LETTRE DE M. BOUCHEREAU
nuict, je n'ai pu aller chez M. le président pour lai porter vostre lettre. Ce sera pour demain au matin, s'il plaist à Dieu ; il est bon homme et a fort bien faiot son rapport à la maison dé ville, et encores aujourd'hui ung bon acte , en ce qu'il a négligé tous ses pa« rens par promesse, confirmée par serment, de tenir inviolable Tarrest de la maison de ville, sans souifnr quoi le retracte ; toutesfois on dict qu'il est d'esprit doulx et si paisible , qu'à peine peult il resistef' à ceub qui l'entreprenneiit , encores , monsieur, que vous soyez tel , que vous n'avés besoing ni d*apologîe , ni d'aul«* cung qui plaide vostre cause pour vous justifier et vos actions compter; tout ce que peult dire Tignorance et la malice , si est ce pourtant que je suis très aise que vous m'avés daigné envoyer les copies que j'ai trou-^ vees .en vostre paquet : elles serviront à faire et pasiir et rougir les calomniateurs , et à fermer la bouche à ces plaînctifs injpstes dont on n*a que trop de juste subject de se plaindre et douloir, dont toutesfois il fault avoir pitié. Certes encores que je sois le plus misérablement déchiré qu'homme qui soit, et comme ung tfaistre et pensionnaire corrompu par argent , et comme ung perdu et damné, si est ce que je suis bien plus esmea de commisération pour euk , que d'indignation et de colère contre eulx; si j estois pris d'ici, non seulement je ne m'en attpristerois pas, mais je ne ferois que m'en rire et toomer en moquerie tous leurs dictons. Ce qui me ioscbe, c'est destre absent de ma charge, et con- . trainct de voir et ouïr plusieurs choses mauvaises contre Dieu , pieté et charité ; le Seigneur nous en délivrera au temps prefix, etc.
Du 1 1 janTieri6i3.
▲ M. DUPLESSISr 19