‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 70 sur 142 · CLIV. — ^LETTRE DE M. DUHAND · texte numérisé non relu

CLIV. — ^LETTRE DE M. DUHAND

ji M. Dupiesôis. ^ f

Monsieur, nous avons séjourné plusieurs jours à Mourron; là M le duc de Rohan attendoit le retour de M. de La Boulaye; mais icelui ne venant poinet ^ et moi voyant approcher le terme que nous avons pris pour le Parc , je suppliai et obtint ai^eement que nous nous missions en chemin, ce que nous avons faict; et nous voici à Sully, où M« le duc de Sully nous a amenés; et pour ce que par ma dernière je me suis

obligé de vous despeclicr cncorcs quelqu'un g pour vous donner plus particulier advis , j'ai emprunté ce lacquais pour vous faire sçavoir que nous ne pouvons partir dici qu'après demain, ni arriver au Parc que le j 7«, auquel jour, sans aulcune remise ,«t moyennant lia grâce de Dieu, nous espérons vous y rendre, et moi avoir Thonneur de vous y voir le plus tost que vostre commodité le pourra permettre. Mondict sieur de Rohan s'en rejouit grandement, de sorte qu'il ne tni dû fort que je ne vous voie ensemble. Madame de Rohan y est, laquelle nous allons aussi présentement advertir de ce délai , etc.

A Sully, ce 9 aoust 161 3.

A M. MarbauU,

M. Marbaut, c'est en attendant rordinaire. Je n'ai rien de Mouron , depuis mes précédentes; seulement

336 LETTRE DE'M. DUPtESS»

madame de Rohan, qui est au Parc, se plaiact que

quelques ungs traversent cest af&îre, et je crois que

vous vous en scrés bien apperceu. Je vous envoyé des lettres pour madame de La Tremouille, qui portent créance sur vous. C'est que le marquis de Narmouslier, par rentremise de Gorronniere son allié, se va lier d'entrée de jeu avec le duc de Rovanez , les Rochers, Bariteaux., et leurs consorts, c'est à dire contre les gens de bien , qui est un g coup qu'il fault tascher de rompre, parce que c'est le moyen de bander le Poictou, et le jetter en trouble au préjudice du roy ; en tant que ceulx: de la relligioa seront coutraincls de se faire ung chef contre lui, et vous sçieivës oii cela ira. Il importeroit donc que madicle dame lui feist renionstrer, par telle personne et voie qu'elle jugeroit la meilleure, de quelle importance il lui est de ne se partiaiiser poinct ; au contr aire , de s'attacher et obliger les gens de bien de toutes parts, comme il lui sera très aisé si die veult. J'ai veu que ces propos eussent esté Lieu rcceus d'elle mesme pour le rapport de feu M. de La Tremouille, chef de la maison. Mais j'entends qu'il . l'a assignée en supplément de partage, l'avois bien pensé aussj à monseigneur le prince et M. de Bouillon; mais je ne sçais si nous aimons trop voir les choses en repos. Aussi à son beau pere; mais je le considère

oncle de Gorronniere. Vous estes sur les lieux pour, avec l'advis de M. de Eouvray, convenir du chemin qu'il y fiiuldra tenir, et au plus tost, parce qu'à Tenfourner se font les fauites. Les députés des originaires de La Rochelle, retournant de la court, me sont veneus voir ici pour consulter avec moi les moyens de sortir de ceste misérable division. Si les aultres ont faict mesme profict de ce qu'ils ont recogneu en

'a if. HARBAULT. 337 court, il y a de quoi espérer; mais je doubte qu'ils en yeoillent tirer advaiitage, tant y a qu'à leur instance j'ai escrit de bonnes lettres tant à MM. du corps de ville que du consistoire , et à quelques particuliers mes amis, que Dieu veuille bénir par sa grâce.

Depuis, jai receu les vostres du 3% et en mesme temps lettres de La Rochelle du 5*. On y est entré en quelque pourparler; mais cest arrest surveneu de la court a relevé le cœur des bourgeois. M. Merlin, en qui ik ont créance, me promet d*y fiiire tous ses efforts. Madame de Rohan est au Parc , qui n^a rien de Mouron. On veult faire croire à M. de Rohan que Rocbebaucourt a ung desseing sur Sainct Jean, mesme sur sa personne, afin de Vy faire revenir tout droict. Cependant rien de M. Durand. Vous verres celles que j'escris à M. de Bouillon, M. de Seaux et M. le président Jeannin ; celles ci nommeement responsives à une sienne fort aspre. J*eusse fort désiré là dessus avoir veu la teneur de rexcommunication. J'attends

la procuration de M. Lagier pour pourvoir au reste. Pour peu de chose je ne vouidrois pas laisser M. Pa« geot en telle nécessité; mais je trouve la façon de ce Marcel estrange : quoiqu'il die , je n'ai receu aulcune lettre de lui, et le premier advis a esté ung huissier ^ en ung affiiire toutesfois oil, n'en déplaise à son advocat , il est mal fondé. Si neantmoins avec quelque centaine d'escus vous pouvés retirer ma promesse, à cela ne tienne, vous me ferés beaucoup de plaisir. Au reste, hier au soir, bien tard, M. Houel m'advertit d'une nouvelle chicannerie, dont je vous envoyé ung mémoire : c'est qu'on nous a &ict rendre ung quartier des aides receu pendant quattre ou cinq années, suivant la clause du contract et conformeement aulx es- MÂn. i>B Duri.«iis*MoftiiAT. Toxk xii, 22

338 LETTRE DE M. ÛUPLLSSl6,etc.

tats. Je TOUS prye de voir quelle pièce il y fauldra

coudre ; car cela ayant jà passé en la quattriesme digestion , quelle apparence de le reporter? etc.

De Saulmur « ce 9 août i6iS»

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