‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 63 sur 142 · CXXXVI. LETTRE DE M. DE-ROUVKAY · texte numérisé non relu

CXXXVI. LETTRE DE M. DE-ROUVKAY

ji M. D^plessis.

Monsieur , j'îii veu par la vosti e du 1 3 comme vous n'avés aulcunes nouvelles de M. Durand depuis son départ de vers tous : je ne sçafs à quoi imputer eeh, de tant plus que nous avons appris le voyage de M. de Rohan à Mouron, si ce n'est à quelque maladie; car roecasion de eeste entreveue proposée ne debvoit se perdre. Je me suis fort au long expliqué avec M. le chancelier des justes desplakirs que nous avions du mesnagement que Fon tient en nos affaires, par lequel l'on nous rend inutiles , et de telle façon que j'estime que si on ne change le grain, que nous debvrons estre les premiers qui nous en debvons escrier. Geste plaincte a esté solemnelle, et je la fais retentir attendant d'y estre fortifié de vous , avec lequel je fais le mesme jogement : qu'il est nécessaire que nos actions soient cogneues par ceulx aveç lesquels nous sivons à vivre; en quoi je vous rendrai tousjours, comme en toutes aultres choses, ce que je doibs. Sur ce djsconrs, Ton m'a mis en avant la peine qu'on avoit de contenter ung chaeung, sur quoi je n'ai perdeu mon temps de représenter qu'eulx mesnies s'attiroient volontairement ces difficulté^, en portant comme ils font i|0s affiiirea auli yeuli de tout le foonde , et sovs Pexamen d'un cha-

LETTRE DE M. DE ROtVRAY, etc. 30/

cufig , de la diversité du jug misnt et passion desquela, ensemble de rignorance de noa affiiîres, leur venaient

lesdictes difficulté», et h nQu& ^nt de aubjects de dou* Imr et de ftUiwsîtt ; i{ue s'ils retaerroient la direction el coiiduicte de noadieta aflaires dans ung petit. nombre

de personnes entendeuas en iceulx, et n'ayant paasion que pour le bien de r«aial« iU eaviteroient loua oea înconvenîens; ce que j*ai tellement animé d'aultre» raisons qui se pi^uvent dire sur ce subject, qu'enfin nous avons obteneu la nomination de quattre personnes, à sçavoir : MM. de Thou , de Vie , de Botssise et de Btillion , par l'organe desquels ci apr^s nos aifaires doibr Vent estre régis et terminés; de quoi je me promets beaucoup de bien si Ton ne nous rend cest ordre illusoire, pour lequel plus confirmer j'espere quung mot d'approbation et de resjouissance de cest establisse* tncat (avec sobriété toutesfois) ne sera pas de petit fruict. Messieurs du Bas Languedoc partent , suivant ce que je vous ai jà mandé; et reçnsmes hier conjoincte-* mrnl la parole de la royne de sa propre bouche, suivant ce que vous verrés que nous i nscrivons à vostre province , comme aussi pour le faict de rassemblée ge* neraîe, que nous nvons veu ne pouvoir plus différer à demander. Pour Taflaure de La itochelle, ils sont ici après à donner ung arrest au eonseil sur ce fàict, en quoi ils se tesmoignent fort empeschës; et de faicL j'estime qu'il y fault aller avec grande prudence , et qu'eu Testât où est cest affaire , aussi chatouilleux que nul aultre, il ne fault frapper ni sur les ungs ni sur les aultres, afin que, par trop de faveur envers les ungs„ on ne porte les aultres à quelque extrémité. Ici je re« marque divers mouvemens en ces messieurs sur ce £aict, les.Mngs se portant à cpnfirnier raucterité du

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corps de ville , et les aultres se tesmoignant ibrt indulgens envers le peuple, et de ceulx. ci le nombre est le plus grand , ce qui me fascfae.

La forme et les termes de i'arrest qui sera donné sur ce ftict nous y fera Toir plus dair. Entre mes plainctes, je n'oublie celle ci , leur représentant que si le procureur du roy n'est reprimé, que nous aurons assés de subject

^ de croire que ces mouvemens sont auctorisÀ , etc.

Da aa juillet i6i3.

CXXXVIL — * LETTRE De M* le duc de SuUy à M* Duplessis*

If

MoivsiEVii, je vous remercie de la soubvenance qu'il vous plaist avoir de moi , et me resjouis du désir en quoi je vous vois estre de faire finir toutes ces mauvaises intelligences, si honteuses à ceuk de nostre profession : de ma part j'y apporterai tout ce que je pourrai , et ne se présentera jamais occasion de vous faire service que je n'y employé ma vie. Sur ceste venté, je vous baise les mains, et prye le Créateur qu'il TOUS augmente ses sainctes grâces et bénédictions, etc.

MAXfMILlÂjy DE BeXUUNE.

De Ornal^ ce aS juiUet x6i3.

