‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 60 sur 142 · CXXX. — * LETTRE DE M. DURAND · texte numérisé non relu

CXXX. — * LETTRE DE M. DURAND

A M, Duplessù,

MoNsiEOja, j'ai bien tardé à vous donner de mes nouvelles, mais je ne Tai peu plus tost ; car à mon arrivée en ce lieu, une fièvre contineuc me saisit; de sorte que j'y ai gacdé le lit et la chambre huict jours entiers. Tespêre toutesfois que Dieu me donnera très bonne isseue, comme à ma maladie , aussi pour ma ne«

LETTan; de m. duaand

gotiatian ; car je vous asseure , mongieur, que j'ai trouvé

M. deEohan fort bien disposé et en telle humeur, que TOUS auréa à voatre prenriere entrereue ung contente^ ment mutuel. Je l'ai entreteneu bien au long sur If passé et sur l'avenir, et ai esté bien édifié de ses résolutions que vous verres estre fort bonnes. Il tous aime eL lîonore; il est d'abondant maistre de ses actions, non emporté, mais suivi par ses amis et serviteurs, tous le recognoistrés et en ju gérés àinsi comme j'espere. Mercredi dernier, il partit d'ici pour son voyage de Mouron, et me laissa encores bien malade. Depuis j ai esté à Soubise, où j'ai veu et entreteneu madame sa mere, laquelle a esté grandement consolée de voir jour et acheminement à cest affaire; ce m'y est ung aide et ting instrument bien puissant. Elle vous escrit, et je vous envoyé sa ietti^ par laquelle elle vous advertit, peult estre comme nous avons jugé, que sa maison du Parc sera ung lieu très propre pour Fcntreveuc. Elle se promet, et moi aussi, de vous y voir et de vous y voir content. Là elle se rendra dans buict ou dix jours au plus tard; et moi, je m'en vais à Mouron, d'où je ne fauldrai de vous escrire.

Pour le présent, monsieur, j'ai h vous supplier très humblement de croire que de mon costé, après vous avoir veu et ce lieu ici , j'ai une grande joie en moi mesmes , recognoissant que mon voyage ne sera poinct sans fruict. Ores, pour advancer il me semble, monsieur, comme aussi vous i'aviés trouvé bon, que voici le temps auquel vous pouvës escrire à M. de Rohan; je vous donne ma parole qu'il verra vos lettres avec beaucoup de consolation, et qu'il vous y fera response i Finstant, et telle que vous saunes désirer. Apres cela, ' si vous le trouvés bon et que vous me le fassiés en-

A M. DUPLESSIS. 2q5

teadre à Mouron par ung mot de lettre, nous {uren-

drons jour commode à tous pour nous voir au Parc/ et c'est le but principal auquel me conduiet la commûftion qui m'a esté donnee..Là, moyennant rassistance de Dieu , nous assoupirons tout le passé, et notamment le iaict de la lettre et synodes de Xaiotonge et Anjou , comme j'en ai desjà faict ici recognoistre la nécessité. ,

Je n'oublierai poinct de vous dire que M. Dubois m'a asseuré qu'au synode de BretaignCt Tesperance de ma Teneue l'a empesché de rien dire, ni en public ni en particulier, qui approche ce qu'on vous en a rapporté, et spécialement touchant la séparation de vostre province d'avec la leur, et proteste que s'il eust teneu tel langage , il eust formellement combatteu ce qu'il attendoit de ma veneue , et ce qui estoit de son désir. Bref, monsieur, audict Parc nous penserons à l'avenir et par bons conseils pourvoirons non seulement à nos maladies passées, mais à nostre liaison et conservation future. Gomme je vous y ai recogneu entièrement porté, aussi vous puis je asseurer derechef que M. de Rolian y advancera de tout iM>n pouvoir. U m'a laissé ici M. Descours pour ma conduicte , et j'ai pris ce messager en ce lieu pour seurement et fidèlement vous rendre la présente, etc.

Du i6 juillet i6i3.

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