ l'exagère plus qu*auparavant. Ils nous disent à cela que l'instance que nous en faisons faict faire un^ coptrcbandement par les catlioliques, et de grands efforts par le clergé; que neantmoins ils ne laissent d'en escrire partout; mais qu'ils ne peuvent agir puissamoieiit en ce siècle, et surtout en ceste matière , si fortemeiyt contrepoinctee dehors et dedans le royaulme. Ce que de faict nous remarquons ici visiblement, jugeant bien que Tesclat de c.este instance y a faict faire des considérations
A Hf. DUPLESSIS. . ftSi
^quelles Ton ne peiisoit poinct, et certes je crois qu'il ne tient aulx ministres ni à la royne. Nous tenons neantmoins ferme c^la, y apportant toutesfois le moins de bruict que nous pouvons. Quant au faict d'Aiguesmortas, il n'est encores terminé, quoique, nous y ayons faict ces jours ici une vive instance, remonstrant que
^ nous ne pouvions plus retenir les députés, lesquels eatoient rappelles par leur province il y avoit plus 4'ung mots 9 oit, en Tattenle deulx, le synode estoit difTeré; qu'ils pouvoient^uger la suite de leur retour sans rien remporter de contentement sur ce hicij si vivement senti par leur province , et si généralement embrassé par toutes les au) très, et qui véritablement nous peult reporter aulx agitations, desquelles avec tant de peine nous sommes sortis , voire les fiiire esctater ;
^qu'ils y debvoieat penser et promplenaent remédier, pour ne poinct laisser une porte ouverte auU esprits qu'il y a qui ne demandent qu'une telle occasion , et par ce moyen se voir ravn* i lionne ur où ils ^oucheut du bout flu doigt, d'avoir conduict et reteneu cesta minorité en paix. Parmi toutes lesquelles instances nous remarquons assés la peur où ils sont pour cest affaire , qui leur faict souvent descharger leur courage eontre M. de Bouillon , qu'ib disent les avoir embar- > qués à cela. Nous apprenons neantmoins que la chose va au restablissement de M* d'Harambnre, et qu'ils ont imprimé dans l'esprit de la royne que c'est le biep du
• service du roy ; mais ils en diilerent le jugement après Farrivee de M. le prince et de M* de fiouillofl , et ce Il deux fins, comme je crois : l'une, que s'ils s'y oppo* sent, comme ils le croyent, prendre de là occasion d'en aigrir contre eulx Tesprit de ta royne; lautre, que s'ils jr consentent, que du moins ils seront, leurs ga-
a3a LETTRE DE M. DE AOtiVRAY
rans envers M. le connestaLle. M. du Maine arriva avant hier , et de tous costés se ramasse ici tout le monde : je ne sçaîs quel esclat produira la rencontre de tant de nuées. Je suspends mou jugement encores , et donne matière au vostre de s'exercer sur ce tableau que je vous rapporte de nostre court, parmi lequel je n'oublierai la mesconlentement universel qui sourdement se remarque entre les premiers et plus qualifiés conseillers d'estat, de la nomination des trois trop ab-soleue, à ce quiis disent, pour estre long temps supportée , et que je vois trop grande pour se garantir de Fenvie; aiguillon qui, à mon advis , agit plus en eulx que ie desir du bien de Testât ; car , certes , nous ne sentons en ce temps ici Finterest du gênerai que par le nostre particulier. M. de La Boulaye est ici de la part de M. de Kohan, et y a esté bien veneu et receu fort gracieusement, chéri extraordinairement ; mais il est clair que c'est pour le contrepoincter à d'aultres, en qUoi Je lui ai dict librement que j'estimois que M. de Rohan avoit à s*y mesnager, et que ce lui seroit une action honorable et de grande recoiinnandation parmi nos Eglises, de ne se poinct laisser emporter à sa considération particulière, et aulx subjecis qu^il peult avoir de contrepoincter M. de Bouillon , et lui faire raspeau , ainsi tesmoigner qu'il donne tout au bien gênerai , parmi lequel aussi puissamment il peult conserver et accroistre sa créance. J'ai bien veu que ce texte lui estoit deur; neantmoins il m'a dict que M. de Roban estoit fort porté là, et m*a promis de s*y mesnager de ce biais, et mesme qu^l verroit M. de Bouillon, 8^il apprenoit qu'il l'eust agréable. M. de Chastillon tire ouvertement à quartier là. Neantmoins il a eu force bonnes paroles de sa part, par M. le marquis d'Anc;e.