GXXXYUI.— 4^L£TTR£ D£ M. DURAND

A M. DupîessU.

Moi^SiEUK, Yûstre iacquais me rendit vostre paquet

hier soir, et je ne vous sçaurois ei^priiuer avec quelle

A M. DLTLËSSIS. 3o9 joîe je reoeus de tos nouvelles si à propos. Je m^esloi^

tousjours bien promis que tous ne reculciriës poinct en ceste reconciliation. Dieu soit loué , puisqu'il lui plaist advancer son œuvre; lui mesmes nous fera la grâce de ne demeurer en chemin.

Par les responses de MM. les ducs de Aohan et d^ Sully, vous jugerÀ assés combien vos lettres leur ont esté agréables ; ils me l'ont tous deux protesté. Fuis* que vostre lettre au dernier estoit close, je ne pour Tois manquer à la lui bailler; ce qui a si bien réussi que je serois marri d'en avoir usé au)trement. Ils s entretiennent ici si paisiblemjsnt que je ne peux encpr;Çf assés juger du temps de leur séparation. Toutesfois M, de Boban m'a asseuré qu il seroit au Parc, pou^.le plus tard dans le i5 du mois prochain... Si o^s itres humbles requestes ont eu lieu , et que ses affaires le puissent permettre, je presserai pour abréger le temps; l'affaire le mérite, et mon plus long séjour m'apporte, et à mon Eglise, plusieurs notables incommodités. Au reste, monsieur, pour ce qui est du chemin qu'on prendra pour le Poictou , M. Leroux ne vous en a peu ni deu parler que par conjecture, car je les vois ici eiicores entièrement irr^soleus sur .ce pomct : aussi les raisons portées par ina précédente , et goustees .par madame de Roliaii à Soubise , font (|ue je m'arr este du tout à la resolution prise pour i-ei^M'cvue au Parc, et je m'y affermis »d'aMtant plus, puisque vous me r<einarqués par vostre lettre que vous juges à propos ce lieu là. Cest articje là donc, s'il, vous plaist, denieurera des meshui ap*resAé lentre npiiis; ^t- .d'autant qu'il y a encores de rinccrlitude sur le jour que nous dcbvons prendre, et que, je me promets aulcuneinent df^. haster le terme sus mentionné , je no fauldrai à nosjtre

3lo LËXXiU!: DE M. DURaND, cic.

pftrtement cPici de trous en advertir plus particulièrement, par homme exprès qui vous portera de mes lettres; éi puisque Dieik nous donne desjà de vous Vofr rapprcHïhés par lettrés , tt est bien temps dé patt et d auitre qu on pense a une bonne conduicte pour

le m^asséure, monsieur, qu'à TentreVue vous nous ferés assés voir, par vos propositions et ouvertures, combien ierieosement el meurement vous y auk^

pensé.

Vous voyés avec quelle franchise j'escris : vous m'avés pemis cesté liberté, et je la crois nécessaire

entre gens de bien , et qui traietenl affaii es si importnns à la gloire de Dieu , bien de nos Eglises et repos de reirtat, etc.

Oiia4jinUci i6i3.

J M, Diodalj^ M, D. S, E.

]^^)^SIKUU , j'ai receu les vostres du 19. Ce diitereu»! de MM. Dumoulin et Tilenus a donné beâucoup de iléine; et enfin est plustost assoup) que composé, te

fon\i en estant remis au synode national , où j estime

qu*tl fiiuldra remanier Vartielë de Privas, aultl*eiiient

1*1 playe seroit poUr«e renouVéller. Je n*ai poinct veu là dessus vos lettres h M. de.Bouillon ni aulx deux antago» iiis^es; mais j'ii souvent esproUvë qu'il est plus dangereux de se jelter entre deux corabaltans pour les despartir que de combattre soi mesmes. Désormais nous tte parlons (rfuîi du diic dé- SaVuye^ cair il n restitué les places ^ seulement est il question de voir que dcv ien-

LETTRE DE M. DUPLËSSIS, et«. 3i r

dront les forces qui sont en Italie, et si elles n auront poinct quelque liaison avec les desseiogs de la diète de Ratisbonne. Pour le duc de Maiituue , il a tant déféré à r£$paignol , qu'une auitre fois il trouveroit les François plus froids s'il en avoit affaire. Enfin je vous vois aller à Nismes. Ils ont faict sagement d avoir envoyé à l'eau chés vous pour esteindre leur feu. Les déporte^ mens de Bl. Fetrier font royné , et lui ont converti l'amour du peuple en une estresme haine, au moins de la pluspart. Geste recherche aussi d'un office de justice qu'il a fiiict revivre lui a contrebande le siège presidial. Moins vous vous ingererës dans leurs estrifs , et plus vous acquerrëa d'auctorité pour en estre l'arbitre» Il est aussi besoing quelquefois de ikire le malade avec les malades, pour les inieuU guérir. Je ne vois qu'une chose aujourd'hui qui puisse troubler la provincé, sçavoir, le faict d'Aîguesmortes : mais je vois la court résolue de se porter là où elle verra le consentement de la plus^ grande partie , tesmoigné par le prochain, synode, lequel apparemment tendra à l'exclusion du sieur de Bencheres, niesme en haine du sieur Ferrier, que les députés du Languedoc ont maintenu avoir remué cest aflâire à Saulmur , et contre le désir de la province, et sans charge, J'ai apporté, bien que de loing , i cest affaire tout ce que j'ai peu , et , grâces' à Dieu, non sans fruict; de tant plus que la conséquence estoit pour tirer plus oultre. Au reste, nous vivons ici à l'accoustumee et pour mon regard, Dieu ma fatet voir le dos de l'envie et de la calomnie, etc.

