CLVI. LETTRE
De MM* les pasteurs et anciens des Eglises reformées de Beam, assemblés à Pau, à M Du-
plessis, '
Mo^siEUK, VOS excelleus ei infatigables travauk, expandus dans la maison du Dieu vivant avec de si grands fruicls et consolations, tiennent ung chacung atteint et persuadé de vostre saincte disposition et allégresse à toutes les urgences d'icelie. Les Eglises de Bearn particulièrement que \ûus avés tousjours portées dans vostre seing, ont receu, comme par une influence perennelle , les restaurans salutaires de , uostre conservation \ à toutes occasions elles sont soigneuses vous en rendre leurs très humbles ressen*» timens, et ne peuvent que tourner leurs jeufac a Testoile de vostre sapience et auctorité. Nous y recourons à ceste heure, pressés et oppressés après une' longue sappe d'une batterie reformidablc contre toai les pilotis de nostre cousis tance^ Vous cognoissés trop mieulx Tintemperie de nostre élément, les vents es* quels nostre chiorme est subjecte , le quadran de nos pilotes et les bancs qui soiU devant nous. Nous avons chargé M. Duprat, nostre frère et député, vous ailaol rendre nos recognoissances, vous déduire les particularités de nos périls, appréhensions et remèdes , et vous supplier très humblement qu'il yous plaise trébucher
LETTRE, etc. 339
les nostres ^ et nous rei^forcer des vostres ; par vos
prudeiis et sages conseils, vigorer nostre negotiation de vos ressorts et addresses , et nous continuer Tappui de vostrff auctorité, etc.
De Pau y ce 9 aoust i6x3.
CLVIL—* LETTRE
De MM. les pasteurs et anciens de VEglise de La Rochelle à M. Dupkssis,
Monsieur, le soing gênerai de nos Eglises vous tient aâsiegë de jour en jour, nous le sçavons il y a
desjà long temps ; tous les domestiques de la foy vous rendent ce tesmoignaige mérité par vosfre sollicitude , par vos peines ; nous avons tousjours recogneu vostrê .affection envers ceste ville, et l'Eglise que Dieu y a mueillie. Elle est maintenant manifestée avec évidence par la vostre interprète Je vostre condoléance, de vostre appréhension , du désir que vous avés que DOS plaies soient consolidées par le baume pris du dedans de ceste compaignie. Certes, il n'y a proce- (lure puissante, propre pour oster la division, qui n'ait esté employée en public par exhortations, en' particulier par raisons prises de la l:cssc de nos ennemis et de leur espérance ; de la tristesse de nos amis, et de leur craincte pour nous , pour toutes les Eglises en conséquence. Plusieurs aullrcs argumens a ont poinct esté obmis, qui seroient d'effîcace es âmes moins passionnées, moins préoccupées; mais nul remède jusques ici n a esté efScacieux contre ceste maladie. On est resoleu, ce semble, plustost à ung anest, ce que nous appréhendons, qu'à ung accord^
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ce que nous désirerons , comme nous y avons tra* vaille, aussi y travaillons nous avec diligence; et vostre plume , monsieur, n'aura pas peu de puissance sur nous pour augmenter nostre sollicitude. Nous vous remercions très humblement du soing que vous avés de nostre consolation, de nostre tranquillité, et des advertissemens que vous donnés à nostre consistoire. C'est inciter ceuk qui courent; selon Tapparence, nulle espérance, parce que l'accord n'est pomct esperable, si on ne s'accorde du moyen d'accord; et jusques ici nul accord du moyen, quoique mille virevoutes pour cest effect Vos pryeres , mon*
sieur, avec les iioslres, pourroient beaucoup envers Dieu , afin qu il besoigne par dessus nos pensées , etc.
De Ia Rochelle, ce lo aontt 161 3.
GLVIII.~> LETTRE D£ M. DUPLËSSIS
A M. de Loumeau*
Moir stEUH , j'ai receu lés vostres du 6. Depuis celles
du ^'^^ ^^^^ Mouron. Je ne doubte poioct
ni des bonnes intentions de madame de Rohan vers le public , ni des bonnes affections de mesdemoiselles ses filles envers moi ; aussi sçavent elles eu quelle, sincérité, j'ai tousjours recherché leur service et contentement. Madicte dame a maintenant copie de mes lettres à M. son fils et de sa response.
Le fiuct de M. fiouchereau ne peult demeurer derrière, car c'est le mien mesme. Vous aurës veu celles que j ai escrites à messieurs du corps de ville et du consistoire, faime. mieulx estre blasmé de m'ingerer trop advanl en cest affaire , que de ne le sentir pas
DE M. DE LOUMEAU. 34l
assés. Le tumulte de Nismes a fort aigri la court, et
là dessus s\st parlé et du transport du siège a Beaucaire, et de Texamea de rexcommunicatioa. J'ai escrit de l'ung et de Taultre mon adm fort librement, et en ai remoûstré les suites. U convient que justice soit faicte pour couper au devant de telles violences, mais la plus seure'est par l'ordinaire; et quant à Texcommuuicatic^i , il ne s'y peult touscher sans faire prejudice à nostre discipline, de laquelle l'eiercice libre nous est permis, ayec promesse par les derniers articles de ne nous y traverser; plus et de faict, c'est pour ravoir traversée que M* Ferrier s'est enferré en. ^ ces inconyeniens.
Ces cornes, en âiçon de licorne, trouvées en Grinland, se trouvent aulx testes d^nng poisson. Forbissel en apporta lors qu'il cherchoit le Nord, et dict en avoir arraché une d'ung poisson monstrueux échoué parmi les glaces au rivage. J'attends vos belles plantes en bonnes devotioas, etc.
Du lo aoust 161 3.