De moi , tout mon but est que supportant ( pour la eonsideratîon du bien de nos Eglises ) nos deffaults les ungs des aultres , nous fermions le jour , qui a esté et est eoeores entre nous , d*y nourrir et entretenir une division , et y porter les ungs et les auhres autant que je puis ; car, certes , oultre que c'est nostre bien particulier ^ c'est celui de l'estat. Ledict sieur de La Boulaye m'a fort parlé , et dict avoir charge de M. de Jiohan, pour couper chemin à la mesmtelligence qui est entre nous ; ce qu'il m'asseure désirer de tout son cœur; et que si vous aviés agréable de lui faire ung mot, qu'il estoit certain que M. de Jiohan vous y respondroit de telle façon que vous en demeureriés satisfaict ; aprcs quoi vous pourries vous entrevoir au Parc ou ailleurs où il vous piairoit; à quoi je n'ai rien dict , ne sçachant vostre intention , mais que je m'asseurois que vous ne ne vous esloigneriés jamais d'une chose que vous aviés tousjours tesmoignce fort honorer et chérir. Il insiste et presse fort M. Durand comme iaict aussi M. de Cliastillon, et m ont pryc de me joindre à eulx pour le porter à faire ce voyage vers vous premièrement, puis de là vers lui , s'asseu**'' rant que toutes ces choses s'estoufferoient par son organe ; et certes , monsieur , je le désire de tout mon cœur, car ledict sieur Durand , bien informé qu'il est de toutes vos procédures , donneroit le tort où il est 9 et feroit peser à i'advenir ce dont ils n'ont faict la considération qu'ils debvoient. En eifect « j'estime que cela est du tout à désirer pour le Lien particulier de chacung de vous, et notamment pour le bien gênerai de nos Eglises ; et le juge maintenant de tant plus que je vois, par les procédures des synodes de Xaintonge et d* Anjou , le mauvais et scandaleuji train que prendra
î»34 LETTRE DE M. DE ROUVRAY
«est afibire, si Ton ne va an devant. Vostrei prudence*
en peult mieulx voir que personne ia suite, tant au gênerai qu'au parlicuiier. Le désir aussi , qui de leur part se tesmoigne, vous doibt estre quasi une obligation à relascher vos justes ressentimcns ; c'est pourquoi je vous supplie très humblement vous ouvrir à moi sur oest affaire; et en cas que M. Durand ne peust: faire ce voyage , ce que j appréhende fort , si vous aviés agréable , sur la. semonce de madame de Rohan i( les bons mouvemens de laquelle vous sont assés cogneus ) , de vous aller promeneur au Parc oîi vous pourries vous reneontrer, je me retiendrai surtout jusques à ce que j'aye de vos nouvelles , que je vous supplie voulioir advaiicer au plus tost^ d'autant que je crois que M. de La Boulaye ne fera pas long séjour ici. Certes, monsieur, je crois et juge que vous vou& debvés l ung à 1 aultre ce soing, quoique avec diversesconsidérations car vous rejoignant vous redoublés la considération que Ton a de vous , vous vous rafTermissés et renforces par ce moyen , et eçtouffés ung esclat de scandale, qui aultrement vous donnera du desplaisir aulx ungs et aulx aultres. Vous aurés veu , par ma précédente , ce que je vous touschois sur ceste ambassade des Pays Bas , en la qegôtiation de quoi je ne vous doibs celle comme j'ai appris de M. d^Aersens, que pour y parvenir et fermer la porte à mon fiere^ i on s'est servi entre ault|*es artifices auprès de M. da Villeroy , de lui. avoir donné opinion et asseurë que vous vous rejoigniës M. de BpuiUoa et vous, etc., ce^ que j'apprends avoir esté puissant; ça esté mal payer la franchise de mon frère, mais il n'y a remède; vostre prudence mesnagera cela comme elle verra. Je n ai peu neantmoins me retenir, que je naye libcemenit-
, A M. DUPLESSLS. a35