A Genève, C€ 24 juillet i6i 3.

3l3 LETTRE DE M. DE SEAUS

GXL. — LETTRE DE M. DE SEAUS

A M, Duplessis,

Monsieur , ce n'est pas sans raison que vous jugés qu'il fault prendre garde à ce. que deviendront les forces qui se trouvent en Italie; car il en a coureu divers bruicts dont les efïects ne nous seroient pas moins importans qu'estoit la guère de Montferrat. Mais à ceste heure Ton dict que M. dé Savoye oomihence à désarmer, et qu'il remet aulx garnisons les trouppes qu'il en avoit tirées; et pour le moins n'a il poinct faict passer delà les monts celles quHl avoit du costë de deçà , ni de celui ci celles qu'il avoit de Taultre. De sorte qu'il semble que le repos de la chrestienté soit asseuré de ceste part là; et s*il fault regarder plus loing , il ne Tesl pas moins pour tout ce qui peult venir du dehors; car la paix d'entre le Turc et le roj de Perse n'a pas succédé comme Ton pensoit; mais au contraire , ce dernier ayant renvoyé l'ambassadeur de 1 aultre avec injure, il est pour lui donner assés d'occupation pour lui divertir de rien entreprendre sitost en l'empire, comme Ton disoit qu'il voulioit faire. La royne a bien sceu que M. de Yendosme estoit arrivé à Chenonceaux ; mats madame s i femme, estant partie d'ici au mesme temps pour l'y aller trouver, a faict croire qu'il y fera quelque séjour. Quant aulx choses prombes, s'il y en a qui ne soient pas effectuées, je vous en ai mandé les causes véritables par ma dernière , et y poui rois encores adjouster que ne consistant^ ce me semble, qu'en trois principaulx poincts , qui sont, le faict d'Aiguesmortes, le mot de pretendeue et l'exemption des tailles pour

A M. DUPLESSIS. 3i3

l€8 minîstres, l'on les a reduîctes en tels termes pur le seing qu'on en a eu , qu'il ne se peult que dans peu de temps elles ne réussissent, comme le désirent leurs majestés et les intéressés; et que des ceste heure, le tout estant bien pris, je n'y vois que subject de louange pour elles et de salisfaction pour eulx^ car pour la première, tous sçavës, monsieur, que la voye qui a

esté prise tend du tout à leur contentement; et pour la seconde, qu'il n'a esté rien oublié, soit par escnt ou de bouche , en Fendroict des gens du roy et premiers presidens des aultres parlemens, et que desjà en celui ci Ton en use comme il a esté demandé. Quanta la dernière, l'on n'attend que ce qu'ordonnera la court des aides , sur une instance de quelques ecclésiastiques du Mans, touchant leurs exemptions, pour ordonner le semblable au conseil pour vos ministres ; et la règle ny estant pas encores bien certaine, il est force d attendre qu'elle y soit mise, comme elle le sera, et bienlo&t sans doubte en ceste occasion. Je erois que vous 6stes adverti de i instance que font messieurs y os députés d'une assemblée générale, pour remettre leurs Aarges et se fiiire nommer des successeurs : mats tous le debvés estre aussi que les choses ne semblent pas se disposer à la leur accorder avant la fin des trois années, ^t que c'est pour des considérations publicques et générales que vous pouvés juger, s'il vous plaist d'y penser, comme je vous en supplie, monsieur, et. que jem'asseure qui seront approuvés de vous, ainsi qu'elles le sont aussi par deçà , mesmes entre ceulx de vostre felligion. Au reste , leurs majestés sont en très bonne santé, grâces à Dieu, et parlent de faire ung petit voyage à Monceaux , après avoir marié M. de Montmorency, si cependant le temps se met au beau ; car ,

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3f4 LETTRE 0£ M. DE SEAL S

GQmtiie vous sçavés, il n'y £m€I pas bon pendant qn^ii est à la pluie; et cela faiot, et encores quelque peu de séjour en ceste ville, je crois quelles vouldront retourner à Fontainebleatt pour j paner Fautomme, el&

De Paris, ce 24 juillet i6i3.

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