4îet à M. le président Jeannin que Tostre consideFatîon , celle de mon frère et la mienne , et surtout la promesse qui nous avoit esté taicte qu'il enlreroit en nomination, requeroit ung aultre mesnagement. Sur quoi il m^a respondeu qu'on ne lui envoyoit poînct en eeste qualité là, ains seulement pour quelques mois, pendant que M. de Refuge viendroit faire ses aRaires, et que si M. de Villeroy avoit ceste intention, qu'il n'estimoit pas que ce feiist le bien du service du roy, d'au* tant que n'estant de qualité pour cela« quoique bien fort habile homme, que messieurs les estais s'en offenseroient, estimant que ce seroit ung ravilissement à leur estât. Je prendrai Toccasion de m'en descharger le cœui avec M. de Villeroy, comme mesme me le conseille ledict sieur président ;. de vostre part vous en ferés sentir ce que jugerés à propos. Ce qui me fasche en cela est la liaison de AL Marbault, lequel m'a mandé debvoir venir après ces festes. pour solliciter vos debtes , à quoi j'estime que ne debvës perdre temps , et possible ne jugerés vous pas que mon frère de Viiiaruould vous y soit inutile, auquel cas m'en donnant ad vis, it en sera tout aussitost adverti. Vous donnerés, s'il vous plaist, ordre, m'escri vaut sur ce dernier suhject, que. vos lettres ne soient veues ni decÀ, ni delà. Sur ce prye Dieu, monsieur, qu'il vous conserve- Vostre serviteur et allié. Rouvaa.y.
Fonttiiiebkan, ce %ô mai i6iS.
El dans la ieUre esloU ^^m^fermé : Monsieur, suivant les premiers mouvemens que nous avoicnt tes» moigné tous ces messieurs, et que particulièrement m'avoit dict M. de Seaux, j'estimois qu'ils me baillerpient des lettres de M. le clianireUier et du roy au
îi36 LETTRE DE M. DE ROUVRAY
seneschal et à son procureur; mais hier, au sortir du conseil bien tard , M. de Seaux nous dict qu*il a voit commandement de la royne de les faire, si le père Gotton ne vouUoit se faire fort qu'il n'iroit poinct de jésuites à Saulmur ; que s'il le vouUoit ainsi promettre^ que c'estoit ce que vous pouviés désirer, et nous pour TOUS y à quoi ayant respondeu que c'estoit bien une partie de ce que l'on desiroit, mais non le tout, Taullre partie de vostre instance consistant aussi à faire sçavoir aulx habitans de Saulmur l'intention de leurs majestés sur ce faict , afin qu'à l'advenir ils n'y pensassent plus. La feste d aujourd hui nous a empesché et retardé cela, que j'espere vous envoyer par la pre* miere occasion, et cependant, ayant asseurance par ledict sieur de Seaux que le pere Cotton l avoit ainsi promis , et qu'ainsi je vous en asseurasse de la part de la royne, j'ai pensé vous debvoîr renvoyer ce porteur. Je me suis fort picqué de ceste procédure, en laquelle je leur ai dict librement que tant de &çons en une chose si claire nous donnoient peu de subject de bien espérer, et croire de leurs intentions à i'eifect des responses favorables de nos cahiers; que le mesnagement que vous apportiës en cest afTaue estoit. ung œuvre de supererogation , et qu'on ne pouvoit que vous dire quand vous ferés exécuter Fintention de leurs majestés, selon qu'elle paroist par la response faicte à nostre demande ; et ainsi j'insisterai plus fermeemeat sur ce feict, et d'avoir des lettrés du roy aulx officiers. C'est une misère que du mesnagtrnent des afâiires; on les faict passer par tant d'alambics divers i qu'il n'en peult sortir que confusion. Neantmoins vous verrés , par celle de M. le président Jeannin, les ternies de cest affaire ; et, certes , j'ai recogneu que le retar*
A M. DU^LESSIS. aSy
dément desdictes lettres provient plus de Thumeur fermaiiste de M. de Seaux qlie d aultres choses.
Il vient d'arriver pi esentement advis que le duc de Savoye met toutes ses conquestes au Montferrat entre les mains du pape, comme ung depost Ainsi a dict la rojne au chevalier de Giiyse , à ce matin, à qui elle avoit octroyé d'y aller et y mener le régiment de Bourg et quelques trouppes de Provence, que son yojage estoit faict. L'on attend demain M. le prince et M. de Bouillon; cela nous tient ici en échec» Nous allons demander, selon nos instructions , une assemblée ge* nerale , et ce pour satisfaire seulement à ce que nous nous debvons.
Nostre première despesche vous en apprendra dadvantage, etc.
Ce. 27 mai z6i3 » à deux heures.
C — LETTRE D£ M. DUPLËSSIS
jiM.de Buhf.
Moif nepveu, vous m'avés obligé de m'avoir envoyé
ma niepce , selon vostre promesse. Je ne lui en sçais pas moins de bon gré aussi , parce que je sçais qu'elle y a contribué son propre désir. Dieu vous a beni de la vous avoir faict rencontrer de si bon naturel, et douée de tant de grâces. Je le prye qu'il vous en doint bientost ung fils y à vostre contentement de tous deux. Pour ' vostre desseing de Hongrie, M. Marbault , si vous Tavés veu à Paris, vous aura dict ce que j'avois , préparé par son entremise, pour le faciliter. Nous n*y eussions poinct eu faulte d*amis et d'addressc ; mais j'estime ceste guerre «ccrochee pour ceste année, m le
!»38 LETTRE DE M. DtJPLESSIS
bruict contineue au Montferrat , je lui ai aussi escrit
qu'il vous fasse voir ung de mes amis, personnage de
crédit et d'auctorité, qui vous v peult faire de grands offices. Quant à vostre différend avec M. de Viliarceaux y s'il révoque en double vosfire aisnesse, il se fera plus de tort (ju'à vous. J'ai mis en maiu à ma nitpce ung filtre qui la décide, qui est passé il y a près de sept vingts ans entre Charles de Mornay et Jehan , son fils aisné, ainsi qualifié , et ce pour advantager ses puisnés qui y sont desnommés. Si vous envoyés au greffe d'Evreux ou de Passy, ou chés les notaires de ces lieux là, faisant voir les liasses de pareille date, vous y en pourrés recouvrer dadvantage, parce que de ce temps là Charles de Mornay faisoit sa demeure plus ordinaire à Vaux, baronnie à lui appartenante sur la rivière d'£uvre. Si aussi ils confessent d'estre puisnés , ils ne peuvent refuser la différence , et la Table de marbre la leur sçaura ordonner telle qu'il conviendra, selon qu'ils seront plus ou moins esloignés de la souche de l'aisnë ; car quant à ce tju'ils disent, que vous portés les armes d'Ëstouteville et non de Mornay , en ce que vostre lion est ongle et couronné d'or , qui deust estre morne , c'est aulx puisnés à prendre les armes de leur aisné, et non au contraire, et ne se trouvera poinct que Charles , duquel eulx et nous sommes desccndeus, les ait portées aultres; ce que je pense que vous pouvés encores foire voir à Vaux, Villiers le CSiastel en Vexin, à Acheres près d'Orléans, et ailleurs. Ma niepce m'a dict qu'elle est en la bonne grâce de • madame de Lbngueville ; elle vous pourroit obliger de faire retrouver en son thresor de Trve une descente de Mornay, que feu mon oncle, grand doyen de Beauvais , avoil prestee à feu dame Adriane d'Estouteville , qui
DE M. DE BlIHY.
ne hii fevt pdinct rendeite, qui vous escIa(il*ciroit dé beaucoup de choses. Une gratification que vous fériés • au garde la lui feroit chercher ^etc.
' Dm ^7 mii i6i3.
De M, le président Jeannia a M* DupUssis.
MoNSiEDR, je vous peuix assenrer que nous desirons avec affection , et apportons avec seing ce qui despend de nous pour taire exécuter ce qui a esté promis sur les cahiers présentés par ceulx de la relligiôA, soit pour le mot de pretendeue, ou pour Texeniption des œinistreif mais , pour le premier , encores qu'on en ait escrit et iaict parler pour donner l'ordre requis aulx parlemens et chambres de Tedict, il y a encores au dessoubs d'eulx tant d aultres officiers, qu'on ne les en peult rendre capables qu'avec du loisir , et selon que les plainctes viennent. Ce que les plus sages dé ladict€ relligion doibvent considérer, et souffrir et dis* simuler beaucoup de choses comme nous fiiisons pour vivre en repos , attendeu mesnie qu'ils sont assés esclaircis, Tintention de leurs majestés estre de leur donner contentement en cest endroict, estant néantmoins obligés d'y procéder avec discrétion, en sorte que pour contenter les ungs ils ne donnent juste subject aulx catholiques de se plaindre ; quant à l'exemp* tion sur quelques difficultés faictes par aulcungs officiers de la court des aides , jussion leur a esté envoyée bien expresse et lettres piarticulieres de cachet \k ce qu'il n*y ait plus de remise, et que vérification soit faicte des lettres patentes qui leur ont esté envoyées à
a4o LETTRE, eie.
cest effect sans aulcune restriction, ni remise; on a trouvé raisonnable aussi ce que messieurs vos députés nous ont dict , pour vous deslivrer du sonbobn auquel vous estes , des jésuites qu'on veult introduire à Saulmur, la royne escrivant au seneschal et au procureur du roy ce qui est de son intention pour Pempescher, puisque les catholiques peuvent avoir d'aukre5 prédicateurs cpii leur annoncent la parole de Dieu. Ce qui nous empcsche le plus est le faict d'Aiguesmortes, OÙ il seroit raisonnable , pour conserver lauctorité de leurs majestés, de restablir M. de Berticheres; et neantmoins ou y voit beaucoup de difficultés et de contradictions, qu on peult dire à la vérité a estre pas justes. Oultre ce, toute resolution contraire à celle ci est contredicte par M. le connestable , tellcj^nt qu on ne scait quel conseil y prendre.
Dieu veuille qu*ii soit si bon , quHI nous aide à maintenir le repos, au lieu de troubler la paix pu' bUcqtte,etc.
Du 27 mai i6iS*
Monsieur , puisque vous me faictcs ce plaisir de ne prendre poinct à importunité de me donner quelqu'une de vos heures , je vous prye de m'envoyer en latin les passages cités en vostie livre, pages 44 45 du jésuite, Ledesma, pour ce que je les veulx employer en bon endroict , et n'ai poinct son livre. Aussi je vous prye de voir en nostre second volume de Juellus ( car je n'ai que le premier ), s'il ne cotte poinct oit ii a pris
LETTRE DE M. BUPLESSIS, etc. a4l
deux passages, qu'il ne cote au premier. L'ung est in Ptvlegomenis f que fUi temps de saiuct Jerosnie, jponsœ et spohso mUtebatar Eucharistia , ui domi coni^ municarent. L'aultre de Gabriel Biel , au traicté de coinmunione sub utraque, que les presbtres sont plus excellens que la vierge Marie , pour ce qu'ils commu* ' nient soubs les deux. Ce que je ne trouve ni in canonemy ni in sententias , et n'en ai poinct d aultres. £t s<mt neantmoins ces lieux prononcés fort afFermativement par Juellus, et ne sçais si Harding y a rien réplique, ce que je n'ai pas. Vous me manderës aussi , s'il vous plaist, si vous avës Typum ecclesiœ prions Georgii Wiceliiy que j'ai eu aultrefois, et ne puis recouvrer, nesme à Paris, etc.
^ Du â8 mai
cm. — LËÏÏ&£ D£ M. DUPLESSIS
A M. de Seaus.
Monsieur, j'ai receu celles qu ii vous a pieu m'es* crire du a 5* par le valet de pied de sa majesté, auquel j'ai donné addresse vers ceuix qu'il estoit besoing ; et ce mesme jour ont passé soubs nos ponts MM. les ducs de Vendosme et de Retz, sans prendre terre en ce lieu« J'ai lûusjours doublé que M. de Savoye n'auroit poinct commencé pour en demeurer là, et crains qu'il n'ait liaison ailleurs. Dieu doint qu'il ne s'en trouve poinct entre nous, où il n'y a pas faulte de matière capable de prendre feu , d'oii qu'il se présente. Je me resjouis que vous attendés M. le prince, car on voulloit feire croire qu'il feust allé à Boiirdeaulx. Ce sera ung grand
MiiK. DB Ducumu-Hoiutàt. Tomb xir. 1 6
s/r^ LETTRE D£ M. DUHXSvSIS
confort à la royne de Tavoir près d'elle, sur les occasions qui paroissent. En ces quartiers tout est paisible; seulement aurions nous Lesoing qu ou vt ist quelcjues effcctsplus exprès des choses promises, car de là les plus remuans peuvent prendre advanlage sur les plus considères. Ce que je vous dis, j>arec que je vois qu'il y va du service de leurs majestés, lie mesme considération a procédé ce que )'ai représenté concernant le prédicateur jésuite, que je suis fort aise qu'on ait pesé à la mesme balance que j'avois suivie; car ma principale raison a esté de retenir par devers moi le moyen de servir utilement leurs majestés, en conservant les choses par elle coocedees, ouUre ce que je ne feindrai poinct de vous dire que ces gens se meslent ordinairement de plus d une chose. Vous aurës ouï parler du synode de ceste province , teneu à Baugé. Il ne s'y est rien passé oultre les termes, et suis trompé, si vous n'en avés mesme tesmoignaige d'ailleurs , etc.
Du 29 mai i6i3.
A M. MarbauU.
M. Marbault, M. Pjllet, estant prest à partir, par
lequel je vous avois escrit, m'est veneu ung vallcl de pied du roy avec lettres de M. de Seaux, du a5, fort amples, reduictes néant moins à deux poincts prin* cipaulx. Le progrès de la guerre de Monlferrat , et l'ordre pris'sur ma remonstrance du prédicateur jésuite, Fung et l'aultre du commandement de la royne. Je vous envoyé ma response sur ladicte lettre ^ laquelle
A M. MÂRBAULT. a43
mesme, en ce qai concerne le second polnct, est cbnceue en fort bons termes, en quoi je recognois que la diligence de messieurs nos députes et vostre a heureusement opéré; lesquels je diffère de remercier jusques au retour de Saverdin; et cependant vous envoyé lextraict de ladicle lettre, en ce qui regarde ledîct jésuite. Je n*en ferai semblant de rien à nos gens pour mieulx juger de leurs niouvenieuS) de tant plus qu*il font mine de YOuUotr faire interprester Tarlicle par Tentrenitse du pereCotton,et je crois au contraire que c'est iiu qu'on aura rendeu capable de révoquer oeste mission; m'adjoustoit M. deSeauitque présente* ment ils avoient advis que M. de Vendosine s'en venoit en nos quartiers, qui me faicl interprester que c'estoit sans le sceu de la royne, )equel à l'heure mesme de la réception, ou peu d heures auparavant, avoil passé soubs nos ponts, et le duc de lletz avec lui. Le lucsme lacquais portait lettres au sieur de Sainct Phal et aultres j^ari isans du niareschal de Brissac, vers lesquels je lui ai addressé son cliemio. J ai advis que monseigneur le prince a envoyé ung nommé La Tremblaye vers M. de Savoye, et ne puis pas croire que cest homme ait tant entrepris sans avoir de la liaison et dedans et dehors. Un courrier a passé ceste nuict, à cniq chevaulx, qui sVn alloit en diligence en iiretaigne. On m*as8eure que c'est M. d' Avangour, envoyé , comme ' j'estime, pour partie du remède, etc.
Du 2g niai iôi3.
^44^ LETTRE DE M. D AËBSENS